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Etrange livre, étrange livre que Le joueur de Fédor Dostoïevski… Déjà, l’écriture : on songe à Flaubert ou Maupassant, mais aussi au roman noir américain et au roman policier anglais. Trois façons de narrer un récit qui appartiennent tout à la fois, et parfois en même temps, à trois genres pourtant différents de littératures.

Ensuite, la nervosité du récit : livre court, ramassé ; écriture compactée, dense ; un maximum d’information dans un minimum de pages.

Enfin, le thème et le titre. Tout d’abord, on songe que le livre n’aurait pas du s’appeler Le joueur, mais plutôt La joueuse, lorsque arrive la grande tante russe qui se met à dilapider son argent au casino. On ne vois pas en quoi le héros serait un joueur ; il passe certes à la table à roulette, gagne bien… Mais bon, il la quitte vite et lorsque la grande tante russe se met à jouer, il essaye par tous les moyens de la décourager et de sauver son argent. Alors, comment comprendre le titre ? En fait, notre héros, Alexis, est un joueur à toutes les étapes de sa vie ; il tente d’incroyable coup de poker constant ; il passe son temps à jouer pour l’amour, les disputes et pour mener sa vie.

La fin du livre confirme cette impression et nous fait voir dans quel abysse se débat en fait le jeune homme, d’autant qu’il a fini par prendre conscience de sa condition. Dostoïevski se refuse à livrer clés en mains les explications de son récit : il laisse le lecteur seul juge et lui demande de faire l’effort de raccorder les ponts lui-même. Rare sont les livres appelant ainsi à l’intelligence de leur lecteur.