Le blog de Menon

La Parole est ce qu'elle est : apocalyptique, elle dévoile.

31 octobre 2009

Le Coran, idées reçues de Michel Cuypers et Geneviève Gobillot

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La collection « Idées reçues » s'intéresse, comme son nom l'indique, aux formules toutes faites que l'on tient sur les sujets sociétaux ou littéraires.

Ce petit livre consacré au Coran fait en tout cas beaucoup de bien et devrait en surprendre plus d'un. On y trouve un état des lieux de la recherche coranique, des pages bien faites sur la loi, la sunna, les hérésies ou encore sur les nouvelles lectures proposées par quelques intellectuels courageux.

On découvrira ainsi que des passages du Coran sont recopiés du Corpus Hermeticum, que le Coran obéit à une prosodie particulière ou que la charia donne la prééminence à la Tradition face au Coran !

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28 octobre 2009

Le Saint Coran et la traduction en langue française du sens de ses versets

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Dans le Coran se fait entendre le cri, celui d'Allah (Dieu en fait, Allah voulant dire Dieu). Le Dieu de Moïse, de Jésus se présente à Mahomet et hurle : l'Enfer ! Il hurle en continue, il hurle de dépit, il hurle de chagrin et de rage, il hurle de ne pas être aimé, il hurle de voir ses commandements bafoués, il hurle de voir les Juifs, son peuple pourtant élu, le railler, il hurle d'entendre les Chrétiens le manipuler, il hurle devant des croyants arabes aussi timorés. Il hurle, menace, menace, menace tellement qu'il promet l'Enfer à tous – il n'y a plus de place dans le Paradis. Il est vide ce lieu saint. Mais il pardonne ; il a pardonné ; il pardonnera : une trinité de pardon dont lui-même se reconnaît comme étant le dépositaire, ce qui l'oblige, l'oblige à accepter sans cesse l'Homme fautif et, au final, malgré tout, à lui pardonner.

Un mot sur cette édition : beau livre dans le sens de lecture oriental avec, à droite, la page en Arabe et à gauche, la traduction. Papier fin de qualité, ornements, calligraphie... traduction aride et exigeante, annotations nombreuses. Beau travail, mais pas poétique ; froid et austère.

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24 octobre 2009

Le Nouveau Testament est-il fiable ?

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Je fais ici un copier/collé d'un excellent commentaire sur la fiabilité du Nouveau Testament par Le Bon Seb.

Voilà de quoi méditer sur les réflexes habituelles de la communauté des historiens qui tend à décrédibiliser tout texte sacré :

"La difficulté vient de ce que les gens disent "c'est une source chrétienne, non neutre, donc non fiable".

Or premièrement "non neutre = non fiable" relève plus de la pétition de principe que de l'honnêteté intellectuelle. Un exemple : quand Marine Le Pen dénonce les perversions de l'actuel ministre de la culture c'est non neutre (elle pense déjà aux prochaines élections, pour dire les choses gentiment...). Est-ce à dire pour autant que Frédéric Mitterrand est irréprochable ? Non.

Ensuite deuxième erreur : "c'est une source chrétienne". Dire ceci c'est faire une lecture rétrospective de l'histoire ! Il ne faut pas transposer ce qu'on connaît du christianisme aujourd'hui sur ce que vivaient les disciples de "la voie", comme ils se désignaient eux-mêmes, et qui se pensaient plus comme juifs que comme "chrétiens" au sens moderne du terme. Le Nouveau Testament est tout sauf un phénomène concerté d'un groupe institutionnalisé. St Paul quand il écrit n'a pas le sentiment de produire un texte inspiré. Ses lettres sont des écrits de circonstance. Pour lui l'urgence est d'annoncer la bonne nouvelle du Christ ressuscité en vue de son retour qui est imminent. À cette époque se forment des communautés encore relativement indépendantes par rapport à ce qu'on connaît aujourd'hui car l'urgence n'est pas de créer une structure institutionnelle mais d'annoncer la résurrection du Christ et l'imminence de la fin des temps, et en vue de cela se posait la question de savoir comment être fidèle au Christ. Et le nouveau testament témoigne des querelles théologiques et pastorales entre ces communautés. Donc techniquement les écrits du nouveau testament sont considérés comme des sources indépendantes par les historiens sérieux. Or lorsqu'un même évènement est attesté par des sources indépendantes il y a de fortes chances pour que ça se soit passé.

Après avoir démonté les pseudo arguments contre la fiabilité du nouveau testament intéressons-nous à en démontrer positivement la fiabilité. Il y a parmi les critères de fiabilité celui d'attestation multiple. Ce critère est vérifié pour le nouveau testament puisqu'il compte des auteurs divers et autonomes : un Saint Paul n'est pas un Saint Jacques ! Matthieu et Luc ne sont pas du même milieu ! Ce que toutes ces sources rapportent de commun a donc des chances d'être fiable.

Un autre critère est celui de la date. Les lettres de Saint Paul datent, pour les plus primitives, d'à peine 20 ans après la mort du Christ. Les quatre évangiles sont attestés dès 150, ce qui veut dire que leur rédaction fut faite du temps où ceux qui avaient connu le Christ et les apôtres de leur vivant étaient encore là pour en témoigner. Et au passage pour en rester sur la question des dates la très large réception qui a été faite de ces textes par des gens qui ont été contemporains des apôtres voire du Christ témoigne de sa fiabilité.

Un troisième critère est celui de "l'embarras" : les évangélistes par exemple n'avaient aucun intérêt à rapporter le baptême de Jésus par Jean. En effet en ce temps-là les disciples de Jean Baptiste étaient encore nombreux et ne manquaient pas de rappeler : "c'est notre maître qui a baptisé le votre, Jean est donc supérieur à Jésus !" Les évangélistes auraient eu tout intérêt à censurer ça pourtant ils ne l'ont pas fait. On peut donc raisonnablement penser que le témoignage des évangiles à ce sujet est fiable.

Un quatrième critère est la vraisemblance : si nous fêtons le jeudi saint un jeudi (?!) c'est que l'évangile selon St Jean, qui est le seul contre les trois synoptiques à affirmer que la cène a bien eu lieu un jeudi, est le plus vraisemblable : vu l'attachement des juifs de ce temps à la pureté rituelle il est fort invraisemblable qu'on ait mis à mort quelqu'un durant le sabbat, surtout durant la pâque. Est-ce à dire que les autres ont menti ? Non bien au contraire ! Si on se rappelle que les évangiles sont d'abord œuvre de théologie avant d'être des chroniques journalistiques cela nous fournit un renseignement précieux sur l'enseignement du Christ : si les synoptiques situent la mort du Christ durant le sabbat de la pâque c'est qu'ils ont compris que le Christ a voulu par sa mort donner un sens nouveau à cette fête.

Un cinquième critère est la réception : le fait que le nouveau testament ait été reçu par des gens qui ont connu le Christ ou les apôtres de leur vivant témoigne de la conformité de son propos à l'enseignement du Christ. Exemple : l'institution de l'eucharistie. Nous en avons quatre témoignages : un dans chacun des évangiles synoptiques et un chez Saint Paul. Tous les quatre comportent des différences notables. Ces différences témoignent que les textes racontent non pas le dernier repas du Christ avec ses disciples mais l'usage liturgique de leur communauté d'origine. Bref les récits d'institution dont nous disposons sont en fait la PGMR de l'époque. Falsification ? Non, bien au contraire ! Si l'eucharistie était déjà codifié liturgiquement si tôt c'est que les premiers disciples ont compris que Jésus n'a pas voulu faire simplement un repas entre copains mais a véritablement demandé un acte de culte. C'est un renseignement précieux sur ce que Jésus a vraiment voulu faire ! Quant à ce que Jésus a fait réellement ce soir-là les historiens s'appuieront plutôt sur Luc pour nous le dire : bien que Paul soit antérieur chronologiquement, ce que rapporte saint Luc ressemble le plus à ce que pratiquait les juifs du temps de Jésus (présentation du vin puis du pain puis du vin).

Cette liste n'est pas exhaustive et l'historien a de nombreux outils méthodologiques à sa disposition pour démêler l'historique du non historique. Il s'attachera à comparer les textes entre eux, à les confronter à ce qu'il sait par ailleurs (autres sources textuelles, archéologiques, etc.) et rendra compte tant des similitudes que des différences.

Sinon un peu de lecture :

- R. E. Brown, Que sait-on du nouveau testament ? Bayard, 2000.
- A. Marchadour, Les évangiles au feu de la critique. Bayard, 1995."


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23 octobre 2009

Les deux saint Jean et la Chevalerie templière de Jean Chopitel et Christiane Gobry

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Les deux saint Jean et la Chevalerie templière de Jean Chopitel et Christiane Gobry est une sorte de contre Evangile ésotérique de Jean. Là où ce dernier donnait à lire une vision anti-judaïque de Jésus et opposait Eglise de Pierre et Eglise de Jean, Chopitel et Gobry, loin d'opposer Pierre et Jean, reconnaissent la nécessité de concilier les deux aspects – exotérisme et ésotérisme ; rigueur et spiritualité – afin de toucher à la compréhension parfaite du message du Christ. Ils démontrent aussi que les deux Jean (le baptiste et l'évangéliste) sont des manifestations ésotériques qui ouvrent le coeur et l'esprit à un autre niveau de conscience.

Écrit avec le coeur, ce petit ouvrage – malgré quelques erreurs du à l'absence de notes justifiant les citations ou certaines affirmations – se révèle beau et ouvrira aux Chrétiens un espace poétique dans lequel ils pourront – et devraient ! – s'engouffrer afin de faire place en eux pour le vol de l'Aigle (animal symbolisant Jean) – c'est à dire pour que le Prologue de Jean puisse se faire entendre en eux.

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21 octobre 2009

Le secret d'Israël de Robert Ambelain

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Attention, chef d'oeuvre ! Robert Ambelain relit ici l'Ancien Testament et traque le texte en révélant des morceaux que l'on n'avait jamais vu. Il démontre, citations à l'appui, que le peuple israélite, n'a jamais adoré un Dieu unique mais une foule de dieux (et ceci au sein même du Temple sacré !), qu'il pratiquait la magie, qu'il utilisait pour cela et pour prophétiser des drogues et que la prostitution sacrée était monnaie courante.

Relisant la naissance du peuple juif avec Moïse et l'Exode, l'auteur démontre le caractère irréaliste du récit, l'existence de Moïse, le rôle que joua Josué dans la création des tables de la loi et les liens fort reliant la Bible à l'Egypte.

Par ailleurs, après avoir totalement déconstruit toute la prétendue fidélité d'Israël à l'Eternel, il se livre à une magistrale et complexe lecture psychanalytico-théogonique des mythes de la Création pour apporter une lecture rationaliste et symbolique tout à la fois de la naissance de Dieu.

Au final, cet ouvrage s'impose comme totalement indispensable à toute personne travaillant sur l'Ancien Testament. Il ne s'agit nullement d'un livre à charge contre Dieu. Pas plus qu'un livre qui ridiculise l'idée de Dieu. En fait, Ambelain explique l'inexplicable, démontre la supercherie et met en place des hypothèses fascinantes pour expliquer les phénomènes surnaturels.

Mais, au-delà de cela, et quand bien même il veut faire table rase de Dieu, l'auteur finit par nous apporter de passionnants éléments de réflexions sur la question. Oui, on comprends mieux le Christ après avoir lu ce livre et ses imprécations contre les scribes et les prêtres. Il y avait de quoi être dans une sainte colère ! Jésus, manifestement, savait ce qui se passait dans le Temple, connaissait les secrets des prêtres et est bien venu renverser une Loi qui, en fait, n'a jamais été respectée, y compris par les figures légendaires juives telles David ou Salomon.

Du coup, renait l'idée que la Loi est cachée, mystique et secrète et comme le disaient les Egyptiens, Dieu est un coeur et la poitrine son temple. Contre les tenants du pouvoir sacerdotal et autres fondamentalistes, la culture de l'Amour, le cri du coeur. On peut et on doit opposer le Christ à Moïse comme le fait Paul car il savait, lui, quel terrible secret renfermait la Loi ; ils avaient compris que le sang coulait à flot sur les autels de l'Eternel et que seul l'Amour transitant par le sacrifice du Fils unique pouvait rétablir l'ordre bouleversé.

Tout simplement magistral et indispensable pour le croyant qui devra penser contre lui-même pour mieux comprendre Dieu, la place du Fils et le sens du Saint Esprit.

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16 octobre 2009

L'évangile ésotérique de saint Jean de Paul Le Cour (Auteur), Jacques d' Arès (Commentaires)

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Théoricien de l'Ere du Verseau, Paul Le Cour est un ésotériste qui livre avec cet ouvrage une étude passionnante bien que sujette à caution sur l'Evangile de Jean.

Formulons-le : Le Cour se singularise par un profond anti-judaïsme, pour ne pas dire un antisémitisme, lui faisant tenir des positions hérétiques (clairement, il est de l'Eglise de Marcion). Selon lui, le 4e Evangile participe des mystères des Hélènes et des Egyptiens (preuves troublantes à l'appui) et n'a rien de Juif. D'ailleurs, il faut éliminer les trois autres Evangiles et ne garder que celui-là, en l'expurgeant de toutes les interpolations relatives à la Thora. Après tout, le Christ n'était pas Juif, mais de race Gauloise (ne riez pas) et mieux même, il ne fut pas le Messie (oint de Dieu) mais le démiurge (que l'on comparera au premier ministre du président ou Dieu) descendu sur Terre pour apporter la vraie connaissance de Dieu.

Si l'on peut légitimement se sentir déconcerté, voire insupporté par certains des propos de Le Cour, il faut néanmoins reconnaître que sa théorie faisant de Jésus le véhicule du Logos et le démiurge est tout à fait pertinente. Par ailleurs, l'antagonisme de Jésus à l'égard des Juifs est palpable et le fait que jamais il parle de YWH mais toujours de Dieu laisse songeur.

Les références ésotériques sont nombreuses : qu'elles concernent les deux Jean associés à Castor et Pollux ou la Lumière du Logos qui nourrit les Hommes, elles sont toujours passionnantes et envoûtantes. Impossible de lire ce livre sans se sentir passionné. Et aussi, quelle déception de ne pas pouvoir tout retenir : car, que de richesses, que de réflexion, que de mystères !

De plus, cette édition a été établie par le disciple de Le Cour, Jacques d'Arès. Or, si Le Cour est contre Rome, d'Arès semble être un Chrétien fidèle. Il livre donc une version critique où il démontre les apories de la pensée de Le Cour, notamment sur la mère de Jésus, faute de culture juive. C'est donc doublement intéressant car le lecteur aura le point de vue de l'occultiste et la référence appuyée du croyant : de quoi lire ce livre avec sérénité et s'en faire une opinion.

De toute façon, des pistes passionnantes sont développées dans cet ouvrage et il est nécessaire de le lire. On ne saura trop conseiller, toutefois, de suivre en parallèle la version commentée de Jean par Jean-Yves Leloup qui est lui dans l'orthodoxie, ce qui évitera à certains de sombrer dans un anti-judaïsme qui met tout de même mal à l'aise.

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08 octobre 2009

Resume de metaphysique intégrale de Frithjof Schuon

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De quelle métaphyique est-il question ici ? De celle de Dieu. Pour Schuon, la seule métaphysique à valoriser est celle de la question de la divinité.

À partir des théogonies grecques, sémites et hindoues, Schuon nous entraîne dans le processus de la création du monde, la Mâya, du rayonnement du Bien, de l'Ombre du Mal et de la fonction du Dieu personnel, démiurge, par rapport au Dieu même, Néant, ex nihilo à partir de quoi tout est conçu. Partie ardue à lire mais passionnante.

Ensuite, c'est à quelques réflexions oecuméniques qu'il nous convie afin de concilier Islam et Christianisme : partie bien plus faible dans la mesure où pour Schuon on peut oublier les apologétiques sur Mahomet et gommer ce qui empêche le lien de l'un à l'autre. Toute révélation vient du Ciel et donc toute religion est vraie. Ensuite, elle est vécue, pensée et ressentie selon un mode mondain et culturel bien précis qui cause des incompréhensions et des tensions.

Pour terminer, l'auteur s'intéresse à la question de l'émotion et de la vertu, lieu du Bien, plus petit dénominateur commun aux trois monothéistes. Il se déchaîne contre la psychanalyse dont il semble ne pas bien prendre la mesure mais il pointe avec justesse que dans un travail de nettoyage des scories, seul un maître peut aider et la question du spirituel ne doit pas être évacuée.

La lecture de Schuon reste plaisante car il nous rend intelligent, nous fait toucher du doigt des réalités indicibles et parle de Dieu avec une conviction inébranlable.

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07 octobre 2009

Petit message aux idiots qui lisent la Bible...

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Tu craches sur le Trône de Pierre ? Tu es persuadé que l'Eglise te ment ? Bien entendu, elle a tronqué l'enseignement du Christ ? Qui n'était qu'un homme et couchait avec Marie-Madeleine, of course... sans compter que Jésus n'a d'ailleurs même pas existé ! Et puis tout le monde sait que Pierre était méchant et que Jean est le seul à avoir compris Jésus. De toute façon, les dogmes, ce sont des inventions et tu préfères invoquer des anges pour qu'ils t'exaucent. Alors, voilà pour toi :

Réflexion de Jean Daujat, dans sa Vie surnaturelle (1939) : « Tout ce qu’il y a de plus excellent dans l’Eglise, représenté par saint Jean, le disciple bien aimé, est soumis au contrôle du magistère de l’Eglise représenté par saint Pierre. Il faut se placer sous l’influence de saint Pierre pour vivre plus profondément de la vie de l’Eglise, du corps mystique. Il faut se placer sous l’influence de saint Jean pour pénétrer plus avant dans l’intimité du Sacré-cœur de Jésus » (cité par Julien Nanterre sur le Forum Rosa Mystica).

Enfin, tu prends toute la Bible au pied de la lettre et tu prétends que c'est Dieu qui y parle. Bien sûr, une simple lecture te prouverais le contraire... et tu crois dur comme fer que la Genèse est un évènement historique ? Voilà pour toi :

Constitution dogmatique Dei Verbum :
Pour la rédaction des Livres saints, Dieu a choisi des hommes; il les a employés en leur laissant l'usage de leurs facultés et de toutes leurs ressources (41), pour que, lui-même agissant en eux et par eux (42), ils transmettent par écrit, en auteurs véritables, tout ce qu'il voulait, et cela seulement (43).

Puisque Dieu parle dans la Sainte Ecriture par des intermédiaires humains, à la façon des hommes (45), l'interprète de la Sainte Ecriture, pour saisir clairement quels échanges Dieu lui-même a voulu avoir avec nous, doit rechercher ce que les hagiographes ont eu réellement l'intention de nous faire comprendre, ce qu'il a plu à Dieu de nous faire connaître par leur parole.

Pour découvrir l'intention des hagiographes, il faut entre autres choses être attentif aussi " aux genres littéraires ". En effet la vérité est proposée et exprimée de manière différente dans les textes qui sont historiques à des titres divers, dans les textes prophétiques, les textes poétiques, ou les autres sortes de langage. Il faut donc que l'interprète recherche le sens qu'en des circonstances déterminées, l'hagiographe, étant donné les conditions de son époque et de sa culture, a voulu exprimer et a de fait exprimé à l'aide des genres littéraires employés à cette époque (46). Pour comprendre correctement ce que l'auteur sacré a voulu affirmer par écrit, il faut soigneusement prendre garde à ces façons de sentir, de dire ou de raconter, qui étaient habituelles dans le milieu et à l'époque de l'hagiographe, et à celles qui étaient habituellement en usage ça et là à cette époque, dans les relations entre les hommes (47).

Dans la Sainte Ecriture, se manifeste donc, la vérité et la sainteté de Dieu demeurant toujours intactes, l'admirable " condescendance " de la Sagesse éternelle, " pour que nous apprenions l'inexprimable bonté de Dieu. et quelle immense adaptation de langage il a employée, prenant un soin très attentif de notre nature " (50). Les paroles de Dieu, en effet, exprimées en des langues humaines, se sont faites semblables au langage humain, tout comme autrefois le Verbe du Père éternel, ayant pris la chair de la faiblesse humaine, s'est fait semblable aux hommes (cité par Mukassa sur le Forum Cité Catholique)

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17 septembre 2009

Rûmî et le Soufisme de Eva de Vitray-Meyerovitch

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Voici un livre en apparence bien mince, mais dont l'importance et la richesse en font un ouvrage remarquable. Eva de Vitray-Meyerovitch, soufie et spécialiste de Rûmî, propose une biographie de ce grand mystique de l'Islam agrémentée de ses poésies afin de bien montrer la relation entre l'expérience qui détermina sa vie (sa rencontre avec Shams, un autre mystique duquel il tomba « amoureux ») et son écriture et sa pensée. Le soufisme est par la même occasion étudié dans son sens mystique et rituel avec un renvoi bienvenu au Ménon de Platon – ainsi, l'Islam s'inscrit dans une tradition néo-platonicienne qui fut la même que celle du Christianisme.

En seulement 160 pages, on découvre une doctrine de pensée bouleversante et transcendante. Les mots sont impropres, ici, à exprimer le ressenti face à une ontologie métaphysique plaçant l'Homme au coeur du projet de Dieu : un Homme devenu le porte-parole sur Terre de la puissance divine.

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16 septembre 2009

Castes et races de Frithjof Schuon

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Trois essais constituent le propos de l'ouvrage de Frithjof Schuon. Si l'ouvrage est court (même pas 85 pages), sa densité et sa complexité en rendent la lecture difficile.

Le philosophe des religions y étudie le sens des castes dans l'Hindouisme et sa non-existence dans le monde monothéiste. Il prend acte de la tradition et nous apporte une vision nuancée de ce qui fait l'intérêt et l'intelligence de la caste. Une lecture intéressante car elle remet en cause des a priori bien légitimes.

Dans un deuxième temps, Frithjof Schuon nous parle du génie des trois races : blancs, noirs et jaunes. Totalement anti-raciste, le philosophe n'entend pas placer quelqu'un au dessus de l'autre mais simplement souligner le génie propre à chaque race à travers sa façon de penser, sa beauté ou son art. C'est une partie très intéressante qui permet de renouer le dialogue perdu : à force, par anti-racisme, de nier qu'il existe des différences entre les peuples, on finit par ne plus avoir d'intérêt à apprendre de l'autre.

Enfin, ses pensées sur l'art sacré permettent de prendre acte de la place qu'occupe l'art dans l'économie de la vie humaine et de la façon dont l'art enrichit notre vie. L'auteur fait par la même un sort à l'art surréaliste et contemporain dont il dénie tout génie et ne voit en lui qu'un travail luciférien.

On notera que c'est dans les creux de ses raisonnement que notre philosophe est le plus fameux : ainsi ai-je été ému par sa dénonciation du machinisme – une critique spirituelle du mal causé par la machine à l'homme ou interpellé par sa réflexion sur l'inintelligibilité de l'art contemporain qui nie toute transcendance à l'Homme.

On pourra aussi se reporter à la lecture de l'ouvrage qui est faite sur le site dédié à Schuon : http://www.frithjof-schuon.com/castes.htm

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