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Qu’est-ce qui permet de fonder la conscience d’être ; le fait de vivre ; d’exister ? Pour François Cheng, une telle réflexion sur l’Etre ne peut faire l’économie de la mort. La mort étant ce qui termine la vie, elle l’ « obsède » et la sous-tend de telle façon que penser sa mort, c’est aussi bien penser sa vie et inversement. Le propos n’est guère novateur mais le principe de la causerie (les chapitres de ce livre sont autant de conférences données par F. Cheng à un cercle d’auditeur) aurait pu nous éveiller à une réflexion onto-philosophique de qualité. Hélas. Cheng se prend pour Heidegger et préfère à la saine et claire pensée le verbiage et la citation poétique. Très vite, le lecteur se retrouve noyé sous une parole qui ne fait que survoler et se donne les apparences de la réflexion. Mais il ne suffit pas de mêler quelque vers à de libres propos pour asseoir une pensée philosophique de qualité. Toute réflexion sur la vie et la mort, doit passer par l’ontologie et la métaphysique et, surtout, elle doit se faire concrète, charnelle, même, afin que les idées ne soient pas abstraites mais puissent nous nourrir. Ce n’est donc pas cet ouvrage que l’on trouvera la nourriture de l’âme que l’on espérait.