Le blog de Menon

Faussement intello et célébrant les comics : mon guide de lecture du super-héros américain.

05 mars 2008

Walk the line

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Grosse déception pour le film I walk the line : biopic consacré à l’histoire d’amour entre Johnny Cash et June Carter, ce qui aurait du être un film bouleversant sur la rédemption d’un homme décrochant de la drogue par amour et explosant comme chanteur de country ressemble à une petite comédie romantique pour ados bobos.

Tourné de manière académique sans l’ombre d’une idée un tant soi peu original, le film déçoit par la décevante prestation de Joaquin Phoenix qui a l’air de ne pas savoir ce qu’il fait là. Regardez un peu ses yeux morts ! Mais bon sang, il ne se passe rien chez ce type ! Reese Witherspoon est bien meilleure et franchement excellente par moment, mais de là à décrocher l’Oscar de la meilleure actrice… le niveau est tombé bien bas.

Mieux vaut écouter les chansons du Man in black plutôt que de perdre votre argent devant ce long métrage franchement trop long (130 min).

20th Century Fox Home Entertainment, 5,99 euros sur Amazon.

Posté par Menon à 18:48 - Cinéma - Commentaires [1] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

03 mai 2007

Monsieur Klein de Joseph Losey

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Monsieur Klein conte l’histoire d’un homme qui, pendant l’occupation de la France par l’Allemagne, profite du désarroi des familles juives forcées de fuir pour racheter leurs biens à petit prix. En raccompagnant un client à sa porte au début du film, il découvre un journal juif d’information posé sur son pallier : s’en étonnant, il ne tarde pas à découvrir qu’il porte le même nom qu’un homme juif mystérieux. Fasciné par ce double ne cessant de le rattraper, monsieur Klein tente de le rencontrer pour savoir pourquoi ce dernier le harcèle.

Ce film récompensé par de nombreux prix lors de sa sortie met la lumière sur la période noire de la France, l’occupation. Son scénario, à l’ambiance kafkaïenne, repose sur un sentiment d’étrangeté et de fascination muette pour les zones sombres de l’homme. Il met en scène un Alain Delon impeccable dans le rôle d’un homme bien sous tout rapport mais qui porte néanmoins en lui une part de ténèbres. On ressent bien cela au tout début du film, lorsqu’il force la main du Juif venu lui céder un tableau ou à sa façon de traiter sa compagne. Cette dernière semble visiblement sous sa coupe, entretenant une relation sur laquelle on ignore presque tout mais semblant revêtir un caractère pervers.

Ainsi, monsieur Klein devra aller au bout de lui-même, au bout de son identité, au bout de son existence. Mais cette quête, cette remise en question, ne se fait pas de manière consciente, mais de façon fantasmée et subliminale : Klein part à la recherche de son étrangeté, de son côté juif. Ne lui dit-on pas qu’il ressemble comme deux gouttes d’eau à ce monsieur Klein sémite au point où on les confond ? Finalement, ne sachant plus qui il est, il lui faut trouver cet autre lui ressemblant tellement.

Il y a quelque chose de Narcisse en lui et Delon porte cette idée avec un visage étrange, élégant mais décalé, comme s’il vivait en dehors du monde, au-delà de lui-même. Il y a une dimension irréel et improbable de son personnage le rendant quelque peu difficile à suivre et à comprendre. Mais l’acteur a ce charme et cette personnalité le rendant totalement visible et transparent à la fois : visible car il occupe l’espace comme aucun acteur et transparent en s’offrant comme réceptacle au phantasme du spectateur. Ce dernier croit alors lire sur le visage de l’acteur le reflet imagé de son Soi-même : Delon autorisant l’écriture du fantasme sur les traits de son physique.

Studio Canal, 16,99 euros.

Posté par Menon à 15:02 - Cinéma - Commentaires [4] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

Mélodie en sous sol d'Henri Verneuil

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Ce film commence mal : Mélodie en sous sol démarre mollement avec un Jean Gabin qui semble s’ennuyer et nous refait son numéro de « Je sais, je sais ». Sorti de prison, son personnage est pressé de refaire un coup devant lui faire gagner une véritable fortune. Mais pour cela, il a besoin d’un assistant. Il propose alors à Alain Delon de le rejoindre. Ce dernier incarne une petite frappe de 28 ans (on s’amusera à noter qu’il a réellement 28 ans au moment du tournage – 1963 – mais qu’il fait bien plus) sans aucun charisme et même antipathique.

Mais lorsque le scénario démarre pour de bon, une fois que Gabin a engagé Delon pour jouer le rôle de jeune riche désinvolte et qu’il l’envoie dans un hôtel de luxe de Cannes en lui demandant de se ménager des entrées au casino attenant, le film prend toute son ampleur. Car, Delon cannibalise totalement l’image : oublié Gabin ! Le vieux, en comparaison de lui, n’a que peu d’intérêt. Delon semble fait pour ce rôle : un voyou se faisant passé pour un fils de bonne famille, décidé à séduire une danseuse pour s’offrir un accès au casino mais qui finit par en tomber amoureux a quelque chose de tragique et de vrai. On sent que l’acteur se révèle, son personnage de jeune voyou n’était qu’un leurre : Delon est panthère, félin dans la peau d’un homme. Nerveux, sensuel, agressif, ordurier même, il a tout du blouson noir, mais avec ce regard glacé et séducteur, cette incroyable classe et présence.

La scène du casse s’impose comme la scène la mieux filmée du métrage. Sa puissance conditionne la dernière ligne droite du film : les auteurs se sont vraiment posés de bonnes questions de mises en scènes pour conclure leur récit ; il le fallait car le casse terminé, on se demande ce que Henri Verneuil va bien pouvoir faire de plus. La réponse nous soufflette : il fait encore mieux, il va encore plus loin ! On n’en dira pas plus, au risque de tout gâcher, mais il y a quelque chose qui touche à la tragédie : sans que Delon et Gabin ait une seule ligne de dialogue, ils habitent totalement l’écran et dans leurs silences tendus, on se sent crier de dépit à leur place.

Mélodie en sous-sol est une merveille, disponible dans une belle copie chez René Château vidéo et notamment avec sa piste son en mono et une nouvelle version en 5.1. Question bonus, on retrouve les filmographies et des interviews aussi brèves qu’intéressantes sur le tournage du film.

René Château Vidéo, 15 euros.

Posté par Menon à 14:10 - Cinéma - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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