Avoir le courage de ne pas être aimé d’Ichiro Kishimi et Fumitake Koga
/image%2F0404412%2F20250904%2Fob_05800c_51xt5qzpm2l-sl1187.jpg)
A l’instar d’un dialogue socratique, on retrouve ici un philosophe, connaisseur de la pensée du psychanalyste Alfred Adler, disciple de Freud ayant bâti son propre système, et un jeune homme tourmenté qui cherche auprès du maître des réponses à ses questions existentielles… Ce best-seller japonais est très facile à lire et permet de découvrir la pensée d’Adler quasiment pas édité en France, hélas. (Autant dire qu’une fois le livre reposé, vous ferez grise mine si vous désirez aller plus loin.) Deux éléments à souligner : la conception du symptôme, chez Adler, renverse tout ce que l’on pensait jusque-là puisqu’à la différence de Freud qui explique le symptôme par un traumatisme, Adler estime que le symptôme est créé par l’individu pour excuser une limitation intérieure librement consentie. Deuxième point, le titre du livre s’avère quelque mensonger. Bien que soit abordée la question du regard de l’autre, le sujet s’avère à peine esquissé ; a contrario, c’est plutôt l’implication de l’individu dans le pacte social qui compte pour Adler. Ce livre n’invite donc pas à une forme de dandysme intellectuel ou humain. Chez Adler, un individu bien portant a fait la lumière sur ses limitations intérieures et choisit de s’insérer dans le tissu social afin de donner sens à sa vie. Un bémol : le livre a été traduit à partir de l’édition américaine de l’ouvrage et non pas directement à partir du texte japonais.
Avoir le courage de ne pas être aimé d’Ichiro Kishimi et Fumitake Koga (Guy Trédaniel éditeur, 333 pages, 19,90 euros)