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Le blog de Menon
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13 mars 2007

La curée d'Emile Zola

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La curée, roman d’Emile Zola, met en scène le Paris du baron Haussmann, celui auquel Napoléon III a confié la tâche de faire de l’ancienne Lutèce la première capitale européenne en la détruisant pour mieux la rebâtir. On sait qu’il y a eu, durant ces gigantesques travaux, de sombres manipulations d’argent qui ont sans doute permis à certains de s’enrichir.

Justement, dans La curée, on suit Saccard, un homme arrivé à Paris avec le goût de l’argent déjà en bouche. Obsédé par la fortune à se faire, il bénéficiera de l’appui de son frère, membre du gouvernement, et de sa sœur, une étrange entremetteuse. Remarié à la superbe et fortunée Renée, il fait venir sur Paris son fils Maxime. Ce dernier a sept ans de différence avec sa belle mère : efféminé, il devient le chérie de Renée et de ses amis.

Saccard se lance dans de fébriles spéculations boursières en jouant sur la vente de terrains, marchant sur la corde raide et évitant sans cesse la banqueroute. Pendant ce temps, Renée s’ennuie : la jeune femme a le vice en elle ; elle cherche une façon de s’adonner à un crime sensuel à la hauteur de son désoeuvrement. En faisant de Maxime son amant, elle trouvera comment tomber au plus bas.

Dans ce roman, la spéculation immobilière permet à Emile Zola de livrer une étude de mœurs sur la bourgeoisie du second empire et de l’ausculter. La fascination de la famille Saccard pour l’argent et leur comportement scandaleux (ils dépensent comme ils respirent) appelle chez Zola une condamnation : cette appétit de possession entraîne un dysfonctionnement psychologique de chacun.

Mais, finalement c’est aussi et surtout à Renée que s’intéresse le romancier. Saccard, mine de rien, est un ascète de l’argent : s’il convoite la richesse et ne vit que par elle, il semble bien s’en porter. Zola ne le condamne pas ou en tout cas ne révèle pas que son esprit en pâtisse. Il y a une certaine admiration de l’auteur pour ce personnage dont la volonté est tout entière tournée vers un seul but. Son regard sur Maxime se veut par contre bien plus dur : sous sa plume, le fils Saccard tient de la lopette ; charmant, certes, mais totalement inconsistant, une sorte de pauvre garçon n’ayant rien dans la tête ni le cœur.

Et puis, il y a Renée : son personnage fascine et enchaîne le lecteur. On croit parfois ressentir le parfum capiteux qu’elle dégage, on l’imagine, on ressent sa sensualité. Mais qu’a voulu véritablement écrire Zola à son sujet ? Notre moraliste veut-il condamner Renée ? Son goût pour le Mal, pour le pêché, a un parfum de tragique qui n’est pas sans évoquer Madame Bovary : il semble difficile de condamner Renée. Son mariage avec Saccard tient de l’arrangement, du simple contrat : Renée est une sacrifiée, le bouc émissaire de l’argent. Elle prend sur elle le poids du pêché de Saccard : le mal être de Renée tient à ce que sa vie se résume à de l’or, et à rien d’autre.

Le style est à l’avenant du sujet : baroque et mélancoliquement sensuel. Ses descriptions font vivre le Paris de l’époque avec un luxe de détails donnant une coloration réaliste, une densité exceptionnel au monde de Renée : comme disait Napoléon à Jacques Louis David au sujet de son tableau du Sacre : « ce n’est pas un roman, on marche dedans ! » Pourtant, malgré ces exceptionnelles qualités, on n’échappe pas totalement à certaines facilités agaçantes, notamment sur la deuxième partie du livre nous contant l’ascension de Saccard : tout s’arrange tellement facilement pour lui qu’on a parfois du mal à croire au récit que nous en fait Zola. Mais au-delà de cette partie critiquable, on évolue dans un impressionnant tableau, inquiétant et fascinant, aussi grotesque que beau : un paradoxe dans lequel il y a une constante : le vice ne côtoie que le vice.

Le livre de poche, 4 euros.

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Commentaires
M
Bonjour!<br /> <br /> J'aimerais avoir quelques idées ou piste de réflexion afin de faire un commentaire composé sur le chap de la curée plus précisèment le passage dans la serre,l'érotisation de la nature,l'évolution de la description et la mise en scène!!!merci d'avance j'attends votre réponse avec impatience!
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L
Ok. Tous ces commentaires m'effraient un peu, j'avoue... Mais enfin. Je vois que vous répondez à nos questions de lycéens alors j'essaye. Vous avez fait le rapprochement avec Phèdre. J'ai lu les deux bouquins, et je suis bien d'accord qu'il y a un rapport, seulement il n'est pas si évident, je veux dire, Phèdre AIME Hypollite, alors que Renée ne cherche qu'une manière de combler son ennui. Maxime est son vice ultime et c'est ce qui lui plait: elle sait qu'il n'y a que la débauche qui puisse combler le vide de son existence "inutile", vide et presque fausse. Et même si elle éprouve des remords, comme Phèdre, elle s'y prend durant un an, et elle oublie vite qu'il est son beau-fils. C'est donc totalement différent, pour moi! Si vous pouvez m'éclairer sur le sujet... Merci. <br /> <br /> Lola
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E
Phèdre: c'est le fait que la représentation de cette pièce que va voir Renée et son beau fils, révèle un inceste.. Qui renvoi à celui entre Renée et Maxime. Etant donné que ma lecture remonte, lis ce passage où ils s'y rende, peut être que cela te sera plus clair. <br /> <br /> <br /> <br /> En ce qui concerne le rôle de l'argent, de la spéculation, et les références historiques, si tu as lu le livre cela et très simple, et même dans le commentaire qu'à fait Menon, le fait que dès le titre "La Curée", cela annonce cette chasse, en occurrence, contre l'argent (relis son passage, dans mes souvenirs elle en parle et mieux que moi). Aristide le représente très bien, à travers ses spéculations, un homme sans coeur, sans remords, qui attends impatiemment que sa femme Angèle meurt, pour épouser une fille dans le but de mieux la dépouiller par la suite. Ses actions sont pour chacune réfléchis dans un seul et même but: l'argent. Renée elle même, vit dans un monde de richesse, qui ne la rends pas si heureuse que ça, et qui la fait basculer dans un monde de décadence jusqu'à l'inceste etc (à interpréter)... La soeur d'Aristide, qui est prête à tout pour de l'argent... Les exemples sont nombreux. <br /> <br /> <br /> <br /> Pour les faits historiques, Zola est un naturaliste, c'est avant tout quelqu'un qui observe la réalité. Il dénonce le "nouveau Paris" le Paris du Second Empire etc etc... Il y a beaucoup de choses qui on été dites sur ce blog, parcours le, je suis sûr que tu trouveras beaucoup de choses pour t'aider. Je n'ai pas dis grand choses, juste quelques pistes mais bon... ;)
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S
S'il vous plait, quelqu'un pourrait m'aider à faire mes devoirs? On doit préciser le rôle de l'argent/ la spéculation/ les références historique . On a entre autre un paraghraphe à rédiger : en qui la lecture de Phèdre éclaire certain passages du roman . Merci d'avance !
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K
J'aimerais savoir comment Renée est caractérisée par l'or et la chair? et comment elle est mise en abyme du Paris du Second Empire?
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