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Reconnaissons-le, Ma vie amoureuse et criminelle avec Martin Heidegger de Gérald Messadié est ce que les Américains appellent un page turner. Une fois entamé, presque impossible de reposer ce livre. Messadié sait gérer ses effets et donne furieusement envie au lecteur d’arriver à la fin de son ouvrage. Pourtant, et c’est un paradoxe, son histoire n’est tellement pas crédible que s’il n’y avait son talent d’écrivain, on ne pourrait accorder que peu d’intérêt à son livre. Comment imaginer qu’un homme marié invite chez lui un philosophe avec lequel il vient de faire connaissance, que sa femme lui propose de passer la nuit chez eux et que, sans aucune raison, elle couche avec lui le soir même après s’être refusée à son mari ? Et pourtant, tout est de cette eau là. Mais après tout, qui n’a jamais éprouvé une pulsion irrationnelle ? Qui ne s’est jamais comporté d’une manière étrange, voire bizarre, sans pouvoir se l’expliquer ? Gerthe se lie ainsi à Martin Heidegger, elle abandonne son métier et part en une sorte de rodéo sauvage sexuel en sa compagnie. Non, vraiment, on se demande comment et pourquoi on ressent un tel plaisir à lire une histoire aussi peu crédible. Chapeau bas, Messadié !