Le blog de Menon

La Parole est ce qu'elle est : apocalyptique, elle dévoile.

08 septembre 2009

BHL - Une biographie de Philippe Cohen

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Albert Cohen, journaliste à Marianne et entre autre co-auteur de La face cachée du Monde, livre qui fit grand bruit, s'attaque à la figure de notre intellectuel le plus populaire de France, Bernard Henri Lévy. Alors, que vaut ce livre ? Il s'agit en effet d'une biographie sérieuse mais vide de toute passion.

Bon, BHL, le personnage, qu'en dire ? Affabulateur, pas ennuyé avec l'à peu près, coupable d'avoir inventé le concept de haine de la France avec son Idéologie française, incohérent avec lui-même, à la fois courtisan et prince et spectateur/acteur d'une histoire à laquelle il essaye de s'engager en jouant un rôle tragique faisant de lui un bouffon.

L'intérêt du livre est au moins là : démystifier et démontrer que BHL est un symptôme français, dangereux qui plus est, qui mérite tout le mépris qu'on lui porte. Mais voilà : ça marche, donc, mais au prix que le lecteur, en lisant l'ouvrage, se demande s'il a bien fait de dépenser son bon argent pour apprendre l'histoire d'un filou dont les activités ne s'arrêteront qu'avec sa mort.

 

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31 décembre 2007

Marie-Antoinette, journal d'une reine d'Evelyne Lever

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Si vous aimez le personnage de Marie-Antoinette, vous devriez être ravi à la lecture de son Journal. Un journal d’une reine imaginaire s’entend, la reine n’en n’ayant jamais tenu un. Toutefois, le livre ayant été écrit par Evelyne Lever, historienne spécialiste de la dernière reine de France, on évite les élucubrations romantiques et autres inventions de romanciers. De plus, Lever ayant édité l’intégralité de la correspondance de Marie-Antoinette, on imagine qu’elle connaît le style de cette Française venue d’Autriche.

On redécouvre ici le règne flamboyant à ses débuts puis crépusculaire par la force des choses d’une reine qui séduit aujourd’hui par sa fraîcheur, son innocence et sa naïveté. Le Journal commence avec la rencontre de Marie avec Louis XV et Louis XVI, et se termine au moment où les révolutionnaires forcent le palais des Tuileries, juste avant que la famille royale soit emmenée en captivité (quel dommage que le livre s’arrête là, car le personnage de Marie gagne encore plus en épaisseur par la suite, tout comme pour le roi)… Entre ces deux moments clés, on retrouve une jeune femme surprise par un mari peu empressé aux choses du sexe, qui rêve de calme et de tranquillité, qui déteste l’étiquette de la cour et cherche désespérément de quoi s’amuser et vivre heureuse, de quoi pouvoir se sentir comme une femme normale, aimée et désirée par un homme et choyée par sa famille.

D’une façon plus générale, cet ouvrage permettra aux chantres d’une histoire républicaine de connaître le point de vue opposé à celui des révolutionnaires et de sortir d’une vision caricaturale du pouvoir royale. Depuis en effet une bonne décennie, voire même plus, Marie-Antoinette et Louis XVI ont été réhabilités aux yeux de l’opinion publique. Il importe en effet que l’Histoire de France ne soit pas seulement la manifestation d’une doxa, mais qu’on remette les événements dans leur contexte.

Robert Laffont, 20 euros.

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11 août 2006

Jésus de Jacques Duquesne

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Après un Marie qui se lisait comme une enquête policière et un Dieu de Jésus très mal argumenté et incohérent, j’ai découvert Jésus de Jacques Duquesne, biographie consacrée à qui-vous-savez.

Première remarque : il s’agit d’un livre remarquable. Duquesne se fait très discret dans cet ouvrage. Ainsi, s’il remet en doute la virginité de Marie ou s’oppose à la vision d’un Dieu cruel envoyant son fils à l’abattoir (thèmes repris dans Marie et Le Dieu de Jésus), ses avis sur le Christ sont plutôt orthodoxes, d’autant qu’il cite beaucoup de sources chrétiennes validées par le Vatican. Le principal mérite de Duquesne est ici de faire revivre la Palestine de Jésus : ses explications historiques et économiques sont fort éclairantes : on comprend, en le lisant, que la Palestine est dans une situation difficile, que le chômage est très présent et les tensions régionales importantes. Ainsi, la Galilée, dont est originaire Jésus, est considéré comme une région de bouseux. La Samarie et ses Samaritains sont haïs par les Juifs qui, très attachés à leur pureté, sont retranchés dans une Jérusalem qui fait comme un sas de décontamination ; la présence de l’occupant romain inquiète et soulève des colères.

De plus, des groupes religieux autonomes comme les Esseniens ou les disciples de Jean le Baptiste sont aussi présents et remettent en cause, par leurs pratiques communautaires la prééminence du Temple.

Et là arrive Jésus : Duquesne axe son livre sur deux points : premièrement, étudier la chronologie de sa vie, en soulignant les contradictions des Evangiles ; s’attacher à déterminer ce qui, dans ses actes, relève du symbole, donc de l’histoire inventée, et des faits, ce qui peut être recoupé ou crédible – à ce petit jeu, le très bel Evangile de Jean ne s’en sort pas très bien ! ; enfin, il s’agit de révéler l’homme Jésus : sa mission, son attitude, et surtout comprendre en quoi il est scandaleux. Car, si Jésus a été envoyé à la mort par les responsables du Temple, avec l’accord de Ponce Pilate, c’est bien parce qu’il choquait : en se déclarant fils de Dieu, en pardonnant aux Hommes leurs pêchés, en se rapprochant des impurs, et en remettant en cause les rites pratiqués au Temple, Jésus a amené ses dirigeants à décider de sa mort comme seul moyen de conserver leur autorité ecclésiastique.

L’ouvrage se termine sur la liste des sources disponibles concernant le Christ : Talmud, lettre de Philon d’Alexandrie, écrits de Flavius Josèphe débarrassé de ses scories chrétiens, et propos de Tacite : aucun auteur n’a jamais remis en cause son existence. Ensuite, le Talmud de Babylone (eh oui, même le Talmud !) plus tardif, les Evangiles et les Apocryphes. Duquesne cite aussi les querelles d’historiens sur la validité des Evangiles et leurs dates d’écriture : passionnant, d’autant qu’il en donne une version condensée et très accessible.

En bref, un ouvrage de très bonne facture, quasiment indispensable aux lecteurs des Evangiles tant ce livre explique un contexte politico-économique et social permettant de mieux comprendre le message de Jésus.

J'ai Lu, 6,00 euros.

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