Le blog de Menon

Je suis une légende de Richard Matheson

81-VYk5pX0L

Années 1970 : le monde a basculé dans le chaos depuis qu’une pandémie a transformé la population en vampires. Seul rescapé de l’épidémie, Robert Neville survit, protégé par l’ail et les croix ; la nuit, il supporte difficilement les hurlements des vampires rassemblés autour de sa maison ; le jour, il taille des pieux pour les éliminer. Mais, un jour, Neville décide de passer à la vitesse supérieure et de comprendre pourquoi et comment les vampires fonctionnent.

Classique du roman fantastique et de science-fiction, Je suis une légende date de 1954. L’intelligence de sa construction en fait un livre novateur et brillant ; aujourd’hui encore, il reste d’une surprenante modernité.

Surfant sur le thème des zombies (pas encore populaire à l’époque) et réfléchissant de manière intelligente à la figure du vampire avec la volonté de chercher une explication scientifique à leurs limitations et/ou psychologiques (Est-ce qu’un vampire musulman tremblerait devant un crucifix ? s’interroge notamment le héros), Je suis une légende vaut notamment pour sa construction brillante qui voit la situation dans laquelle végétait Robert Neville évoluer de manière des plus intéressantes avant que le livre ne se termine sur une chute d’une rare cruauté et que le lecteur ne pourra jamais oublier une fois le livre refermé.

 

Je suis une légende de Richard Matheson (Gallimard, 240 pages, 7,50 euros)

Posté par Menon à 10:51 - - Commentaires [0] - Permalien [#]


René Guénon et l’Evangile d’Erik Sablé

71w9jkBodeL

Erik Sablé, spécialiste es ésotérisme, a lu René Guénon auquel il a d’ailleurs consacré une anthologie parue au Seuil. A partir de la lecture de l’œuvre du maître, il a tiré la substantifique moelle de ses enseignements – la vision de R. Guénon est remarquable et apporter une aide précieuse à ceux voulant lire avec un regard « métaphysique » les Evangiles. Néanmoins, ce petit ouvrage (80 pages écrites gros : mais quelles pages !) nécessitera, pour être comprises, d’avoir déjà une certaine expérience de l’Eveil spirituel ou de l’Hindouisme et du Bouddhisme sans quoi la conclusion du livre, massive et puissante, ne sera pas correctement évaluée.

 

René Guénon et l’Evangile d’Erik Sablé (le Mercure Dauphinois, 86 pages, 11 euros)

 

 

Posté par Menon à 10:48 - - Commentaires [0] - Permalien [#]

Dracula de Bram Stoker

31S4RmXcN0L

Envoyé en Roumanie, dans les Carpates, pour procéder à la signature d’un contrat de vente, Jonathan Harker, clerc de notaire, devient le prisonnier du comte Dracula, un vampire cruel qui prépare son installation à Londres afin de corrompre la capitale anglaise et de se nourrir des habitants de l’île.

L’avantage, avec les Classiques, c’est qu’ils sont désormais disponibles gratuitement sur liseuse. Quel plaisir de relire Dracula ! Ce roman victorien a très bien vieilli comme d’autres classiques du fantastique, tels Docteur Jekyll et Mister Hyde.

Roman constitué de lettres, journaux et autres enregistrements audio, Dracula fonctionne à merveille : les pages se tournent toutes seules et le lecteur se trouve rapidement fasciné par les déboires de J. Harker, les manigances du Comte et la course-poursuite qui s’engage ensuite entre un groupe de valeureux héros menés par le docteur Van Helsing et le plus célèbre vampire de la littérature. Indispensable !

 

Dracula de Bram Stoker (Bibebook, 480 pages, édition numérique gratuite)

Posté par Menon à 10:47 - - Commentaires [0] - Permalien [#]

Wilderness de Jim Morrison

31xLQDNHL5L

Ce n’est pas sans enthousiasme que j’ai rouvert ce recueil de poèmes fracassés de Jim Morrison, chanteur de The Doors, dont j’appréciais tant les vers déstructurés à une époque. Las ! ce petit livre bilingue m’est tombé des mains. Toute la différence entre Morrison et Rimbaud, dont il est un des « disciples », c’est que ce dernier a été formé au classicisme et a travaillé avec ardeur ses vers avant de se libérer de toute forme académique pour rechercher un « dérèglement de tous les sens ». Morrison, lui, n’a que son ardeur et sa colère de petit bourgeois américain alcoolique et toxicomane ; il n’a jamais travaillé quoi que ce soit, persuadé que quelques phrases venues à son esprit et vite couchées sur un cahier d’écolier constituent une « œuvre ». Une œuvre, ce n’est pas ça. Autant la « poésie » de Morrison a toute sa place accompagnée par de la musique (et, à ce titre, le disque An American Prayer vaut le détour, constitué de poèmes lus et accompagnés d’une musique signée par les Doors), autant, par écrit, la déception se fait cruellement sentir.

 

Wilderness de Jim Morrison (Christian Bourgois, 291 pages, 10 euros)

Posté par Menon à 18:35 - - Commentaires [0] - Permalien [#]

Cursed de Thomas Weeler et Frank Miller

91xwpP8swKL

Le mythe arthurien réinterprété sous le prisme féministe. Dans Cursed, Nimue est une jeune dont les origines remontent aux Faë, des créatures magiques qui disparaissent progressivement sous les coups de butoir de l’Inquisition. Lorsque son village est massacré, Nimue reçoit, des mains de sa mère mourante, une épée runique qu’elle doit remettre à l’enchanteur Merlin. Mais rien ne se produira comme prévu, malgré l’aide d’un mercenaire sensible à son charme, un certain Arthur…

Dommage que la quatrième de couverture spoile quelque-peu le récit (je vous déconseille d’ailleurs de la lire) car cette récriture du mythe arthurien vaut le détour ! Bien qu’il s’agisse d’un roman jeunesse de chez Gallimard censé être lu à partir de 13 ans, la noirceur du récit m’inviterait plutôt à le conseiller à des 16 ans ou plus.

Bref, à l’instar des Dames du Lac de Marion Zimmer Bradley, Cursed se veut féministe puisque Nimue, l’héroïne du livre, devient le personnage autour duquel se tournent les regards, attendu qu’elle porte l’épée que tous convoitent.

On notera que ce roman n’est pas complet. Il ne s’agit que d’un premier tome, ce qui n’est pas spécifié sur la couverture – grosse frustration, arrivé en fin de volume ! Par ailleurs, n’oublions pas qu’il s’agit pratiquement d’un projet pensé pour Netflix. Peut-être que l’arrivée prochaine de la série verra la parution de la suite. Enfin, dernière information, et non des moindres, la présence du grand Frank Miller (Batman, Daredevil, Sin City…) aux illustrations. C’est brut et certainement pas son meilleur travail, mais certaines planches sont superbes. Bref, vous l’aurez compris, ce titre est vivement conseillé.

 

Cursed de Thomas Weeler et Frank Miller (Gallimard jeunesse, 512 pages, 21 euros)

Posté par Menon à 18:33 - - Commentaires [0] - Permalien [#]


Le livre d’or de la science-fiction : Arthur C. Clarke

Clarke-Arthur-C-Le-Livre-D-or-De-La-Science-Fiction-Livre-108756730_L

Désormais introuvable, la collection du Livre d’or de la science-fiction proposait, entre 1978 et 1987, des anthologies consacrées aux grands auteurs du genre comme Roger Zelazny ou Norman Spinrad. Ce volume, que j’ai trouvé par hasard, permet de découvrir, après une solide introduction recensant le parcours et la pensée de l’auteur vedette, une collection de nouvelles représentatives de son univers et de ses préoccupations.

Force est de reconnaître que celui-ci m’est tombé des mains. Arthur C. Clarke est certainement un grand auteur du genre, mais, aujourd’hui, ni son style ni son traitement des thématiques clés de la science-fiction ne permettent de le considérer comme il l’a été à son époque. Tout cela a cruellement vieilli !

 

Le livre d’or de la science-fiction : Arthur C. Clarke (Pocket, 309 pages, épuisé)

Posté par Menon à 18:32 - - Commentaires [0] - Permalien [#]

L’Oracle des Bardes de Marie-Noëlle Anderson, illustrations de Célia Melesville

7192YcMF0aL

A la différence de certains coffrets cartes d’oracle dont le livre intérieur est assez mince (parfois un livret), cette édition bénéficie d’un solide ouvrage de 272 pages. Certes, La majeure partie est consacrée à la description des cartes oracles, mais n’allons pas trop vite. Pour commencer, Marie-Noëlle Anderson (chamane et conteuse, elle a complété sa formation en guérison holistique énergétique par des études en physique unifiée et en médecine créative intégrative) explique le principe des cartes oracles. Loin de se confiner à la tradition celte, elle tisse de nombreux liens entre les différentes écoles spiritualistes afin de montrer que le principe des oracles, notamment divisés selon le chiffre 36, fait tout particulièrement sens. 

Ensuite, elle propose quelques méthodes de tirages des plus intéressantes (ex : tirer trois cartes, la première représentant le passé, la seconde le présent et le troisième le futur ; ou encore, la première, l’inconscient, la seconde le conscient et la troisième le supraconscient…). S’en suit, comme nous l’avons déjà évoqué, la description détaillée des 36 cartes oracles, chacune avec son illustration et une longue et complète analyse. On notera que, sur chacune des cartes, se trouve dessiné un arbre dont le sens ésotérique est par ailleurs explicité.

Enfin, il y a les cartes. Célia Melesville (artiste, auteure, thérapeute et cartomancienne) a réalisé un beau travail ; inspiré et parfois féérique, et parfois plus sombre aussi, certaines cartes dégageant, selon-moi, une certaine forme de noirceur.

Au final, et pour être totalement franc, je n’ai pas eu l’occasion de tester ce jeu sur un tiers, me réservant un seul et unique tirage en guise de test. Il s’agissait de voir de quelle situation karmique non résolue je souffrais ; de connaître le moyen de m’en débarrasser ; et, enfin, de savoir ce qui m’attendait une fois ce blocage dépassé. Le résultat m’a paru très précis et en parfais accord avec ce que je vis actuellement !

Au final, je trouve L’Oracle des Bardes de belle facture : présenté sous forme de coffret avec un livre conséquent ; les cartes sont grandes, glacées, aux bords dorés (dommage que les paillettes se retrouvent sur les doigts) et présentées dans une pochette. Du bel ouvrage.
Le jeu me semble avoir été sérieusement pensé, mais devra être testé au long cours afin de vérifier sa pertinence.

 

L’Oracle des Bardes de Marie-Noëlle Anderson, illustrations de Célia Melesville (Editions Conttre-Dires, 272 pages + 36 cartes, 28 euros)

Posté par Menon à 08:04 - - Commentaires [0] - Permalien [#]

Le diable amoureux de Jacques Cazotte

51PxJPjpPoL

En Espagne, Alvare, un jeune militaire, apprend d’un de ses camarades que des esprits peuvent être convoqués par l’utilisation de la magie cabalistique. Ce dernier se propose d’initier le jeune homme qui se passe finalement de son aide et arrive, pour sa première invocation, à faire apparaître une monstrueuse tête de chameau ! Mais cette dernière prend rapidement l’apparence d’une belle jeune femme, Biondetta, qui se fait alors esclave d’Alvare. Tombant amoureux de sa nouvelle compagne, Alvare ne croit pas qu’elle ait quelque-chose à voir avec le monstre précédemment apparu. Hélas…

Précurseur du roman fantastique, Le diable amoureux est un bref ouvrage qui ravit le lecteur même si sa date de publication, 1772, pouvait laisser croire que le texte serait « dépassé ». Il n’en est rien du point de vue du style, superbe ; mais plus, toutefois, quant à l’intrigue qui manque grandement de crédibilité (Alvare réussit à invoquer Belzébuth sans aide et du premier coup ! Il ne comprend pas le lien pourtant évident entre Biondetta et le démon alors que cela crève les yeux). Malgré cette critique, faites-vous plaisir et plongez-vous dans un Classique qui mérite de figurer dans toute bonne bibliothèque.

 

Le diable amoureux de Jacques Cazotte (Librio, 96 pages, 2 euros)

Posté par Menon à 15:23 - - Commentaires [0] - Permalien [#]

Les mille enseignements de Shankara

61eRKGmq8QL

Puisqu’on estime que la quasi majorité des textes attribués à Shankara (700/788 – 732/820) ne sont pas de sa main, les belles éditions Arfuyen ont eu la bonne idée de proposer, via Les mille enseignements, de très importantes pages dont on est, cette fois-ci, sûr de l’authenticité.

Ici est proposé une sorte de manuel de cours dans laquelle Shankara déploie sa dialectique maïeutique propice à faire prendre conscience à l’aspirant étudiant que seule la doctrine du Soi est conforme aux Ecritures ; en constitue la nécessaire et cohérente conclusion.

Si ce livre s’avère donc très important pour tout chercheur en hindouisme, tant Shankara fut le maître absolu de la doctrine de la non-dualité, si la biographie de Shankara rédigée par T. M. P. Mahadevan vaut presque à elle seule l’achat de l’ouvrage, tout comme la lumineuse introduction de A. J. Alston, force est de constater deux problèmes, de nature fort différentes :
-premièrement, il nous est fait savoir que ces textes sont traduits de l’édition critique anglaise. Or, imaginerait-t-on lire une étude sur saint Jérôme traduite d’après l’édition critique néerlandaise plutôt que latine ? Non. Pourquoi réserver un tel traitement à Shankara ? Le traducteur maîtrise-t-il le sanscrit ? S’est-il autorisé de la lecture du texte original pour sa traduction ? Mystère…

-deuxièmement, et sans doute parce que ces textes ne sont pas, eux non plus de première main, et, pourquoi pas, pourraient bien être issus de notes de cours à l’instar de ce que l’on possède pour Aristote, il faut bien confesser, de mon humble point de vue, que la dialectique de Shankara n’a pas la puissance de celle d’un Nâgârjuna.  Que l’on compare la maïeutique du pur idéalisme indien à la doctrine de la vacuité exposée dans le Traité du milieu, et force sera de constater que Nâgârjuna, sans doute, là encore, parce que son texte est réellement de sa main, construit et pensé de fond en comble, se révèle bien plus convaincant que Shankara.

Je le confesse, arrivée à la partie en vers, j’ai abandonné la lecture de cet ouvrage…

 

Les mille enseignements de Shankara (Arfuyen, 265 pages, 19 euros)



Posté par Menon à 15:23 - - Commentaires [0] - Permalien [#]

La Bhagavad Gîtâ traduit du sanscrit et présenté par Alain Porte

61pTh1S10aL

On ne saurait que louer la très belle traduction d’Alain Porte de la Bhagavad Gîtâ, magnifique poème extrait du Mahabharata, et sommet du religieux indien.

Arjuna, obligé de rentrer en guerre contre sa famille, tremble à l’idée des morts qu’il va causer. Confessant sa panique à son cocher Krishna, ce dernier se révèle comme étant un avatar du dieu Vishnu et lui chante alors (Bhagavad Gîtâ signifiant Chant du bienheureux) la vérité, l’essence du non-dualisme indien afin qu’il comprenne, notamment que tout un chacun doit accomplir ce à quoi sa caste le destine, mais sans se soucier du fruit de ses actes, et en dédiant toutes ses actions à Vishnu.

Donc, pour cette très belle édition parue chez Arléa, Alain Porte (indianiste réputé) a choisi une traduction en vers et propose (hélas sans mention de note permettant de le savoir !) en fin de tome des accompagnements de lecture pour chaque chapitre.

Tout simplement magnifique et indispensable pour tout chercheur en spiritualité. Chrétiens et musulmans y trouveront aussi d’étonnants parallèles d’avec leurs propres religions.

 

La Bhagavad Gîtâ traduit du sanscrit et présenté par Alain Porte (Arléa, 176 pages, 6 euros)

Posté par Menon à 08:02 - - Commentaires [0] - Permalien [#]