Le blog de Menon

Faussement intello et célébrant les comics : mon guide de lecture du super-héros américain.

03 mars 2008

Vaches de Frédéric Boyer

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Méditations poétiques sur les ruminantes ou bien projection sur les vaches de pensées mélancoliques dédiées aux Hommes ? Difficile de trancher et déterminer ce que Frédéric Boyer a vraiment voulu écrire ou dire.

Court recueil qui se lit en une petite demi heure, Vaches propose quelques courts paragraphes consacrés à nos amies qui font « meuh ». Elles charrient un certain regret : celui du lien social des roussettes et pâquerettes qui n’ont ni colère, ni ressentiment, ni envie en elles… de ces animaux au calme olympien, broutant sans sourciller, entourées d’insectes bruyants chassés de coups de queue.

Une apologie des vaches ? Ou bien une critique de l’Homme et de sa tentation violente, de sa pulsion de mort ? Finalement qu’importe. La poésie douce et tendre de Boyer dit très bien notre mal être. Il y a beaucoup de tristesse dans ces pages, mais elles ont le mérite de consoler.

POL, 10 euros.

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28 novembre 2007

Et toi mon cœur pourquoi bas-tu de Jean d'Ormesson

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J’ai relu avec un très grand plaisir Et toi mon cœur pourquoi bas-tu (sic) de Jean d’Ormesson. Cette anthologie de la poésie, très subjective, permet au célèbre académicien de nous régaler avec des pages de toutes beautés.

Le romancier a une solide culture et cite ici pratiquement tous les poèmes ou extraits de textes qu’il connaît par cœur. Ces derniers sont classés en été, printemps, automne, hiver, mouvement ascendant donc, et découpés selon des axes thématiques comme l’amour, la mort, la religion, le bonheur, la nature…

L’occasion de relire ou de découvrir du Victor Hugo (moins pontifiant que ce que l’on connaît de lui), du Baudelaire (pas ses meilleurs), du Verlaine (du bon), beaucoup de Ronsard, de Valéry, du Péguy et même des textes en prose mais à consonances poétiques avec des extraits de Chateaubriand, de Rousseau ou Voltaire, voire même une ligne de la Fontaine ou une exclamation de Bossuet sans oublier de longs extraits du théâtre de Racine et Corneille.

Idéal pour s’initier à la poésie, très facile d’accès, Et toi mon cœur pourquoi bas-tu propose des paroles enchanteresses, magnifiques, touchantes, émouvantes qui donnent une très belle idée de la poésie et nous font espérer un nouveau recueil compilé par les mains expertes de Jean d’Ormesson.

Gallimard, 7,50 euros.

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05 juillet 2007

Rimbaud : L'heure de la fuite d'Alain Borer

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Cet ouvrage de la collection Gallimard Découvertes n’a que peu d’intérêt : refusant d’adopter un point de vue historique sur Arthur Rimbaud, Alain Borer – romancier et poète – tombe dans l’essai élitiste et orgueilleux.

Aucune chronologie, donc, pour nous parler du parcours d’Arthur. Aucune réflexion de forme sur son style ou même de fond, mais plutôt, des réflexions oiseuses, éclatées, où Alain Borer ne fait que répéter que Rimbaud est un grand poète et que ceux ne l’aimant pas ne sont que des imbéciles ou des méchants.

Forcément, ça ne vole pas très haut…

Gallimard, 13,50 euros.

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04 juillet 2007

Poésies - Une saison en enfer - Illuminations d'Arthur Rimbaud

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Il y a, dans les poésies d’Arthur Rimbaud, ses premières, celles ouvrant ce recueil, un indéfinissable génie qui se manifeste à travers des images fortes, puissantes, hantées presque. Là où un Baudelaire convoque des sensations et des impressions, Rimbaud a le sens de la vérité, celle qui se trace au cœur et se lie à l’esprit.

Pour autant, au fur et à mesure du parcours personnel de l’auteur, sa prose se fait de plus en plus inquiète, inquiétante, déstructurée, improvisée. Et au fur et à mesure que se délite le rythme de ses vers, quelque chose d’autre se fait jour qui ne me parle pas, ne me ressemble pas, ne me réconforte pas.

Ainsi, à partir de 1870, les poésies de Rimbaud sont d’un autre, un « voleur de feu », un « voyant » qui regarde et entend le son de délires auxquels ma propre sensibilité m’interdise de participer. Ce travail d’écriture culmine dans Une saisons en enfer et Illuminations, incompréhensibles selon moi, absurde, suite de mots mis en relations et qui ne se connaissent pourtant pas.

Gallimard, 3,50 euros.

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23 juin 2007

Le Spleen de paris de Charles Baudelaire

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Dans ces promenades, guères parisiennes au demeurant, mais urbaines certainement, Charles, Baudelaire du nom, hume un air pas si beau que cela, celui des Hommes et de leurs tristesses affligeantes, leurs romances tristes et malheureuses, leurs dégoûts de l’être, leurs petitesses de souffrance.

Dans ce Spleen de Paris – musicalité des phrases affirmée par l’auteur ; pourtant il ne s’agit pas de poésies mais plutôt de récréations mélancoliques, de petites histoires sans lendemain, cruelles ou cyniques, ironiques et bourgeoises.

Elles annoncent quelque chose du temps à venir. De Nietzsche, de Sartre et des philosophes du désespoir. Pour autant sont-elles à désespérer ? Par moment, en effet, leurs cynismes a quelque chose d’assourdissant, faisant résonner en notre âme une plainte ténébreuse. Mais aux autres, aux esprits sans inquiétudes, aux êtres de peu, elles seront sans doute ennuyeuses. Il faut savoir se laisser choquer pour avoir une chance d’être interpellé par elles.

Librio, 2 euros.

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21 juin 2007

Les fleurs du mal de Charles Baudelaire

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Peintures pleines d’effluves malodorantes, d’orgies trop tardivement terminées. Femmes en plâtres, battues par une mauvaise fortune suicidaire. Messieurs esseulés que la vie a trop gâté et dont le palais est devenu comme de pierre. Et fleurs. Fleurs du mal. Femmes en nage, épines aux vents, peaux parfumées et voix traînante.

Il y a, dans ce recueil de poésies de violentes immondices qui tachent l’âme, des rêves horribles et infatigables, des langueurs sensuelles et raffinées qui font au corps des larmes pour se réchauffer.

Ma foi, personne n’écrit comme Charles Baudelaire et il faudrait se taire et le laisser parler : la vie dépitée d’elle-même s’y raconte sinistrement et le rire et les larmes des enfants, nos souvenirs déchus, sont comme des blessures que l’on gratte jusqu’au sang.

Librio, 2 euros.

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24 août 2006

Réversibilité de Charles Baudelaire

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Je dédie ce très beau poème de Charles Baudelaire auquel je ne comprends pas grand chose, mais qui m'enchante, à celle que j'aime :

    Ange plein de gaieté, connaissez-vous l'angoisse,
    La honte, les remords, les sanglots, les ennuis,
    Et les vagues terreurs de ces affreuses nuits
    Qui compriment le cœur comme un papier qu'on froisse ?
    Ange plein de gaieté, connaissez-vous l'angoisse ?
   
    Ange plein de bonté, connaissez-vous la haine,
    Les poings crispés dans l'ombre et les larmes de fiel,
    Quand la Vengeance bat son infernal rappel,
    Et de nos facultés se fait le capitaine ?
    Ange plein de bonté, connaissez-vous la haine ?
   
    Ange plein de santé, connaissez-vous les Fièvres,
    Qui, le long des grands murs de l'hospice blafard,
    Comme des exilés, s'en vont d'un pied traînard,
    Cherchant le soleil rare et remuant les lèvres ?
    Ange plein de santé, connaissez-vous les Fièvres ?
   
    Ange plein de beauté, connaissez-vous les rides,
    Et la peur de vieillir, et ce hideux tourment
    De lire la secrète horreur du dévouement
    Dans des yeux où longtemps burent nos yeux avides ?
    Ange plein de beauté, connaissez-vous les rides ?
   
    Ange plein de bonheur, de joie et de lumières,
    David mourant aurait demandé la santé
    Aux émanations de ton corps enchanté ;
    Mais de toi je n'implore, ange, que tes prières,
    Ange plein de bonheur, de joie et de lumières !

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14 avril 2006

Illumination(s)

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Illumination(s)

Parler – parlez moi… Par l’émoi que je ressens,

Moi, je dévie de la route.

Je suis la fleur sur le chemin… là je suis abandonnée,

Mes pétales sont des étales pour le corps de la colombe.

Je suis une prune mure et juteuse à la robe sombre.

Encore la route qui me dévie de moi.

Et pas à pas je m’éloigne de la Terre – cette mère

Dont j’abhorre l’odeur chaste et plénière ;

Je suis la pluie qui sourit au corbeau dont les plumes s’ébrouent.

Ma reine, mon océan de sable,

Ma limite de vision, mon récif de corail…

Planté en terre comme le coquelicot,

Les jambes en racines dans le vide noir,

Votre couronne me fait comme une écharde.

Coule, coule les cendres rouges du bétail.

Sur la lune nue de l’aurore et de votre rivage :

Le climat fabuleux de l’Arabie et ses peintures douces et pales,

Les rires sans sons, les cris aigres de nos tétons dressés :

Crème ! Coule à mille litres par la fente d’un rêve.

Encore la bataille perdue entre le souffle des poissons et la barbarie des chevaux.

Ma crinière ! Ma violente !! Souffle et tempête comme le volcan du nord…

Où es-tu ma Chine ténébreuse, mon Orient de misère ?

Où vis-tu ma blonde capiteuse, mon odorante sensuelle tigresse ?

Sur le récif, le bois du nord, fais comme une tache.

Je me recueille sur le prie Dieu de ton ventre, mon unique attache.

La longue logorrhée de la vérité se tait dans un souffle sans bruit.

Comme ce cris dévie lui aussi de sa route !

Faisant aux roses de longues griffures infinies qui raillent leur silence.

Attends moi, je suis mort de peur ;

Je me dévide comme le poisson mort.

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