Le voyage à Ixtlan de Carlos Castaneda
(Seconde chronique sur ce livre :)
Je vais être franc : je me sens incapable de parler de ce livre. Autant, lorsque je lis Castaneda, je me sens capable de le comprendre et je savoure avec joie ses écrits, autant une fois l’ouvrage reposé, me voilà incapable de résumer sa pensée ou de parler des concepts formulés. Voilà aussi pourquoi on peut le relire sans jamais s’en lasser.
Ici, Castaneda reçoit ce qu’il considère comme le véritable enseignement de don Juan. Censé être constitué de notes laissées de côté et qui auraient dû se trouver rapportées dans le premier tome de ses aventures, Le voyage à Ixtlan met en scène la perte de contrôle de l’auteur, confronté à un autre monde, un autre univers ; quelque-chose à la Lewis Caroll, à la fois exaltant et effrayant.
Il me semble néanmoins que l’idée centrale du livre est qu’il existe, en parallèle à notre réalité, une, voire plusieurs couches qui se superposent et que l’on peut découvrir lorsque, dans une perspective de pure non-sense à la Lewis Carroll, on accepte tout d’abord 1/de s’effacer, ensuite de 2/stopper le monde et enfin 3/de Voir, c'est-à-dire de dépasser la logique cartésienne pour rentrer dans une perspective irrationnelle qui permet de défaire le réel et de percevoir une couche parallèle à la nôtre.
Le voyage à Ixtlan de Carlos Castaneda (Gallimard, 352 pages, 9 euros)
