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Le blog de Menon
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16 mai 2006

Le moine et la psychanalyste de Marie Balmary

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La lecture de ce petit livre n’a pas bien commencé. Sa première moitié se révélant franchement soporifique et verbeuse à souhait… On y suit Ruth, une psychanalyste juive et athée, sortie d’une longue maladie difficile, et qui renoue avec un ami oublié depuis 30 ans, devenu moine. Entre eux deux, la discussion est d’abord tendu puis, lorsque Simon le moine réussit à convaincre la femme que la Bible n’est pas le monstre qu’elle craignait, ils peuvent engager une lecture du sacrifice d’Isaac et apprendre une vérité essentielle sur Dieu et l’Homme.

Marie Balmary est une psychanalyste s’intéressant à la Bible sur laquelle elle a écrit de nombreuses interprétations. Ce Moine et la psychanalyste, un roman, s’adresse en fait à un public de néophyte. Ceci explique une première partie ennuyeuse durant laquelle elle doit « convaincre » son lecteur du bien fondé de son sujet d’étude. Malheureusement, elle le fait très mal et on ne retient rien à la lecture des chapitres.

Ensuite, lorsque la discussion réelle et profonde s’amorce, on prend beaucoup plus de plaisir à suivre le fil des échanges et la fin se révèle d’ailleurs fascinante. Mais, là aussi, on déplore un style ampoulé et absolument pas naturel : on parle chez elle comme dans un roman de gare. Voir aussi le passage surréaliste dans lequel Dan qui héberge Ruth lui demande de l’accompagner pour parler à Simon. Dan a en effet peur que sa femme, juive, perde son identité en parlant avec un catholique qui relit la Bible en sa compagnie ! On croit rêver devant la minceur de l’argument qui n’a qu’un seul but : permettre de rajouter une troisième voie dans la discussion sur Abraham qui va donner un point de vue naïf. A suivre cette discussion préliminaire entre Dan et Ruth, on quand même très envie de rire lorsque ces derniers évoquent carrément leur peur de rentrer au monastère voire Simon : non, mais, sérieusement ? C’est un moine, pas un nazi !!

Bref, ce roman se révèle bancal en terme d’écriture, mais intéressant sur les thématiques abordées : l’échange, la rencontre, le langage comme frontière lâche entre les hommes et les hommes et les femmes. De même, la volonté de Balmary de critiquer l’orthodoxie lacanienne ou freudienne me paraît salutaire ; bien souvent, les éminences grises de la psychanalyse semblent tellement coupés de tout : qu’ils jettent un œil à la Bible, ils y découvriraient, s’ils prenaient le temps de lire réellement, ce qu’il en est réellement de « l’avenir d’une illusion ».

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