Le blog de Menon

La Parole est ce qu'elle est : apocalyptique, elle dévoile.

06 novembre 2009

Eloge des intellectuels de Bernard-Henri Levy

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Eloge des intellectuels, 1987 : Bernard-Henri Lévy s'interroge sur la possible disparition de ces Clercs de la pensée et se demande pourquoi une telle chose, comment y remédier et si l'intellectuel a nécessairement un rôle à jouer.

Que dit-il ? En substance que le politiquement correct a tué la libre pensée, que trop préoccupé à donner raison à l'opinion, l'intellectuel a fini par se faire doubler par les acteurs et comiques qui sont dans le compassé et l'émotionnel, là où l'intellectuel doit penser.

Il souligne que l'intellectualisme peut aussi être un anti-humanisme, qu'il s'agisse de Kafka, Baudelaire ou Proust mais que, malgré tout, il convient de respecter leur travail car ces écrivains sont des penseurs du mal, des pronostiqueurs de la fange humaine et que donc, même l'intellectuel qui déteste l'Homme, en le pensant, permet de mettre à distance le vide risquant de le submerger.

Enfin, il dresse le portrait de ce que devra être l'intellectuel de demain : indifférent aux critiques, sensible à ses propres causes et pas forcément à celle des autres, inquiet de ses actes, conscient de ses limites et aux aguets. De quoi ? Du racisme, de l'antisémitisme et de la mort des enfants.

Voilà le bilan et le programme de la pensée intellectuelle de Lévy en 1987. Plus de 20 ans ont passé, la situation est la même – les intellectuels sont désormais mort et ceux qui restent ont pris le parti du racisme ou des néo-conservateurs ; pis : Lévy n'a pas respecté son propre contrat, lui qui y affirmait que l'intellectuel devait s'opposer au libéralisme économique, il s'y vautre désormais ; lui qui conspuait le politiquement correct, ne respire que par lui ; lui qui ne voyait que trois éléments clés : racisme, antisémitisme et mort des enfants n'a pas compris qu'un intellectuel c'est aussi celui qui parle pour ceux crevant de faim en bas de sa rue : d'où le succès et l'amour des Français pour Coluche. D'où le mépris qu'il suscite désormais.

En 1987, BHL pensait. En 2010, BHL devrait repenser.

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La particule de Dieu

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"Si l'expérience échoue, ce sera une fuite en avant dans la technologie, où la science risque de perdre son âme; si elle réussit, alors nous serons, à coup sûr, au commencement d'une nouvelle ère pour l'humanité." De quoi s'agit-il ? De "l'expérience vise à recréer les conditions physiques des premiers milliardièmes de seconde après la naissance de l'Univers et de révéler ses secrets : de quoi est faite la matière noire? Où est passée l'antimatière présente dans l'Univers primordial? Comment concilier le modèle standard de la physique des particules avec la gravitation et l'accorder avec la physique quantique ?"

On lira l'article ici.

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05 novembre 2009

Robe de bassesse

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Assoiffé de vous

je meurs d'amour

de trop désirer

la caresse de vos baisers.

 

Dépeuplé – je suis tel une montagne

privé de sa rivière qui

la traversant par son revers

lui offrait la boisson du soupir

et la fraicheur du devenir.

 

Mon âme, tu as prié dans un désert

vide de victuailles et de vin frais

tu as hurlé la nuit dans les combles

regrettant le temps de ta folie.

 

Puis tu es venue, enchanteresse

ta robe couverte de mille bassesses

qui rendait ton sourire éclatant

et ta bouche avide comme un Satan.

 

Merveille.

Mon âme dépecée ; je suis lavé ;

tu m'as tout pris et ainsi me voilà riche

d'une histoire qui n'appartient qu'à moi.

 

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Pedophilie et hédonisme

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Il y a deux hédonismes : un, dégueulasse, qui s'ingénie à comparer le pédophile Polanski et son viol à la création des Fleurs du mal de Charles Baudelaire (il fallait oser tomber dans une comparaison aussi déplacée !) et c'est celui de Philippe Sollers.

Et il y a celui de Michel Onfray qui, malgré tout le mal que je peux par ailleurs penser de lui, a le mérite de dire la vérité sans faire de ronds de jambe.

Contre Philippe Sollers, donc, le respect du corps des enfants. Du reste, les choses sont claires en ce qui concerne Sollers, puisqu'à en croire Onfray, "Matzneff réédite aujourd’hui sans problèmes Les moins de seize ans, un éloge massif de la pédophilie, y compris sous sa forme marchande, publié en 1974 dans une collection de Laffont dirigée alors par Jacques Chancel, puis qu’il publie le détail de ses frasques chez Gallimard dans une collection pilotée par Sollers." Pour se moquer - il le mérite - de l'affreux Sollers, revoyons cette belle mise à mort télévisuelle, où le vieux dandy jouisseur se fit enseigner Heidegger par un Onfray sec comme un coup de trique.

Enfin, on a aussi le droit à celui, tout aussi dégueulasse, de BHL pour qui certains intellectuels "au nom de la défense de l'enfance outragée [se livrent] aux amalgames les plus odieux (que ne les entend-on, ceux-là, dénoncer avec autant d'ardeur l'outrage, pour le coup, sans limite qu'est le martyre des enfants soldats en Afrique, ou des ­enfants esclaves en Asie, ou des centaines de millions d'enfants morts de faim, selon les estimations de la FAO, depuis... trente-deux ans ?)." - Qu'on m'explique le rapport entre le crime de Polanski et les souffrances des enfants victimes de la guerre...

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04 novembre 2009

Le Secret du treizième apôtre de Michel Benoît

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Autrefois moine, Michel Benoît a été « congédié par l'Eglise », un beau jour, ses recherches sur Jésus ne plaisant pas au Vatican.

Pour se venger, le brave homme a décide de faire comme Dan Brown en signant un roman à clé sur Jésus, Le secret du treizième apôtre. Un livre mal écrit, mal ficelé, qui vaut autant qu'un Voici ou un Gala : un roman de gare, un vrai. Certes, qui a remporté un succès massif, ce qui n'a rien d'étonnant et n'est en rien lié à une quelconque qualité de l'ouvrage.

Comme Michel Benoît a un peu de culture religieuse, il fait mine de découvrir que dans le 4e Evangile, le rédacteur ne peut pas être Jean fils de Zébédée comme le dit l'Eglise. Donc, le « disciple bien aimé » est forcément un treizième apôtre. Rions. Rions car Claude Tresmontant se posait déjà la question il y a vingt ans de cela et résolvait brillamment le problème. On lira notamment Enquête sur l'Apocalypse pour s'en convaincre. Il n'y a pas de 13e apôtre, il y a un rédacteur principal du 4e Evangile et des interpolations maladroites opposant Jésus aux scribes. Circulez, y'a rien à découvrir de plus !

Comme Michel Benoît nous prend pour des cons, il assure aussi que ce 13e apôtre n'a jamais cru à la divinité de Jésus. Oui, il nous prend pour des cons car rien de ce que cet apôtre n'a écrit ne contredit la divinité du Christ. Mais Benoît l'affirme, sans le justifier, bien sûr.

Pour Michel Benoît, le Vatican - il le sait et même mieux, il est « en dessous de la vérité »  - est truffé de pourritures. Ainsi le Cardinal Ratzinger : là, c'est compliqué : il n'a pas demandé à être nazi, il n'aime pas les nazis, mais en même temps si, parce que son père était un nazi qui violait des Polonaises. Savoureux... sinon, on a un prélat qui se tape une Roumaine déguisée en nonne... Ah oui, on découvre que les Juifs sont gentils mais pas les Musulmans qui ne sont que des terroristes, la faute au Coran qui est quand même un livre très méchant.

Heureusement que Michel Benoît nous apporte la lumière ! Heureusement qu'il a compris tout seul le mensonge de l'Eglise ! Car Jésus, nous dit-il, était bien plus que le Messie ou le Fils de Dieu. Bon, on ne saura jamais ce que « bien plus » veut dire mais il l'était !

Merci à toi Michel Benoît. Rentre ! Rentre au Panthéon de ceux qui ont vu la Vérité ! Entre au Brownthéon, là où tes écrits révèleront les secrets de l'Eglise que toi, tu as enfin démasqué ! Accessoirement, on peut aussi éviter d'acheter ses livres et de se bouquiner des romans intelligents. Il y en a !

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02 novembre 2009

Racisme : la violence intolérable

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Un article du Monde qui se passe de commentaires...

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Sur le rêve de Sigmund Freud

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Sur le rêve est un court ouvrage mais qui réclame une attention certaine, signé par Sigmund Freud. On ne saurait trop conseiller de le lire dans la collection Folioplus qui a le bon goût d'en proposer une lecture complète qui aidera singulièrement, notre ami Freud étant un auteur difficile à lire contrairement à ce que l'on pourrait croire.

Le rêve, qu'es-ce donc ? Il revient à Lacan d'avoir bien dit ce que Freud avait laissé entendre, à savoir que « l'inconscient est structuré comme un langage » et donc que le rêve est un rébus – dramatisation, condensation, déplacement et satisfaction des désirs, tels sont les grands éléments que Freud définit et en prenant des exemples pas toujours évident à saisir mais qui illustrent bien son travail.

L'ouvrage en main, on peut s'essayer à son tour à interpréter ses rêves, ce qui fera ressortir au courageux oniromancien toute la difficulté de la procédure freudienne et lui montrera que si le rêve est « la voie royale vers l'inconscient », il n'en reste pas moins qu'il est, comme le dit Freud, habité d'un démon qui ne se laisse pas facilement posséder.

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01 novembre 2009

L'Evangile selon Jésus Christ de José Saramango

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José Saramago, prix Nobel de littérature a composé un roman remarquable racontant, à sa manière, la vie de Jésus. Le style, d'abord : les phrases sont très longues, la ponctuation se limite à des virgules et points, aucune séparation entre les dialogues ni d'indication de qui parle : cela réclame une attention certaine d'autant qu'il n'y a pratiquement aucun paragraphe. Mais un auteur qui écrit aussi bien, avec une telle rigueur et une telle maîtrise, que cela fait du bien !

Le sujet, ensuite, très critique, non pas sur Jésus, mais sur Dieu, accusé d'être un boucher. Saramago prend la Bible au pied de la lettre et donc, s'il y a de multiples sacrifices réclamés par Dieu, c'est que Dieu les a vraiment demandés. Donc, Dieu est là, cruel et sans scrupule ; face à lui, le Diable, brave pasteur de brebis (!) et Jésus, figure un peu paumée mais généreuse.

C'est donc irrévérencieux et iconoclaste mais passionnant. Néanmoins, la critique majeure adressée à Dieu – Tu es cause de la violence monothéiste – est risible ; seul l'Homme est un loup pour l'Homme et les crimes commis au nom de Dieu sont toujours des crimes humains.

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Mort ou vivant ?

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L’or

Dans tes cheveux

Ce bouquet de lumière ;

Pourrais-je le cueillir ?

 

Mort

Mon âme et mon sang

Toute ma vie

En dehors.

 

Je suis blême.

De ces frayeurs de la nuit.

De ces terribles insomnies qui vous laissent

Et vous délaissent

Languissant et amoindri

Pitié de la peau refusée par son lit.

 

J’entends le temps qui s’en va

Et je mens quand la vie me dévoile

La vérité.

Je ne suis pas une brute, pas un pêcheur

Mais un mort à qui on a donné l’existence

Comme on impose à d’autre une sentence.

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31 octobre 2009

Le Coran, idées reçues de Michel Cuypers et Geneviève Gobillot

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La collection « Idées reçues » s'intéresse, comme son nom l'indique, aux formules toutes faites que l'on tient sur les sujets sociétaux ou littéraires.

Ce petit livre consacré au Coran fait en tout cas beaucoup de bien et devrait en surprendre plus d'un. On y trouve un état des lieux de la recherche coranique, des pages bien faites sur la loi, la sunna, les hérésies ou encore sur les nouvelles lectures proposées par quelques intellectuels courageux.

On découvrira ainsi que des passages du Coran sont recopiés du Corpus Hermeticum, que le Coran obéit à une prosodie particulière ou que la charia donne la prééminence à la Tradition face au Coran !

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