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Perdu dans une maison de campagne, des hommes et des femmes se sentent perdus et abandonnés de tous. Surtout d’eux même en fait… Thème central de la pièce Oncle Vania, l’Ennui suffoque littéralement les héros, livrés à leur propre vacuité. Certains sont objectifs sur ce qu’ils sont ; d’autres, illusionnés, se vivent comme ils croient être perçus par les autres.

L’amour est là, mais pas tellement comme une liberté, mais plutôt une autre manière de s’enchaîner, de se donner une raison de vivre. Tous souhaitent leur mort en fait.

Moment de drame, le coup de feu de l’Acte III marque la cristallisation des angoisses et l’expression du discours porté, de l’acte manqué – donc, l’inconscient parle. Mais, dans ce coup de feu raté, on voit que rien ne changera. De fait, il ne faut pas se laisser le ton presque optimiste de l’Acte IV nous berner : les promesses de lendemains meilleurs ne seront jamais tenues.

Pièce de l’ennui et du désespoir, Oncle Vania a été au programme des prépas scientifiques, faisant partie, avec d’autres textes, d’une étude sur la « recherche du bonheur » : étrange, étrange, car il n’est nullement question, chez Anton Tchékhov, de la recherche du bonheur, mais plutôt d’une pathétique et vaine tentative d’occulter, ne serait-ce que pour quelques heures, le poids du malheur.