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Une femme, chez elle, seule, appelle son amant. La ligne est régulièrement coupée, la conversation hachée. Du reste, on ne lit que ses propos, jamais celui de l’homme. Quelle est la situation ? A en croire la quatrième de couverture, la femme parle à un homme qui vient de la quitter pour une autre. Je n’ai pas compris cela. De rupture, il n’est jamais question. De l’autre, non plus. Par contre, cette femme marque une nette tendance à la névrose : souffrance, tentative de suicide. On est là dans la figure féminine qui souffre et se raccroche désespérément à une voix, à un homme, à une figure pour trouver matière à colmater la brèche, la fissure de son Moi, par laquelle son essence semble se dévider. Exercice de style théâtral plus que véritable œuvre, La voix humaine impressionne par l’expression raide et violente d’une souffrance féminine et de la fascination pour un suicide qui semble, à en croire les indications scéniques données par Cocteau, le destin inévitable de l’héroïne.