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Le lecteur de cet ouvrage sera bien inspiré de ne pas lire la quatrième de couverture avant achat. Il pourrait alors s’attendre à un ouvrage new age avec des révélations reçus par channeling sur la place de l’homme dans l’univers et son destin dans le regard de Dieu. Or, rien de tout cela ici ; Edouard Salim Michaël (1921-2006) était un maître spirituel sérieux et son ouvrage aurait dût, plutôt que de s’intituler Les fruits du chemin de l’éveil, s’appeler Problèmes sur le chemin de l’éveil.

En effet, on retrouve plutôt ici une longue réflexion cyclique sur le travail de l’étudiant en spiritualité. L’auteur se montre un maître sévère, mais juste et s’autorise de sa longue et ascétique pratique pour reprocher à celui qui s’engage sur la voie spirituelle son manque d’entrain, ses excuses à son absence de travail et son refus de se désengager de toutes les attractions humaines, trop humaines.

Ce que martèle Edouard Salim Michaël tient à ceci :

-premièrement, nous sommes médiocres et nous nous contentons de répéter des prières, de lire quelques versets, etc. et nous nous faisons accroire qu’il y a là pratique spirituelle ;

-or, a contrario, la voie de l’éveil exige une attention constante et un travail sérieux. Que la maladie soit présente, que la famille soit en danger, que le monde professionnel nous harasse, aucun excuse n’est acceptable dès lors qu’il s’agit de suivre ses exercices de méditations, de prolonger un état de transe ou de se livrer à un travail de détox spirituel ;

-par ailleurs, si le pratiquant ne prend pas conscience que la moindre des activités mondaines crée en lui des perturbations monstrueuses, alors il n’y arrivera jamais. Toute écoute d’une musique profane, tout visionnage d’un film pornographique, toute immersion dans le mondain le plus vil crée automatiquement un effet aspirant qui siphonne littéralement l’énergie de l’aspirant. Il s’avère donc indispensable de se protéger des influences néfastes ;

-et donc, très logiquement, de se remettre au travail, encore et encore, afin de ressentir les fruits du chemin de l’éveil.

Tout de même, si le propos de l’écrivain force le respect et si la répétition est bien évidemment à la base de la pédagogie, n’en reste pas moins qu’Edouard Salim Michaël se répète trop. Par ailleurs, précisons bien que cet ouvrage ne propose aucune méthodologie spirituelle, uniquement des avertissements ; il faut, pour en savoir plus sur la pratique, se reporter aux autres ouvrages de l’auteur.

 

Les fruits du chemin de l’éveil d’Edouard Salim Michaël (Guy Trédaniel éditeur, 231 pages, 16 euros)