Le blog de Menon

Epiphanie I

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L’Etre qui se donne à voir dans la splendeur du matin

Ressemble à l’esquisse d’un tableau oublié ;

Nuit et jour le peintre, sur lui, s’est penché

Mais de guerre lasse son désir de peindre s’est éteint.

 

Et sur la palette du couchant les phares bleus de l’horizon

Dessinent une robe aux tâches mordorées

Dont le parfum capiteux et enivrant qui se délivre dans les fleurs séchées

Nous apprend que nous vous plaisons.

 

Oh ! si seulement l’heure pouvait se jouer sur un clavecin

Et délivrer une romance tendre et nette de la lourdeur.

Comme j’aimerais que l’heure sonnée soit leste des malheurs

Qui gâtent le cœur lorsque nous voulons oublier le temps assassin.

 

Mais vois-tu : quand je suis là, avec, dans ma tête, un air d’opéra

Et si je songe à aller me coucher c’est non pas parce que la bière odorante

A gonflé mon cœur d’une langueur désirante ;

Mais parce que la douceur de ta peau m’invite à me lover entre tes bras.

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Des cadavres sur la plage

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Une marée de poissons s’étale sur le sable ;

Alors qu’ils frétillent et tentent de respirer,

Je vois la mer qui se retire, vague brisée ;

Ne pouvant fuir, ils meurent haïssables.

 

Leur langue de souffrance dressée, marine,

Laisse sur mes lèvres un goût amer et vide ;

Tandis qu’eux, corps abandonnés, se dévident

Je voudrais avaler leur chair, leur urine.

 

Leur mort ressemble par moment à la mienne :

Elle capte l’âme d’un monde tant désolé,

Et toute ma force, tout mon amour et ma haine,

Ne peuvent rien pour ces âmes déshéritées.

 

Oui, j’écoute tomber le Printemps sur le soir

Et il me tarde de pouvoir me dévider ;

De m’écarter de ma vie au point de déchoir

En oubliant que j’ai pu, un jour, exister.

Posté par Menon à 14:45 - - Commentaires [0] - Permalien [#]

Si seulement...

INTERIEUR COFFRE OUVERT

Si seulement je pouvais étirer ma douleur et en faire un coffre où ranger mon âme. Toi, oui, toi, tu en aurais la clé et la garde… Mais de tels désirs, risibles, ne peuvent aujourd’hui que me faire rougir.

Le dépôt de mon être n’appartient hélas qu’à moi et à mon dieu. Mais lui, hélas !, trouve mon trésor sans valeur aucune.

Là où se trouve mon cœur respire aujourd’hui un abime aux contours indistincts. Je prie pour qu’on vienne le combler mais je te fais grâce de mes espoirs. Je me sais condamné.

Posté par Menon à 17:28 - - Commentaires [1] - Permalien [#]

Tu portais...

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Tu portais ce pull trop large et, à ton épaule, pendait un vieux sac à mains ;

D’une main tremblante, à cause du manque, tu l’ouvris pour y chercher un mouchoir.

Tes larmes, se mêlant à ton rimmel, laissaient sur ta peau des coulées noires

Et, d’une voix tremblante, tu te rassurais en m’assurant que « ça irait mieux demain. »

 

Mais demain n’est jamais venu. Une fois rentrée chez toi, tu as dressé

Le long du mur, une corde, une potence, pour y pourrir

Tu t’es souvenue que tu n’avais décidément plus aucune raison de vivre

Après tout si un dieu était mort pour nos pêchés, toi il t’avait oubliée.

 

C’est sous la pluie que nous laissons ton cercueil entrer en terre ;

Cette demeure plus froide et plus glaciale que la plus noire des pierres ;

Tu t’es suicidée et nul plus que moi ne sait

 

Qu’il n’existe aucun Paradis ou Enfer où tu seras accueillie ;

Qu’aucune main aimante ne se tendre plus vers toi, aucun ami

Ne te dira « Je t’aime et ce que tu as fait, moi, en son Nom, je le défais ! »

Posté par Menon à 11:47 - - Commentaires [1] - Permalien [#]

Elle se donne à voir

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Bon, voilà : il m’arrive d’écrire de la poésie mais c’est très difficile, lorsque l’on écrit, de savoir si un texte a de la valeur ou pas. Alors, je me permets d’en poster un. Surtout, soyez francs : si vous détestez, n’hésitez pas à le faire savoir. Ca ne me dérange pas. Je veux juste avoir un peu de retour. Si vos avis sont positifs, eh bien, euh, soyez modérés, je ne suis pas à l’aise avec les compliments ^^ :

 

Elle se donne à voir dans la clarté lumineuse de la clairière, dévoilant la splendeur de son Etre, dégageant une lumière chaude aux tons azurés comme un récit chanté par le Poète face à la mer majestueuse.

Ce qui nous est rapporté ne se raconte pas, mais se songe, comme lorsque, à travers un épais brouillard, se distingue quelque silhouette à la majesté silencieuse. Ainsi, il y a ce Silence, et le devenir de sa Beauté. Ce devenir perpétuel qui se chante sur un ton plaintif. Et cette Parole aux accents sincères, délicate, aux sentiments purs : ô comme elle est belle, cette Vérité !

Mais quel navire peut craindre d’approcher sa côte sinueuse ? Qui peut prétendre poser le pied sur une telle lande ? Il faudrait tendre la main avec la crainte qu’éprouve le croyant lorsque, en son temple, il approche la Vestale.

Seul le silence, lorsqu’il s’empare de notre âme et, après l’avoir tamisé, en recueille la part la plus secrète, est à même de pouvoir « dire » ce qu’elle représente pour nous.

Mais il faut taire les secrets de Venus. Celui qui approche cette déesse doit voiler son regard de crainte d’apprendre ce qui ne doit pas être enseigné.

Dans la clairière de l’Etre, le Berger paie son Troupeau avec le regard lointain et sage de celui qui connait la Vérité.

 

Posté par Menon à 16:52 - - Commentaires [1] - Permalien [#]


Femmes, je vous (hais)me

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À en croire les femmes, peu avares de commentaires assassins sur leurs ex-compagnons, les hommes seraient bien souvent lâches ou vils, et surtout cons, entre autres joyeusetés. Mais rares sont les hommes qui osent en dire autant des femmes. Bizarrement, la délicatesse ne semble pas étouffer ces demoiselles, toujours prompts à pleurnicher sur leurs malheurs là où les hommes gardent en règle général un silence blessé.

Et pour cause. Car quel homme ne sait que les femmes sont généralement calculatrices, manipulatrices, cruelles et méchantes ? Si un homme peut se montrer d'une bêtise affligeante, tenir des propos grossiers, voire injurieux, rares sont ceux qui cherchent à délibérément faire du mal (à l'exception des violents). Plus bêtes que méchants, ils sont finalement souvent d'une grande maladresse et regrettent – mais trop tard.

Les femmes, elles, cherchent délibérément à faire mal et humilier l'homme ; le blesser dans sa virilité leur permet d'accomplir un phantasme de puissance. Elles se révèlent d’une mauvaise foi étonnante, d’une extraordinaire lâcheté intellectuelle et d’une incomparable méchanceté lorsqu’on les met face à leurs contradictions, bévues et autres faux-pas. L’homme, lui, a bien souvent du mal à se remettre en question, mais tout de même. Quand on lui démontre par a + b qu’il a tort, quand bien même il affiche un insolent contentement de soi, il ne pourra pas faire l’économie, dans le silence de son étude, à une certaine angoisse. « Suis-je un connard ? » : la question terrifie l’homme ; « Suis-je une connasse ? » : la question n’a même pas le temps d’atteindre le cerveau de la femme.

Parées de toutes les vertus, les femmes ? Rions...

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Bifrost N°73 spécial Lovecraft

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Comme toujours, la revue Bifrost propose un excellent numéro. Les trois nouvelles du recueil sont toutes intéressantes à défaut d’être forcément réussies ; les chroniques livres sont passionnantes tout comme le reste des rubriques. Quant au dossier Lovecraft, on peut lui reprocher de ne pas proposer une vision globale de l’œuvre de l’auteur. Mais les amateurs, eux, se régaleront d’anecdotes et d’analyses des plus intéressantes à lire, notamment en ce qui concerne ses ancêtres littéraires. On retrouvera le sommaire complet et la lecture en ligne de nombre d’articles tirés de ce numéro 73 en cliquant sur le lien suivant.

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Le prophétisme hébreu de Claude Tresmontant

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Assurément, cet ouvrage de Claude Tresmontant rendra un précieux service au lecteur de la Bible qui souhaiterait posséder une synthèse claire et précise sur les prophètes d’Israël. Proposant quelques chapitres thématique et quelques autres consacrés à des grandes figures du prophétisme, Tresmontant explicite le prophétisme, depuis le moment où le prophète se sent appelé à sa mission jusqu’à ses derniers oracles, en passant par la violence que déchaîne ses prédictions. Aucun doute, on comprend alors parfaitement de quoi il relève. Il y a hélas un mais… Tresmontant n’est pas le plus agréable à lire des philosophes tant il se révèle parfois lourd et répétitif. C’est particulièrement flagrant ici et on ne peut que regretter qu’un ouvrage de cette qualité sur le fond n’ait pas bénéficié sur la forme d’un traitement plus souple et dynamique.

Posté par Menon à 20:58 - - Commentaires [0] - Permalien [#]

Petit lexique des idées fausses sur la religion d’Odon Vallet

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Voici un petit ouvrage à la fois ludique et culturel qui permet de « réviser » ses idées préconçues sur le domaine de la religion. Qu’il s’agisse du voile, des vaches sacrées, du Dalaï Lama ou encore du Péché originel, Odon Vallet nous entretient, avec pédagogie et lisibilité, de thématiques parfois embrouillées dans notre esprits auxquelles il redonne une perspective historico-théologique. Ca se picore plus que ça ne se lit et on en fera un bon usage auprès d’étudiants ou d’élèves de lycée.

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Le plaisir de lire Freud de Juan David Nasio

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On retrouve dans ce petit ouvrage écrit très gros (en réalité le premier chapitre d’Introduction aux œuvres de Freud, Ferenczi, Groddeck, Klein, Winnicott, Dolto, Lacan dans une édition remaniée) une solide et intelligente introduction à l’œuvre de Sigmund Freud. Plutôt que de préférer présenter les deux topiques du célèbre psychanalyste (Inconscient, Préconscient et Conscient ; Moi, Ca et Surmoi), Nasio s’intéresse plutôt à la théorie sexuelle qui fonde le principe de plaisir/déplaisir ; qui cherche à s’exprimer et que le Moi refoule. Agrémenté de schémas explicatifs forts clairs, ce Plaisir de lire Freud permettra sans nul doute au plus grand nombre d’aborder sereinement un auteur qui reste malgré tout accessible mais dont la diversité des textes implique que l’on maîtrise un minimum les bases de sa théorie.

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