03 octobre 2009
Théorie générale de la religion : Ou Théorie positive de l'unité humaine de Auguste Comte
Fou, Auguste Comte le serait, à en croire les commentaire de ce petit ouvrage. Fou, en tout cas, on peut le soupçonner face au style abrupt, délirant, en strates complexes et ininterrompues comme si la pensée de Comte se déversait dans l'écume d'une mer perplexe face aux rochers sur lesquels elle s'écrasait.
L'idée de ce court essai est pourtant simple : la Religion est la base naturelle qui assure la cohésion de l'Humanité. Mais, dorénavant que l'on sait que le Ciel est vide, il consiste à refonder la religion sur un principe sociologique et biologisant.
C'est une idée folle, démente et traversée de fulgurances. Car Comte a compris énormément de choses : il reprend l'idée que l'Amour, la Foi et le Dogme sont intrinsèquement liés. Il comprend que le Culte assure l'harmonie des trois, il perçoit l'idée d'immuabilité du Monde en même temps qu'une perpétuelle novation de la Chose. Il détermine l'existence d'un grand ordonnateur à la façon des Maçons mais il mélange au final tout cela pour mettre l'Homme au centre de son dispositif, persuadé qu'il est que l'être humain peut devenir le but et les moyens de l'Amour et de la Cohésion.
C'était le temps du Positivisme. C'était le XIXe siècle de Napoléon III, d'une fécondité magistrale à tous les niveaux. C'est l'époque où l'on croit que la Science va conduire l'Homme au pinacle du monde, abolir les différences, rassembler les Hommes et faire de l'Humanité l'Un. C'est l'époque de la Mort de Dieu, du scientisme, du racisme biologique, de la Haine de l'Autre, du complexe de supériorité de l'Europe et des dégâts irréversibles que causeront le colonialisme.
Autant de raisons donnant raison à celui qui fera l'effort de lire la prose d'un homme fou. Fou comme son projet et son siècle.
29 septembre 2009
Nietzsche à Nice de Patrick Mauriès
Dans ce court récit, Patrick Mauriès s'intéresse à une rencontre inaboutie – l'Histoire s'avère parfois ironique : Nietzsche a séjourné à Nice, ville dont il s'éprit. Y habita dans les mêmes périodes un jeune philosophe prometteur fauché par la mort, Jean-Marie Guyau. Se rencontrèrent-ils ? Toujours est-il que Nietzsche le lu, l'annota et que, surprise ! Guyau l'inspira au point où on peut se demander si Nietzsche ne le copia simplement pas !
Cette confrontation philosophique se double d'un récit des pérégrinations niçoises de Nietzsche et c'est un plaisir de suivre ce récit alerte et tendre sous la plume de Mauriès dont le style, tout en discrétion, sait s'effacer pour laisser parler des odeurs, images et sensations. Émouvant.
26 septembre 2009
Rester vivant et autres textes de Michel Houellebecq
Question : comment être
une peau de vache avec un écrivain ?
Réponse: en écrivant :
« Heureusement que ce livre de Houellebecq ne coute que 2
euros ! »
Oh, bien sûr, il y a un cynisme, un humour noir et une lucidité de regard sur la société qui font de ce court essai un pamphlet qui n'est pas sans valeur. Mais que tout cela est vain ! C'est surtout cela le plus grave : quand un écrivain prend la plume, il le fait pour communiquer – logos en Grec – transmettre une information qui soit pertinente.
Or, ici, Houellebecq ne nous manque pas une fois l'ouvrage refermé. Cela sent le méchant homme. C'est idéal pour lire dans le train et s'éviter de paraître trop idiot avec un magazine bon marché ou le dernier auteur grand public à la mode.
Mais quoi ? si la méthode pour devenir un poète maudit est des plus savoureuses, que penser de l'exploration du minitel rose ? Sans grand intérêt, non ? Si la partie consacré à l'architecture est soignée, celle sur les voyages en club est nulle. Enfin, il y a quelques éclairs mais si brefs qu'on croit les avoir rêver.
Mais, au risque de me parjurer, je signe quand même pour : Houellebecq est un auteur courageux et s'il ne s'avère pas toujours remarquable, il a au moins le mérite de penser. Là où un Sollers s'auto-célèbre, Houellebecq s'amuse à se dénigrer : c'est plus charmant.
21 septembre 2009
Crépuscule des idoles, ou, Comment philosopher à coups de marteau de Friedrich Nietzsche
Avec Sade, Nietzsche est sans doute l'auteur le plus ignoble qui ait écrit. Encensé par des cohortes de philosophes qui font mine d'ignorer ce qu'il a réellement écrit, cet ignoble psychologue (ainsi se définit-il) nous assène d'insoutenables déjections déclamatives qui sont une insulte à la dignité humaine.
Tout homme qui aime Dieu, tout homme pour qui il existe une morale, une justice, le Bien et le Mal ne peut pas être Nietzschéen. Il y a un tel concentré de méchanceté, de violence et de haine dans ce livre qu'on ne se demande plus où et comment Maurice G. Dantec a appris à penser.
A vomir.
25 août 2009
Cabaret mystique d'Alexandro Jodorowsky
Qu’est-ce ce qui fonde l’essence de l’être ? le dieu intérieur, répond Alexandro Jodorowsky. Ce dieu intérieur doit être nourri et germé en nous à la suite d’une longue et difficile ascèse qui peut être facilitée par la lecture et la compréhension des blagues : il s’agit de se sauver par une spiritualité laïque, sans Dieu, dans laquelle tout peut faire office de texte sacré – y compris donc la blague, sujet de l’ouvrage – et donc de marche pied pour s’élever intérieurement.
Voilà : le premier mauvais livre de Jodorowsky. Ce grand maître spirituel signe un livre sans plan, sans cohérence, où il tente maladroitement de raconter un parcours qui n’est pas résumable, ni même explicable par les mots. Confronté à la même ineffable difficulté qu’un Miyamoto Musashi dans le Traité des cinq roues, Jodorowsky ne faire pas preuve d’humilité comme le maître de sabre et tente de jouer le rôle de gourou, rôle qui lui va très mal, et finit par tomber par moment au niveau de Psychologie magazine.
Il faudra de nombreuses lectures et un très solide travail personnel pour réussir à tirer un plan cohérent de cette masse de blagues analysées à la lumière de la spiritualité (mais laquelle ?).
Et puis enfin ! croire qu’on peut faire naître le Royaume des Cieux sans Dieu, c’est comme de vouloir atteindre l’illumination sans Bouddha. Péché d’orgueil que tout cela.
14 mars 2009
Le bonheur désespérément d'André Comte-Sponville
Conférence tenue dans un Café-philo par André Comte-Sponville, Le bonheur désespérément constitue un bon moyen de réviser ses classiques. Comte-Sponville s’impose comme un excellent pédagogue, clair et accessible.
Sa conférence s’intéresse à la quête
du bonheur et aux raisons qui nous rendent malheureux. On y trouve un éloge du
désespoir, de l’amour et de l’action : des notions complexes rendues
accessibles au plus grand nombre. Une bonne pioche.
11 mars 2009
Le discours de la méthode de René Descartes
Chez Descartes, l’orgueil le dispute
à une langue foisonnante d’un baroque enflammé. Il ne s’agit que de philosopher
après avoir fait table rase de toutes les idées et pensées des maîtres – mais pas
d’exclure Dieu du raisonnement ! – pour produire une pensée neuve et
parfaite, scientifique, vérifiée et vérifiable, rationnelle et exigeante –
comme si la philosophie et le discours scientifique pouvaient avoir quelque
prétention à l’absolu et à l’exactitude.
Aujourd’hui, ce manifeste d’une
méthode de travail paraît incroyablement prétentieux. Pour autant, chaque chose
devant être remise dans son contexte, il importe de rendre à Descartes ce que
nous lui devons : un courage de la pensée, une exigence dans le
raisonnement, un souci de l’exactitude, une prudence dans la critique de la
religion, etc.
Pour finir, néanmoins, un dernier mot sur le style de Descartes : qui ose se plaindre des écrits de Jacques Lacan ne peut que vouer aux gémonies ceux de l’ami René. Notre philosophe scientifique écrit dans une langue chargée d’un luxe de taffetas, de liserés d’argent, de froufrous, de dentelles en cascade : c’est baroque comme du Bernin, obscur comme du Villon et soporifique comme un discours de politicien.
03 janvier 2008
Pensées pour moi-même de l'empereur Marc-Aurèle
On ne saurait trop conseiller à ceux voulant percer le sens précis des Pensées pour moi-même de Marc-Aurèle, de se plonger dans Qu'est-ce qu'une vie réussie ? de Luc Ferry qui étudie la philosophie stoïcienne (entre autres choses) dont il tire une analyse d'une grande rigueur et intelligence.
Pour les autres, nous rappellerons ici quelques informations importantes à garder en tête avant d'entamer la lecture de ce chef d'œuvre de la philosophie :
-premièrement, il ne faut jamais oublier que Marc-Aurèle n'écrit pas ses pensées pour un tiers, mais pour lui-même. Le lecteur aura donc tort de prendre le "tu" répété régulièrement comme la manifestation d'une attitude professorale de l'empereur qui voudrait former une jeune tête.
-corollaire de ce premier point, Marc-Aurèle écrit bel et bien pour lui. Ceci implique donc, et cela se confirme au vu de la répétition en boucle des mêmes termes, qu'il a bien du mal à se convaincre ! Ainsi, ces Pensées ne sont pas l'expression écrite d'un homme qui aurait atteint un état d'illumination intérieur, mais bien un rappel incessant d'un empereur qui devait lutter pour ne pas perdre de vue son propre enseignement.
-parfois, l'empereur parle des dieux et parfois de Dieu. Les dieux désignent les Jupiter, Minerve et Hades que les Grecs ont enfantés et les Romains adaptés à leur propre culture. Le Dieu désigne par contre le cosmos, l'expression même de la Nature, de l'ordre du Monde. Concrètement, un Chrétien peut considérer qu'il s'agit du même Dieu que le sien. Car oui, ce texte païen est en fait une formidable apologie chrétienne ! Marc-Aurèle et les stoïciens ont compris la Nature et le Monde comme étant un être divin et leur influence sur les chrétiens sera déterminante. Ainsi, ne vous étonnez pas des accents christiques de certains passages et de la sagesse très pieuse de l'ensemble.
Néanmoins, au-delà de ce point particulier, ces Pensées pour moi-même proposent une philosophie du renoncement au désir, de la suspension du jugement sur les autres et invite à une sérénité intérieur motivée par des critères de tranquillité, d'équité, de compassion, douceur et confiance en soi. Certains trouveront ce stoïcisme bien difficile à avaler tant il paraît impossible à tenir, contraignant et finalement irréalisable. Mais pourtant, c'est une vraie médecine de l'âme que propose Marc-Aurèle pour qui sait l'écouter : effacer toute trace de haine ou de ressentiment en soi pour accepter l'Autre tel qu'il est et affronter la vie sans amertume ni peu.
A noter que l'ouvrage est introduit par une vie de Marc-Aurèle très plaisante à lire qui donne à voir un homme mettant bien en scène son enseignement. La philosophie n'était pas une simple posture pour lui, mais bien une règle de vie. On regrettera toutefois une remarque antisémite en plein cœur du texte qui ne fait pas honneur à l'éditeur et à l'auteur de l'introduction.
Flammarion, 3,80 euros.
15 septembre 2007
Fragments posthumes sur l'Eternel Retour de Friedrich Nietzsche
C’est à la suite de la lecture des commentaires de Luc Ferry sur Friedrich Nietzsche (dans Qu’est-ce qu’une vie réussie ?) qu’il m’est venu l’envie de revenir à Nietzsche et surtout à cet Eternel Retour, point pseudo-mystique de la philosophie du penseur fou. Moi qui détestait Nietzsche et le vouait aux gémonies, si l’on m’avait dit qu’un jour je serais conquis par sa pensée, j’en aurais bien ri. Mais Ferry a su tellement bien traversé les brisures de ses écrits pour en tirer une parole centrale que j’en ai été retourné.
Comme l’explique le descendant du grand Jules, Nietzsche a donné naissance à une philosophie de la vitalité, de la libération des instincts, de la joie, qui est totalement opposé à toute forme de nihilisme, c'est-à-dire de transcendance – comprendre par là que rien n’est plus important que la Vie, aucune cause ne mérite que l’on se batte ou meure pour elle, qu’il n’y a rien qui fasse sens dans le monde, que tout est pur continence, pur hasard et que, d’ailleurs, la volonté n’existe pas, pas plus que le libre arbitre et que la seule bonne vie qui fusse soit celle intense, celle dans laquelle nous sommes prêt à concevoir un mouvement cyclique du Temps, à accepter qu’à jamais, une éternité même, nous revivions ce moment. Ainsi est l’Eternel Retour, qui n’a rien de religieux dans le propos, même si Nietzsche n’a pas su éviter de parler de ce concept de nouvelle religion.
Dans ce petit recueil qu’est Fragments posthumes sur l’Eternel Retour, dense à lire, les éditions Allia ont réunis l’ensemble des fragments du maître ayant traits à cette doctrine. On ne vous mentira pas : lire Nietzsche demande une grande concentration, une culture et un esprit solide et surtout, d’avoir lu une introduction à l’œuvre sans quoi il est im-po-ssi-ble de comprendre quoi que ce soit à Nietzsche.
Ici, le penseur allemand révèle l’instant tragique de l’Eternel Retour, couronnement de la Volonté de puissance : le nihilisme est en train de perdre le Monde ; en cela que les idées communistes contiennent en elles le germe de la folie, l’idée d’égalité entre les Hommes étant impossibles ; quant au Christianisme, après avoir bâti une civilisation d’une grande puissance, et donné naissance à des quasi surhommes (comme Napoléon), voilà que sa Volonté de puissance s’effondre et que toute la masse de force qu’elle a concentré s’étiole : dire que Nietzsche et seul contre tous, en plein positivisme, avait compris le désenchantement du monde causé par la science aidant, et que notre culture allait s’effondrer ! : l’Eternel Retour permet de sortir de cette impasse nihiliste en instaurant une idée d’une grande simplicité et d’une grande pureté. « Toi, semble dire Nietzsche au lecteur, es-tu prêt à revivre éternellement le même moment ? » Voilà la façon habile qu’il a imaginé pour sortir du nihilisme. Il s’agit d’accepter l’idée que le monde est composé de Forces, tout comme l’individu mû par sa Volonté de Puissance, cet Instinct de Vie : l’Eternel Retour se pose comme le moment où le silence se fait, comme si l’on pouvait figer le temps autour de soi et où se concentre une incroyable quantité de puissance.
Mais Nietzsche va plus loin car il estime qu’éternellement, le monde recrée les même conditions propices aux actions et donc, mieux vaut que l’Homme ne s’inquiète pas de la fatalité ou des contingences : la causalité n’existe pas, le hasard est tout : l’Homme n’a aucun moyen d’action sur le Monde l’entourant autre que lui-même. Attention ! Pour Nietzsche, il ne s’agit pas de la répétition des mêmes événements (ce qui impliquerait un fatalisme complet puisque quoi que fasse l’Homme, les choses ne pourraient évoluer), mais du même type d’événement, ce qui implique une toute autre posture, à savoir que l’Histoire se répète en apparence, mais pas dans son sens profond. Et l’Homme a donc le devoir de vivre le moment présent, le seul instant vrai et authentique, le « maintenant » sans tenir compte du passé ou de l’avenir, abstractions de l’esprit induites par une conception erronée du monde, ni se reposer sur la morale ou la religion, mensonges destinés à domestiquer ses instincts et son être.
Une langue complexe et difficile devra être décryptée par le lecteur qui ne pourra compter sur les notes de fin de volume, quasi incompréhensibles pour la plupart ! On apprécie par contre l’introduction et surtout la postface qui explicitent considérablement la lecture de fragments et d’aphorismes qui, à l’instar des éclairs, zèbrent le ciel de notre conscience pour nous révéler des instants de vérités tragiques.
Allia, 6,10 euros.
14 septembre 2007
Qu'est-ce qu'une vie réussie ? de Luc Ferry
Cet ouvrage de Luc Ferry, ancien ministre de l’éducation et philosophe à plein temps, a su me passionner comme rarement un ouvrage l’aura fait. En posant la question Qu’est-ce qu’une vie réussie ? Ferry entreprend un voyage dans les univers de la philosophie, partant de l’explosion matérialiste de Friedrich Nietzsche pour remonter au temps grec de Platon, des Epicuriens et Stoïciens avant d’interroger la révolution chrétienne puis le rapport de cette religion avec le platonisme et l’aristotélitisme avant de revenir à la réflexion sur la transcendance lors du passage du vieux monde à la renaissance et pour finir, par se demander ce qui peut caractériser la vie réussie des Hommes d’aujourd’hui.
Le moment le plus brillant du livre tient à sa présentation et ses commentaires sur la philosophie de Nietzsche : pour moi qui ait toujours connu une vision angoissante de la vie, découvrir un penseur prônant le refus du passé et de l’avenir, la libération des instincts et conseillant de jouir du moment présent m’a fasciné. Pour Nietzsche, le secret de la vie réussie tient au grand style, à son intensité, à l’exploration des émotions rencontrées et au mythe de l’Eternel Retour : à savoir, pourrait-on souhaiter, face à un événement, que ce dernier se répète à jamais. Si oui, alors on doit, au moment où il se déroule le vivre avec toute l’intensité dont on est capable sans crainte d’autre chose.
Puis, Ferry repart donc dans le passé en révélant la divinité du cosmos chez les Grecs et Romains, caractéristique sans cesse tue par les commentateurs de ces pensées, afin de ne pas trop choquer sans doute un auditoire à qui on fait prendre des vessies pour des couleuvres. Plus que jamais, on comprend pourquoi le psychanalyste Jacques-Alain Miller assimile le stoïcisme à une philosophie d’esclaves. Indispensable à lire pour comprendre que les grécos-romains louent le fatalisme et la soumission à un cosmos prétendument divinisé.
Puis, le moment chrétien jouit de longues analyses passionnantes, Ferry interrogeant la révolution induite par l’en-tête de l’Evagile de Jean dans la réflexion philosophique du monde greco-romain. Passionnant, tout comme ses explications sur la place qu’occupe alors la philosophie : une servante de la théologie et non plus un moyen de se sauver par soi-même : désormais, il faut remettre son destin entre les mains d’un autre, le Christ, et ne plus penser par soi-même.
En revenant au moment présent, Ferry se perd un peu dans des raisonnements répétitifs sur la notion de transcendance mais la pédagogie en sort vainqueur. Le moment nietzschéen sera finalement celui mis en avant par l’auteur comme essentiel à la vie réussie, mais doublé d’une réflexion plus personnelle sur l’intensité de l’existence à travers la multiplicité des expériences.
Au final, ce livre constitue un formidable et passionnant ouvrage de vulgarisation qui reste très lisible bien que les pensées abordées soient complexes et implique une bonne dose de concentration. En révélant les concepts philosophiques des uns et des autres, Ferry permet aussi de libérer notre regard de leurs écrits qui sont parfois l’arbre cachant la foret : à savoir qu’on ne peut pas tout connaître d’un auteur, on pioche dans un livre, on parcours un écrit et on pense comprendre sans se rendre compte que ce que l’on perçoit de lui ne fait pas unité. D’où la grande importance de ce genre d’ouvrages qui libère l’esprit d’a priori et de fausses idées pour offrir une solide introduction permettant, ensuite, de se lancer ensuite dans la lecture même des philosophes.
Grasset, 20 euros.










