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Il y a, dans les poésies d’Arthur Rimbaud, ses premières, celles ouvrant ce recueil, un indéfinissable génie qui se manifeste à travers des images fortes, puissantes, hantées presque. Là où un Baudelaire convoque des sensations et des impressions, Rimbaud a le sens de la vérité, celle qui se trace au cœur et se lie à l’esprit.

Pour autant, au fur et à mesure du parcours personnel de l’auteur, sa prose se fait de plus en plus inquiète, inquiétante, déstructurée, improvisée. Et au fur et à mesure que se délite le rythme de ses vers, quelque chose d’autre se fait jour qui ne me parle pas, ne me ressemble pas, ne me réconforte pas.

Ainsi, à partir de 1870, les poésies de Rimbaud sont d’un autre, un « voleur de feu », un « voyant » qui regarde et entend le son de délires auxquels ma propre sensibilité m’interdise de participer. Ce travail d’écriture culmine dans Une saisons en enfer et Illuminations, incompréhensibles selon moi, absurde, suite de mots mis en relations et qui ne se connaissent pourtant pas.

Gallimard, 3,50 euros.