05 novembre 2009
Robe de bassesse
Assoiffé de vous
je meurs d'amour
de trop désirer
la caresse de vos baisers.
Dépeuplé – je suis tel une montagne
privé de sa rivière qui
la traversant par son revers
lui offrait la boisson du soupir
et la fraicheur du devenir.
Mon âme, tu as prié dans un désert
vide de victuailles et de vin frais
tu as hurlé la nuit dans les combles
regrettant le temps de ta folie.
Puis tu es venue, enchanteresse
ta robe couverte de mille bassesses
qui rendait ton sourire éclatant
et ta bouche avide comme un Satan.
Merveille.
Mon âme dépecée ; je suis lavé ;
tu m'as tout pris et ainsi me voilà riche
d'une histoire qui n'appartient qu'à moi.
01 novembre 2009
Mort ou vivant ?
L’or
Dans tes cheveux
Ce bouquet de lumière ;
Pourrais-je le cueillir ?
Mort
Mon âme et mon sang
Toute ma vie
En dehors.
Je suis blême.
De ces frayeurs de la nuit.
De ces terribles insomnies qui vous laissent
Et vous délaissent
Languissant et amoindri
Pitié de la peau refusée par son lit.
J’entends le temps qui s’en va
Et je mens quand la vie me dévoile
La vérité.
Je ne suis pas une brute, pas un pêcheur
Mais un mort à qui on a donné l’existence
Comme on impose à d’autre une sentence.
24 octobre 2009
Oh Dieu !
Oh mon Dieu pardonnez moi
Oh mon Dieu guidez-moi
Regardez comme je suis bouleversé
Comme mon âme a du mal à se relever
Je me sens coupable de vivre
Je me sens coupable à l'idée de mourir
Passant ma vie à expier
une faute que personne ne m'a reprochée
Pourquoi faut-il que j'endure
des épreuves faisant couler un sang rouge comme la mûre ?
Pourquoi me repousser
alors que mon être voudrait s'embraser ?
Pourquoi me repousser
alors que je voudrais de vous être aimé ?
Ne vous soucieriez-vous que des âmes blessées
sur lesquelles votre bouche pourrait se poser ?
Faudrait-il que je sois comme une plaie saignante
pour que vos lèvres sur elle se fassent caressantes ?
Ne pourrions-nous pas nous parler
ensemble comme deux être civilisés ?
Faut-il vraiment que je perde mon être
pour que dans la nuit froide vous me fassiez renaître ?
Oui. Plaise à Dieu que je devienne son ami
et qu'il ne fixe à cette amitié qu'un prix dont je puisse m'acquitter.
23 octobre 2009
Larme
Décompte des jours de souffrance :
une éternité ;
décompte des jours de passions :
une infirmité.
Plait-il à Dieu que le temps soit incertain
et que mon coeur devienne une catin ;
aucun vice ne me fais plus envie,
je regarde la Terre et je me sens tomber.
Mon coeur : cavité où médite l'Ange
entre et ne déchausse pas tes pieds
ce lieu n'est pas sacré
il n'y a rien ici à sauver ou à prier.
Écriture de fleurs et de larmes ; ma vie.
Envie de la recouvrir de sable un samedi.
Mon âme ressemble à ces écussons sans motifs
ces rivières sans ifs.
Plaise à Dieu que je soi purifié
et que ma chair devienne ferme ;
aucune vertu ne me serait étrangère,
je regarderais la Ciel et je me sentirais voler.
22 octobre 2009
Si tard...
Si tard
tardif poésie
que nul autre n'entrevit
que toi.
Si tard
mes mots déposés
à tes pieds allongés
pour toi.
Si tard
comme un parfum oublié
des clochettes au son étouffé
comme moi.
Si tard
fatigue du vent et de la pluie
pays sans sel et sans vie
comme notre foi.
14 octobre 2009
L'ésotérisme des troubadours par Bruno Hapel
L'Esotérisme des troubadours est un extraordinaire ouvrage en cela qu'il m'a permis de découvrir la poésie médiévale du XIè au XIIIè siècle composée par Guillaume de Poitier, Raimbaut d'Orange ou Guido Guinizelli.
Les poésies sont proposées en Langue d'oc et Italien et merveilleusement adaptées en Français. Bruno Hapel se fend d'une introduction et de commentaires qui ouvre au sens ésotérique des poèmes mais on peut regretter un style confus et même quelques fautes de Français.
Néanmoins, ce petit ouvrage (à peine 100 pages, écrit gros avec des poésies bilingues) est une merveille qui m'a ouvert à un continent littéraire que j'ignorais et qui m'a remué. Je vous invite vivement à lire à haute voix ces textes : ils sont comme de la miel dans la bouche et vous ouvriront le coeur.
05 octobre 2009
Chair
Dans les plaines du Liban
sur les collines de Sion
dans la chaleur de l'Egypte
sur les rivières du Gange
je rêve de toi...
Ton ombre portée en mon âme, incarnée,
tu ne cesses de me faire rêver et trépasser
de plaisir, de frémir de me languir
de toi, l'odeur de ta peau, la chaleur de ton être, le regard au-delà de ton paraître.
Parlêtre. Tout ton rivage raconte une histoire. Somptueuse et poétique.
Poésie.
Autre mot pour te désigner
car le chant de l'Un est le mystère de la femme que tu es.
Je suis un voyou qui chante.
Rien ne vient entamer ma cruelle bacchante,
à l'exception de ta présence.
Aussitôt que tu apparais,
mon coeur se met à trembler,
la violence quitte mon âme
mon être s'apaise
le monde me paraît vivant, plein de possibilités
je suis enivré de toi
mais je ne perds jamais mon être
je suis tout moi à tout toi.
Emmène moi
fais moi découvrir le regard de la sirène
entendre le chant du cygne
goûter la caresse du chat
goûter le suc de la goyave.
Laisse moi voyager sur ton corps sans carte ni boussole
mu uniquement par le souffle court et la béatitude de ta chair.
Chair du monde et de la vie.
Chair qui enivre.
Chair qui vivifie.
Chair qui me strangule de bonheur,
m'enthousiasme de désir.
Chair que je veux à jamais baiser.
22 septembre 2009
Cain
Nul ne prie quand il joie à la vie sa verve
mais quand de vie(vre) s'abat dessus, sur moi, sur toi
qui deux nous sera le seul à croire en Minerve
erreur ! Compte donc les récits des émois ;
vois : blessés nous avons étés des bêtes
mais le cri, le cri ! Nous ne savons plus parler
jure moi que je suis homme ; jure toi que je suis toi
Homme et Femme il les créa ; cetera
Dieu ! Dieu ! Dieu ! Voit le s'incarner
son Verbe à la chair se lier
ses mots dans le sang couler
son vocabulaire dans la carnation s'imprimer
son chant de vie et de mort en sa gorge se mêler
a-t-on vu plus belle création ?
Comme tout fut pensé pour Lui.
Depuis toujours, toujours !
Non, nous ne serons pas des loups pour les loups
mais des anges de beauté
non ne pourront chuter car en nous sont verbe sera doux
nous serons sauvés
jamais ! Tu entends, jamais ! Nous n'irons plus dans le néant
vie de Cain et moi, moi donc, je suis blessé, de sa marque sur le front
mais maintenant me voilà sauvé.
14 septembre 2009
Hymne à la fraternité de St Paul
Dans sa belle traduction de Sébastien Castellion (1555) :
1 Corinthiens 13
1 Si je parlais langages et d'hommes et d'anges et que je n'eusse amour, je ne serai qu'airain qui sonne ou une cloche qui tinte.
2 Et si j'étais si grand prophète que je susse tous les secrets et sciences et si j'avais toute la foi qui peut être jusqu'à transmuer les montagnes et que je n'eusse amour, je ne serais rien.
3 Et si je dépendais tous mes biens en aumônes et livrais mon corps pour être brûlé, et que je n'eusse amour, je ne profiterais rien.
4 Amour est patiente et débonnaire ; amour n'a point envie ; elle n'est point légère ; elle ne s'enfle point ;
5 elle ne se porte point vilainement ; elle ne cherche point son profit ; elle ne pense point à mal ;
6 elle ne prend point plaisir à injustice, ains prend plaisir à vérité ;
7 elle souffre tout, croit tout, espère tout, endure tout,
8 amour jamais ne défaut. Et les prophéties seront anéanties; et les langues cesseront ; et la science sera anéantie.
13 septembre 2009
A coeur d'âne
Tu as retiré la peau de mon corps
dévoilant la nudité de mon âme
tu as fait de mon cœur un trophée
suspendu au cou d'un âne.
Que je suis bête d'avoir marché dans tes pas ;
que j'ai eu tort de respirer le sel de la mer
moi qui ne chantais pas tard le soir.
Je suis, de toi, épuisé.
Encore un rire. Encore un rire. Puis oublier.
Mon pêché n'arrive pas à la rive, je suis pardonné.
C'est ainsi que naissent les hommes ivres :
tout petit, à la montagne, suspendus.
L'âne se moque de mon pauvre cœur.
Sanglant il s'offre aux vautours.
Sanglant il pleure mes larmes de sang.
Je suis un cadavre trainé dans le désert.










