19 mai 2008
Grant Morrison parle
Auteur de comics, artiste protéiforme, magicien, Grant Morrison n'est pas mon auteur de comics préféré (loin de là, même), mais j'adore l'entendre causer de magie et des changements affectant le monde. Pour en savoir plus sur lui, voici sa fiche wikipedia et aussi son site officiel.
L'interview qui suit est en Anglais mais elle vaut vraiment le coup d'être lue dans son intégralité ; histoire de briser les frontières de la réalité.
Je donne sa source : http://www.arthurmag.com/magpie/?p=1644
04 mai 2008
Drapeau noir
Se demandant de plus en plus souvent à quoi sert un livre et à quoi bon en ouvrir un, l'auteur de ce blog, fatigué de ne pas trouver d'ouvrages qui soient attractifs, laisse temporairement ce blog au main du "drapeau noir". "La lecture est au seuil de la vie spirituelle ; elle peut nous y introduire : elle ne la constitue pas." - Marcel Proust
Il serait temps de vivre.
En attendant un retour prochain, je vous invite à consulter les archives de ce blog : il y a un forcément un ouvage qui vous intéressera.
02 mai 2008
Pourquoi je serais plutôt aristocrate de Wladimir Wolkoff
Wladimir Volkoff, spécialiste de la désinformation récemment décédé (on découvrira une vie bien remplie avec sa fiche Wikipedia) signe avec ce Pourquoi je serais plutôt aristocrate, l’essai faisant suite à Pourquoi je suis moyennement démocrate, livre légèrement provocateur.
Son présent ouvrage s’avère très agréable à lire. L’aristocrate, pour Wolkoff, ce n’est ni le noble, ni le nanti, mais celui qui fait bien les choses, accepte l’idée de compétition et d’émulation, a des exigences de politesse, tenue et noblesse de cœur vis-à-vis de lui-même.
Le livre, en tout cas, fait du bien à lire, rappelle quelques fondamentaux indispensables à tous rapports humains et souligne aussi l’importance de la concurrence qui est inévitable et que le démocrate tente d’étouffer, l’égalitarisme étant, comme Napoléon Ier l’a si justement compris, l’opium du peuple français.
Au final, on pourra aussi conseiller cet ouvrage à des adolescents : son langage clair et accessible le rend très simple à lire, d’autant que l’ouvrage est écrit gros et ne compte même pas 150 pages. Ce serait un bon moyen de lui rappeler quelques valeurs dites dépassées par nos élites culturelles mais qui sont des bouées auxquelles se raccrocher en cas de gros temps.
Editions du rocher, 14,90 euros.
06 janvier 2008
Un chagrin d'école de Daniel Pennac
Voilà un livre vraiment plaisant à lire, bien écrit et intelligent : Un chagrin d’école de Daniel Pennac permet à l’auteur de se replonger dans ses années cancre à l’école et de retracer son parcours (passer d’élève ignare à professeur des écoles puis romancier, ce n’est pas commun !).
Mais comment s’est-il sorti de ses difficultés scolaires, pourquoi les vivait-il, comment pensait-il alors et quels ont été les professeurs qui ont su l’aider à se révéler… ? Toutes ces questions cruciales sont aussi abordées. De plus, il fait part de ses expériences en tant qu’enseignant et propose de nombreux « trucs » destinés à aider les parents ou professeurs dont les enfants sont en situation d’échec scolaire.
Le grand plaisir de ce livre tient à l’immense amour que porte l’auteur à ses élèves et à tous les enfants en apprentissage, amour qui n’a d’égale que son refus de les considérer comme « finis » ou « incapables » car il reste toujours persuadé de leur valeur, valeur dont eux même sont trop souvent sûr d’en être dépourvus.
Il y a mille petits histoires charmantes à picorer par ci par là et surtout, une formidable dose d’optimisme : jamais un élève n’est irrémédiablement fichu, jamais un élève n’a rien dans le cerveau ou ne le fait exprès. Chacun peut s’en sortir à condition d’être aimé, aidé et soutenu selon une façon intelligente et pertinente.
Gallimard, 19 euros.
31 décembre 2007
Bilan de fin d'année
Et voilà l’heure du bilan de l’année écoulée. Pour la première fois, j’ai fait un suivi de tous les livres que j’ai lu au cours de l’année 2007 – ou presque ! Les résultats sont éloquents puisque j’ai dévoré 160 livres. Rien que ça… et encore, je n’ai pas compté ce que je lis dans le cadre de mon travail et certains magazines n’ont pas été répertoriés dans ce listing. Cela nous fait une belle moyenne de trois livres lus par semaine ! Je lis décidément trop. Mais je ne suis pas encore au niveau de François Mitterrand qui lisait jusqu’à cinq livres en sept jours. Une de mes bonnes résolutions de l’année 2008 sera de lire moins, de plus faire attention à mes choix, car il y a eu beaucoup de mauvais ouvrages qui me sont passés entre les mains, et de prendre le temps de trouver des livres de valeurs qui nourrissent l’âme.
En attendant un prochain bilan, voici la liste des pires ouvrages que j’ai lu cette année (cliquez sur le titr pour lire la chronique) :
Henri IV de François Bayrou (pas chroniqué !)
La chambre noire de Longwood de Jean-Philippe Kauffmann (pas chroniqué !)
L'Ame de Napoléon de Léon Bloy
Le Retour des cendres de l'empereur Napoléon du général Gourgaud
Les châtiments de Victor Hugo (pas chroniqué !)
Néron de Roger Caratini (pas chroniqué !)
Rimbaud : L'heure de la fuite d'Alain Borer
Saint-Just et la force des choses de A. Ollivier (pas chroniqué !)
Quant aux meilleurs, les voici (cliquez sur le titre pour lire la chronique) :
Pour lire Jacques Lacan de Philippe Julien
Magazine l’Histoire – La révolution française (non chroniqué !)
L'étrange cas du docteur Jekyll et de Mr Hyde de Robert-Louis Stevenson
Les fleurs du mal de Charles Baudelaire
Le roi soleil se lève aussi de Philippe Beaussant
Le dictionnaire des Anges de Gustave Davidson
Archives des Anges de Alix de Saint-André
Qu'est-ce qu'une vie réussie ? de Luc Ferry
Les Provinciales de Blaise Pascal
Le diable en tête de Bernard Henri Lévy
Dans ce lot de livre, je n’ai guère hésité quant au choix du meilleur livre de l’année. J’ai mis de côté les Evangiles qui sont hors catégories, étant des livres saints, et je me suis concentré sur le reste. Sans commune mesure, c’est Qu'est-ce qu'une vie réussie ? de Luc Ferry qui m’a le plus enthousiasmé. Passionnant, fascinant, tellement jouissif pour l’intellect et tellement riche en érudition tout en restant accessible, je dois dire que j’ai passé une semaine extraordinaire à le dévorer. Juste derrière, arrivent Pour lire Jacques Lacan de Philippe Julien et Le roi soleil se lève aussi de Philippe Beaussant, ouvrages d’une extraordinaire intelligence et érudition dont je ne saurais trop vous conseiller la lecture !
30 octobre 2007
Le temps de lire
Ce blog va, pendant quelques jours, rester silencieux. Il ne faut pas voir dans ce silence l’expression d’un éloignement de la chose imprimée, mais plutôt une astreinte à des livres qui prennent du temps.
Ainsi suis-je actuellement en pleine lecture de trois pavés :
The return of Superman – plus de 400 pages mettant le point final à la saga DC voyant Supes mourir, ses funérailles célébrées et sa résurrection concrétisée. Pour l’heure, je dirais que c’est redoutable malgré la naïveté de certaines scènes. L’idée de faire splitter Supes en quatre superman représentant chacun une facette de sa personnalité est excellente, et le mystère reste encore entier alors que je rentre dans le deuxième quart de l’œuvre.
Ensuite, je poursuis l’exégèse de la vie du Christ par Benoît XVI : tant qu’à choisir un commentateur, autant prendre le pape, il a le mérite de connaître son sujet. Hélas, son écriture est complexe, un peu trop technique, et les pages se tournent lentement. Comme il y en a là aussi près de 400, on ressent comme une grosse frustration, même si le jeu en vaut la chandelle. C’est LE LIVRE à lire pour tous les apprentis chrétiens, que vous soyez catholiques ou pas, vous y gagnerez quelque chose. L’image qui me vient en tête à la lecture est celle du Jésus de Michel-Ange : ce Jésus sans barbe, de lumière, bouleversant de beauté.
Enfin, on termine par les 600 pages et quelques de American Black Box de Maurice Dantec. Les 100 premières pages sont infectes mais par la suite, quand on pénètre plus avant sa pensée, on découvre des choses porteuses de sens. Néanmoins, il y a une telle haine à l'oeuvre et un style tellement médiocre, qu'on doit vraiment faire un effort pour s'intéresser à ses dires. Je sens que la chronique de celui là va être coton, tant réussir à restituer sa pensée, tout en la critiquant, sans en retirer de sa valeur me demandera un effort de pamphlétaire objectif.
Tout ça pour dire que le temps que je vienne à bout de ces trois bouquins, un peu d’eau va couler sous les ponts.
Amen.
29 octobre 2007
Adieu Thomas
Cher Thomas,
Vieux camarade.
Tant de bons souvenirs de nos éclats de rires lors de nos parties de jeu de rôle.
Tant de bons moments tellement tu étais séduisant, exaltant la vie de tout ton être.
Nous nous sommes perdus de vue. Ne nous revoyant qu’épisodiquement, lors de soirées. Mais les rires étaient toujours là. J’étais heureux de savoir que tu allais bien et sans doute réciproquement.
Malheureusement, d’autres en ont décidé autrement.
Puisses-tu reposer en paix au Ciel, en compagnie des Anges et des âmes pacifiées.
Puisses-tu sentir la lumière divine en toi.
Mes prières t’accompagnent.
A Dieu,
Menon
21 novembre 2006
Des citations hilarantes
Eclats de lectures
Quelques phrases glanées au hasard de récentes lectures. Juste pour ne pas oublier.
° Question d’un lycéen à son professeur après avoir visité un camp de concentration avec sa classe :” Et qu’est-ce qu’il fichait pendant ce temps-là, Charles de Gaulle Etoile ?” (dans Télérama)
° Cauchemar récurrent le plus atroce du doyen de la psychanalyse argentine Emilio Rodrigué :” Mourir en sens interdit et gêner la circulation” (in Séparations nécessaires, Payot)
° Jacques Lacarrière préfère parler d’un “livre-clé” car l’expression “livre-culte” sent trop la sacristie.
° “On obtient plus de choses en étant poli et armé qu’en étant juste poli” (un grand philosophe américain d’origine napolitaine, Al Capone)
° Beaumarchais à Mme de Godeville : “Si vous ne m’aimez plus, tant pis pour nous”.
° “On entend l’arbre qu’on abat, on n’entend pas la forêt qui pousse” (proverbe africain dénoncant le fait qu’on parle davantage du mal que du bien)
° “Dans tout autoportrait, il faudrait avoir l’élégance de se retirer” (Julio Cortazar)
° “Penser à tout est un manque de savoir-vivre” (Lawrence Sterne)
° Est-ce bien dans W que Georges Perec évoque l’Histoire avec une grande hache ?
° Journal de Kafka à la page du 2 août 1914 :“L’Allemagne a déclaré la guerre à la Russie. Après-midi : piscine”.
Source : http://passouline.blog.lemonde.fr/2005/01/24/2005_01_eclats_de_lectu/
17 octobre 2006
Le roi chez Sénèque
"Le premier précepte d’un roi, c’est de savoir supporter la haine" - Sénèque (philosophe et dramaturge)
11 octobre 2006
Pourquoi Redeker ? - Bernard-Henri Lévy répond aux Islamistes
Magistrale réponse de BHL suite à "l'affaire Redeker" : je souscris complètement à ce texte :
Plus tard, peut-être, je dirai ce que je pense, sur le fond, du texte de Robert Redeker paru dans Le Figaro du 19 septembre.
Pour l'heure, le principe est simple et doit être affirmé sans nuance.
On ne discute pas avec un homme à terre, on le relève.
On n'engage pas une dispute avec quelqu'un qui, à cause d'un article, se voit menacé de mort, traqué, stigmatisé - on lui tend la main, on le défend et, quand on est un gouvernement, on le protège, on protège sa famille, on le reloge.
Bref, je me moque de savoir si ce qu'a dit M. Redeker était stupide ou avisé ; je ne veux pas avoir à me demander s'il est bon ou mauvais professeur, apprécié ou non par ses collègues, aimé de ses élèves, bien noté ; je ne veux même pas me poser la question de ce qu'il avait en tête au moment de donner pour publication le texte incriminé ; M. Redeker, dès lors que ce texte lui vaut d'avoir sur la tête, au pays des droits de l'homme et de Voltaire, une sorte de fatwa, mérite un soutien total, indiscuté, sans bémol.
La liberté d'opinion ne s'arrête-t-elle pas, s'inquiètent certains, là où commence le respect de l'opinion d'autrui ? Non. Elle s'arrête - et c'est tout autre chose - là où commencent l'appel à la haine raciale ou, pis, l'appel au meurtre sur fond de haine raciale : l'islam n'étant pas une race mais une religion, il s'ensuit que le texte, même faux, même idiot, d'un professeur de philosophie vitupérant le Coran n'entre pas dans cette catégorie ; et y entrerait-il d'ailleurs, l'argument religieux serait-il le masque, en la circonstance, d'une stigmatisation raciste inavouée, que ce serait aux tribunaux, et aux tribunaux seuls, d'en juger.
Le professeur n'était-il pas, insiste son ministre de tutelle, Gilles de Robien, tenu par un devoir, sinon de réserve, du moins de « modération » ? Non plus. Car autant le professeur est en effet astreint, dans l'exercice même de son métier, dans l'enceinte de sa salle de classe, à un devoir de neutralité, autant le citoyen est, quand il s'exprime dans un journal, libre de son propos ; et croire ou feindre de croire le contraire, confondre les deux rôles et adresser au chroniqueur les remontrances que l'on serait éventuellement fondé à adresser à l'enseignant (et encore ! dans les formes et procédures requises ! certainement pas comme cela, en public, par médias interposés, et alors que le nom de l'intéressé est déjà jeté aux chiens !), voilà qui est, de la part d'un ministre de la République, une incompréhensible ânerie doublée d'une faute juridique, politique, morale, inexcusable.
Et quant à ceux qui, enfin, soutiennent Redeker mais du bout des lèvres, quant à ceux qui ne le défendent qu'après avoir pris la peine de dire l'antipathie qu'il leur inspire, quant à ces gens qui, au MRAP par exemple, osent parler de « provocation » qui « génère l'inacceptable » et renvoient ainsi dos à dos l'inacceptable « agression » islamophobe et l'inadmissible menace de mort des islamistes qui lui « répondent », quant à tous ceux qui, çà et là, insinuent que si, ce qu'à Dieu ne plaise, ce « plumitif nauséabond » venait à subir le sort d'un Theo van Gogh à Amsterdam et était « puni » pour son « blasphème », il n'aurait que ce qu'il a cherché et serait la vraie cause du geste qui le tuerait - ceux-là, donc, c'est peu de dire qu'ils donnent la nausée : ils prennent le risque, et de justifier le crime, et d'affaiblir la République.
Car nous n'avons d'autre choix, au point où nous en sommes, que de défendre inconditionnellement le chroniqueur du Figaro, par ailleurs membre du comité de rédaction des Temps modernes.
Le contenu de son article, son caractère possiblement polémique ou injurieux, n'a, je le répète, strictement plus rien à faire dans un débat où ce qui est en cause, c'est, outre la vie d'un homme, ce principe de laïcité conquis de haute lutte, au fil des siècles, contre les abus de pouvoir, l'intolérance, d'autres Eglises.
Et il faut être conscient de ce que la moindre faiblesse dans ce débat, la moindre réserve orale ou même mentale quant à l'imprescriptible droit, pour chacun, de penser et imprimer ce que bon lui semble sur les religions et sur le reste, le moindre « malaise » concédé, la moindre « admonestation » ministérielle ou autre, la moindre indication suggérant qu'il y aurait des « limites » à ne pas franchir dans l'exercice de la libre pensée et qu'elles auraient, en l'espèce, été franchies serait un terrible cadeau fait à l'adversaire au milieu de la grande bataille en cours : comme dans l'affaire des caricatures ; comme au moment du tollé planétaire qui suivit le discours de Benoît XVI à Ratisbonne et le contraignit à des excuses ; comme avec la déprogrammation, la semaine dernière, à Berlin, d'un opéra de Mozart critiquant toutes les religions mais supposé, on ne sait pourquoi, offenser en particulier les musulmans...
Quand je dis « l'adversaire », j'entends (faut-il le préciser ?) non l'islam mais l'islamisme.
Quand je dis « la bataille en cours », je pense (faut-il, une fois de plus, le répéter ?) à la bataille que se livrent, en islam même, les partisans de la paix et de la guerre, de la démocratie et de la tyrannie - les héritiers de la haute civilisation musulmane et les prétendus théologiens qui tentent de s'approprier le Coran pour en faire un instrument de haine et de terreur.








