Le colonel Chabert de Balzac
Court roman ou longue nouvelle, c’est selon, le Colonel Chabert n'en n'est pas moins un ouvrage intéressant d'Honoré de Balzac. Il met en scène un des braves de Napoléon, tombé à la bataille d'Eylau. Enfin, tombé, c'est vite dit ! Car le Colonel a survécu. Seulement voilà : défiguré, privé de tout document officiel, il ne peut remettre la main sur sa fortune et sa femme, à qui il s'adresse, se refuse à lui parler ; du reste, elle a épousé un royaliste qui lui a fait deux enfants... Mais un juriste va croire en l'histoire de ce vieil homme se présentant une nuit chez lui et se charge de le représenter au procès l'opposant à sa femme.
Livre tragique, le Colonel Chabert dénonce – déjà ! – la religion du juridique et du procès. Mort mais vivant, Chabert doit affronter l'hostilité de tous puisque déjà enterré. L'occasion, aussi, pour Balzac, de faire un double portrait : pathétique, de Chabert et sans cœur de sa femme.
C’est dans ce pathétique, dont la fin du livre porte plus particulièrement la trace, que Balzac excelle. A l’instar du père Goriot, le colonel Chabert est un sacrifié de l’amour, une figure chrétienne.
Le colonel Chabert de Balzac (144 pages, Bibebook, édition numérique gratuite)
