02 juillet 2008
Voodoo Child, Snake Woman, X-Men l'intégrale 1981 et Ghost Rider : Trail of tears
La collection Fusion des éditions Soleil propose décidément de fort belles choses ! Issues de l’éditeur américano-indien Virgin comics, Voodoo Child et Snake Woman sont de belles réussites. Voodoo Child a été pitché par le célèbre acteur Nicolas Cage (Volte face) et son fils Weston. Il raconte comment un garçon métisse (fils d’un propriétaire terrien et d’une ancienne esclave noir), tué par un groupe d’esclavagistes racistes à la fin de la guerre civile américaine poursuit son meurtrier à travers les âges. Aujourd’hui, on le retrouve à la Nouvelle Orléans après le passage de Katrina alors que des jeunes filles noires disparaissent. Certes, le dessin de Dean Ruben Hyrapiet manque encore de consistance (on sent une belle influence de Brian Hitch mais des maladresses de débutant), certes le scénario de Mike Carey (X-Men) ne remporte pas la palme de l’originalité, mais le récit est très bien mené avec des situations intéressantes.
Meilleur encore est Snake Woman. On retrouve un projet supervisé par le cinéaste Shekhar Kapur (Elizabeth) et scénarisé par Zeb Wells (Spider-Man) et dessiné par le décidément très bon Michael Gaydos (il a notamment peint une très belle histoire sur Morbius le vampire dont je parlais ici). Ici, on retrouve Jessica (amusant : elle a la même tête ou presque et le même prénom que l’héroïne du comics Alias que Gaydos dessina), une serveuse un peu coincée. Elle s’installe dans l’appartement d’une copine qui est du genre à foncer avec les hommes. Jessica rencontrant un séduisant homme d’affaire dans son restaurant, elle décide de sauter le pas, mais l’homme veut la tuer : c’est que Jessica serait la réincarnation de la déesse Serpent !... Cette histoire m’a passionné : le refus de proposer une vision manichéiste des choses, l’idée que les forces en place respectent toutes les règles des castes, le mystère concernant les buts des acteurs occultes… tout ça m’a donné envie de lire la suite. Pourtant, en elle-même, l’histoire n’avance pas vraiment. Il faut dire que malgré la rigidité du trait de Gaydos et le manque d’expressions faciales de ses personnages, ce dessinateur sait donner vie à des scènes très réalistes, ce qui accroit l’empathie ressenti pour les personnages.
J’ai aussi terminé l’Intégrale de l’année 1981 des X-Men : les épisodes sont passionnants et parmi les meilleurs que j’ai lu jusque là. Kitty tient la vedette et je comprends mieux pourquoi elle reste aussi populaire aujourd’hui. Le récit avec Magnéto qui lance sa menace à la face des dirigeants du monde est génial et le terrible combat contre le Club des damnés, palpitant. Aux dessins, Dave Cockrum continue de faire des merveilles et quand Bret Anderson prend le crayon, le résultat est encore plus remarquable ! Indispensable.
Enfin, j’ai apprécié la mini série Trail of tears : elle met en scène un Ghost Rider à la fin de la guerre civile américaine (décidemment…) poursuivant un groupe du KKK. Garth Ennis (The Pro) signe de nouveau un bon scénario ne reposant pas seulement sur des injures mais proposant une histoire d’amitié entre un soldat du sud et un ancien esclave. Il prend d’ailleurs son temps pour bien mettre en place leur relation, ce qui rend la course poursuite des numéros suivants d’autant plus intéressante. Car deux conceptions du monde s’affrontent pendant un temps (vengeance pour Ghost, justice pour le soldat) avant que la conclusion, cynique et violente, vienne mettre les compteurs à zéro… aux dessins, Clayton Crain (X-Force) livre des planches intéressantes avec son style si particulier travaillé sur ordinateur…. Par contre, la VO est dure à suivre à cause de l’argot utilisé. Pour ma part, on m’a prêté ces numéros et j’attends l’arrivée prochaine de l’album en Français chez Panini (en espérant qu’un traducteur compétent s’en occupe…).
27 juin 2008
Ghost Rider, Batman et La dame en blanc
On m’a prêté les 21 premiers épisodes de la nouvelle série de Ghost Rider. Typiquement le genre de comics sur lequel il n’y a pas d’analyse poussée à faire, mais bon sang, ce que c’est bon ! Daniel Way prend les rênes de la série (Wolverine : Origins) aidé par Marx Texeira et Javier Saltares aux dessins (Moon Knight). Le résultat s’avère excellent : si le comics met un peu de temps à démarrer, l’histoire devient ensuite très fun, rapide, nerveuse, avec des zombies, un Ghost Rider de toute beauté et des combats contre Satan jouissifs. Satan retenait en effet le Ghost en Enfer, l’empêchant de s’évader. Mais c’était un piège : persuadé qu’il devait tout tenter pour s’évader, Johnny Blaze (l’humain enfermant en lui l’esprit du Ghost Rider) ne s’attendait pas à ce que Satan se serve de lui pour filer hors de l’Enfer ! Or, les lois de notre monde ne permettant pas d’accueillir Satan, ce dernier explosa en 666 parcelles qui touchèrent chacun un être humain, le transformant en un véritable démon. Dès lors, Johnny décide de se venger en recherchant les avatars de Satan pour les tuer. Le hic, c’est que, plus il les tue et plus les avatars restants gagnent leur part de puissance. Satan espère donc se faire tuer jusqu’au moment où il ne restera plus qu’un avatar chargé de toute sa puissance !
Lu aussi le premier tome de Batman : under the hood de Jude Winnick (Exiles) et Doug Mahnke (Black Adam). Un sacré bon album mettant en scène un justicier psychopathe, Red Hood, qui défie le sinistre Black Mask… Je n’aime pas trop la version hyper sombre de ce Batman qui ne desserre pas les dents et se révèle très froid. Mais force est de constater que le récit est génial. Le Black Mask incarne un méchant excellent, sorte de businessman hyper cynique et sans moral, métaphore évidente du capitaliste moderne. Nightwing joue un rôle agréable dans le volume en commentant l’attitude de Batman de manière très juste. Et puis, il y a l’identité du Red Hood : si vous ne connaissez rien à l’histoire de Batman, vous risquez de ne pas bien comprendre ce qui se passe. Mais si vous avez des rudiments, ce sera bien suffisant, je pense pour deviner de qui il s’agit une fois démasqué. Ca se dévore et on apprécie aussi les très belles couvertures de Matt Wagner dont le style viril et gras fait merveille ici. Par contre, on évitera soigneusement son Batman et moine fou, soporifique, inutile, avec un graphisme évoquant celui de Frank Miller mais grossier.
Et pour finir, la critique d’un roman victorien ! Eh oui, cela devrait enfin satisfaire une charmante lectrice de ce blog… Il s’agit de La dame en blanc de Wilkie Collins, un auteur qui aurait rendu Dickens jaloux par la qualité de ses intrigues. Ici, il raconte une histoire passionnante, du moins dans ses trois premiers quarts. On y suit un professeur de dessin rendu dans une belle demeure pour enseigner l’aquarelle à deux jeunes femmes : une beauté et une autre peu gâtée par la nature. Alors que la belle et le pauvre dessinateur tombent amoureux, on apprend que la demoiselle a un fiancé. Mais ce sire Percival n’ourdirait-il pas quelques sombres plans ? En effet, notre dessinateur a rencontré une dame toute de blanc vêtue, persuadée que Sir Percival serait un monstre ; mais on la dit folle. Alors, que penser ? Le suspens est parfaitement maîtrisé, le récit se dévore jusqu’au drame. Et alors, on sent Collins moins assuré et plus maladroit dans les dernières investigations. En effet, le lecteur a facilement deviné ce qui s’est passé mais il reste encore cent bonnes pages pour que le héros le comprenne. Le rythme ralentit beaucoup, il n’y a plus ce charme victorien authentique. Néanmoins, le roman reste une bonne lecture, vivement conseillée pour cet été, notamment grâce à ses personnages bien typés et intéressants, notamment la laide Marian qui démontre un esprit masculin (en accord avec son apparence homasse).
24 juin 2008
Eternels, The world of Krypton, Gatekeepers et Action Philosopher
Après avoir trouvé le premier volet un peu mou du genou, j’ai été très surpris par l’intensité du second tome des Eternels. Neil Gaiman semble avoir eu du mal à structurer ses idées – ou bien ma lecture aurait été trop rapide ? – car il y a beaucoup d’informations à digérer. Mais son concept de super prophète me plait bien sans compter le retournement de situation entre Eternels et Deviants. A noter qu’une série régulière, mais sans Gaiman, a commencé aux Etats-Unis.
The World of Krypton raconte l’histoire tragique du monde de Superman. John Byrne (à l’origine des nouvelles origines de Superman alors) écrit et écrit même très bien, avec un ton shakespearien qui donne une densité tragique à cette histoire. Comme Mike Mignola était annoncé aux dessins, je pensais retrouver son style si particulier vu sur Hellboy, mais il ne signe alors que les croquis et on reconnaît très peu son trait. Néanmoins, c’est de belle tenue. Par contre, le recueil est complété de back-up sur le monde de Krypton datées des années 60 : c’est en général assez inintéressant et moralisateur.
Grand moment de plaisir à la lecture de Gamekeeper. Pitché par Guy Ritchie (Snatch) et scénarisé par Andy Diggle (Loosers) et dessiné par l’excellent Mukesh Singh (Devi) pour Virgin Comics, cette histoire met en scène un garde chasse aussi implacable que Wolverine qui, lorsque ses proches se feront attaqués, décidera de les venger. L’album se lit comme un film (normal, vu l’implication de Ritchie dans le projet) et reste remarquable à l’exception d’une conclusion un peu ridicule car mal amenée. Mais sinon, allez-y, c’est du bon !
Enfin, je ne saurais trop vous conseiller Action Philosopher ! Si la philo vous intéresse, Action Philosopher propose des présentations de grands philosophes dans un comics en noir et blanc et sur un ton décalé. Mais ce qui est génial, c’est que tout est vrai ! Mieux même, les auteurs (Fred Van Lente – Secret Invasion chez Marvel et Ryan Dunlavey) problématisent l’aspect contradictoire de la philosophie : à savoir que pour un Platon, Saint Augustin ou Freud (auteurs traités dans ce recueil), elle doit conduire à un mieux et à la sagesse alors que dans les faits, tous ces grands penseurs ont trahis leur idéal. Bien sûr, lire ces BD ne sera pas suffisant pour vraiment comprendre la pensée de ces grands intellectuels, mais par contre, Action Philosopher peut faire office de première découverte et faciliter de futures lectures. Vivement recommandé.
20 juin 2008
Legions of Monsters de Collectif
A travers Legion of monsters, Marvel rend hommage au côté obscur de son univers, aux créatures de cauchemars que sont Morbius ou Satana, héritiers des comics de monstres que la firme publiait avant de se lancer dans le filon du super-héros.
Réalisé par de très bons auteurs, ce recueil sous couverture dure luxueuse propose des nouvelles graphiques récentes très réussies :
-On commence par Greg Land (Ultimate Fantastic Four) qui donne vie au Werewolf dans un récit de Mik Carey (X-Men) durant lequel notre héros rencontre une jeune femme lycanthrope: pas forcément extraordinaire, l'histoire vaut surtout pour le style roman photo de Land, très plaisant, même si quelque peu figé.
-Monster of Frankenstein est due à Skottie Young (Human Torch) qui troque son style à la Humberto Ramos pour un trait plus gras et sombre. Un travail graphique nettement meilleur que ses planches habituelles mais ce récit très classique mettant en scène le monstre de Shelley n'a pas beaucoup de relief et on se demande bien ce que Young cherchait à raconter.
-Simon Garth : Zombie de Ted Mckeever (Batman : Nosferatu) est sans doute le meilleur récit du lot avec une improbable histoire d'amours entre zombies ! Rendant hommage aux vieux récits Marvel du genre (on s'en rend compte en lisant la réimpression de l'histoire de Frankenstein – voir plus bas), l'auteur utilise un graphisme proche de celui de Young pour un excellent résultat !
-Satana par Robin Furth (assistant de Stephen King) et Kalman Andrasofszky (Ion) s'impose comme mon coup de coeur ! Je suis un grand sensible et dès qu'une bad girl pointe son nez, je réponds présent. Et Satana est une vraie démone, c'est le cas de le dire ! La fille de Satan démontre que bon sang ne saurait mentir dans un récit ironique et cruel.
-Living Mummy de Jonathan Hickman (Gamekeepers) propose un autre bijou : un récit tout en prose illustré de manière superbe. Difficile de bien décrire son style : il s'inspire évidemment de l'art égyptien, et construit ses planches sur du vide – un blanc envahissant – à partir desquelles ses noirs donnent une densité très particulière... L'histoire est remarquable bien que très simple.
-Autre grand plaisir de lecture, Morbius de Brendan Cahill (Sable & Fortune) et Michael Gaydos (Alias). Gaydos propose un récit peint dans un style très différent d'un Alex Ross, avec un trait là encore un peu gras mais surtout de jolies compositions. Je ne sais pas qui a eu l'idée de raconter l'histoire avec un Morbius couché, attendant la mort, mais sa rencontre avec des SDF prend une tonalité bien dramatique. Superbe.
-Dracula et Lilith de C.B. Cebulski (Fairy Tales) et David Finch (New Avengers) se révèle bizarrement très lisible. Pourtant, Cebulski compte parmi les pires tacherons du milieu (sa récente BD saphique de vampires chez Soleil l'atteste) et David Finch peut signer des planches brillantes et médiocres à la suite – héritier de l'école Top Cow, son style est aussi vulgaire que Britney Spears mais il sait créer des atmosphères ténébreuses somptueuses. Ici, Lilith se fait manipuler par Dracula : un récit plaisant.
Ensuite, le reste de l'album est consacré à des rééditions de classiques du genre.
-Monster of Frankenstein de Doug Moench (Moon Knight) et Val Mayerick (Man-Thing) s'avère superbe. S'inspirant du ton des aventures de Conan, ils signent une histoire avec une dimension onirique et racontée du point de vue du monstre. Le graphisme de Mayerick, en noir et blanc, achève d'enchanter.
-Legion of monsters de Bill Mantlo (Rom) et Frank Robbins (Batman) propose une improbable rencontre entre Ghost Rider, Morbius, Man-Thing et Werefolf. Si le récit est excellent avec une conclusion pathétique à souhait, le dessin de Robbins est une injure au bon goût.
-Manphibian de Marv Wolfman (Teen Titans), Tony Isabella (Champions) et Dave Cockrum (X-Men) n'a aucun intérêt et propose une bête histoire de créature amphibie confrontée à un méchant producteur de pétrole.
-Enfin, on a le droit aux trois épisodes du Scarecrow signés par Scott Edelman (Omega the unknown), Rico Rival (Tansformers – the movie), Ruben Yandoc (House of secrets), Bill Mantlo (Howard the duck) et Ron Wilson (The Thing). Les deux premiers donnent la vedette à l'Epouvantail et la troisième le voit travailler avec la Chose des Quatres fantastiques. Le concept de ce comics est très réussi (on ne sait pas qui est le Scarecrow, ni même sa véritable nature) même si les trois épisodes ne sont pas exempts de défauts.
Enfin, le livre se termine avec le Official handbook of the Marvel universe retraçant la vie et les caractéristiques des monstres de la compagnie (mais pas tous ceux apperçus dans ce recueil !). Pas forcément très intéressant et surtout réservé aux spécialistes désireux de tout savoir.
Au final, ce hardcover mérite vraiment son prix et devrait intéresser plus d'un lecteur amateur de bizarreries qui font « grouik » et « scrumble ».
18 juin 2008
Spider-Man, X-Men et Ion
Spider-Man essential tome 5 permet de retrouver le tisseur en grande forme : Stan Lee s’occupe toujours du scénario et nous gratifie d’un épisode 100 dans lequel Peter Parker se retrouve affublé de deux nouveaux bras, devenant réellement un spider-man ! On découvre aussi le terrible vampire Morbius dans un comics qui vire de plus en plus au soap-opera. Les épisodes se succèdent, remplis de rebondissements (Peter ne peut même pas prendre l’avion sans que des terroristes débarquent), d’histoires d’amours improbables avec Gwen (à base de : « Je t’aime », « moi non plus ») et de rencontres avec une Mary Jane qui donnait l’impression à l’époque d’être une garce sous amphétamine… Au crayon, John Romita se fait régulièrement aider par Gil Kane, voire remplacé par lui, ce qui occasionne alors de sérieux troubles du dessin tant le trait de Kane est désagréable au possible… Néanmoins, ces épisodes restent très agréables à lire et on passe un excellent moment avec notre ami le tisseur.
Dans l’Intégrale des X-Men de 1980, Chris Claremont continue les merveilleuses aventures de nos mutants préférés dont l’existence se trouve bouleversée. Il s’agit en effet des épisodes historiques que sont la rencontre avec le Club des damnés et la transformation de Jean Grey en Phénix… Panini a amélioré la colorisation de l’album, même si ce n’est pas encore cela (incroyable de constater à quel point des bandes datées de trente ans sont si abîmées alors que des épisodes des années 60 sont parfaitement restaurés !). John Byrne livre un graphisme superbe qui culmine dans l’épisode confrontant Wolverine au Wendigo. Très agréable à lire même si tout cela a vieilli.
J’ai récemment reçu le Big Book de Ion (référencé comme Green Lantern, volume 1) : n’ayant jamais lu les aventures du Green Lantern Kyle Raner, je n’ai pas forcément pu apprécier les 12 épisodes de cette maxi-série à leurs juste valeur. Néanmoins, j’ai passé un bon moment même si… même si Ron Marz écrit vraiment très mal les dialogues de ses héros et met en scène des réactions hyper standardisées : pas de doute, il écrit comme au siècle dernier ; on croirait voir Terry Kavanagh sur les X-Men, ce qui n’est pas un compliment. De plus, le dessinateur régulier de Ion, Tocchini, a un style assez infect alors que l’artiste invité des derniers épisodes s’en sort nettement mieux ! Le monde à l’envers… Enfin, Kyle a beau être sympathique et doté d’un pouvoir immense, il reste un sacré looser. Marz lui fait jurer grands dieux que, ça y est il maîtrise son pouvoir, mais Kyle continue de se planter et de se planter. A la fin, ça en devient touchant, mais quand même… Malgré tout, je conseille cet album, ne serait-ce que pour son aspect « grand spectacle ».
Voilà pour aujourd’hui. Je vous parlerais prochainement de pleins de belles choses dont la série régulière de Ghost Rider, une tuerie, ou encore des Marvel Horrors.
12 juin 2008
The last Iron Fist story
The last Iron Fist story reprend les 6 premiers épisodes de la nouvelle série consacrée au super-héros Iron Fist dont le poing chargé d’énergie lui assure une force redoutable. Cette série qui eut son heure de gloire sous l’ère de Chris Claremont et John Byrne revient en force avec l’aide d’Ed Brubaker (scénariste d’un run acclamé de Captain America) et Matt Fraction (The Order, Iron Man) qui s’occupent de la destinée de Daniel Rand, le milliardaire se cachant sous le masque d’Iron Fist, avec l’aide de l’excellent dessinateur espagnol David Aja (Giant size Wolverine) et de quelque guests.
L’idée des deux compères est en effet la suivante : avant que Daniel entame sa carrière de héros il y eut d’autres Iron Fist qui se battirent au cours des âges. Ainsi, on découvre une partie de l’histoire de ces ancêtres et plus spécifiquement d’un, Orson Randall. Toujours en vie, cet homme visiblement immortel va bouleverser la vie de Daniel en lui révélant cette histoire secrète et en le confrontant à sa destinée.
A la lecture de cet album, difficile de ne pas penser au travail réalisé par J. M. Straczynski sur Amazing Spider-Man : lui aussi faisait de Peter l’héritier d’une dynastie de héros. Mais si dans le cadre de Spider-Man le résultat fut controversé car bouleversant le monde de Parker, ici, le fait qu’il y eut des prédécesseurs à Daniel parait logique.
Du coup, on rentre dans une thématique actuellement fertile : celle de la descendance. Captain America a retrouvé Bucky, son jeune sidekick, Batman, son fils et May Parker, la fille de Spider-Man continue de vivre sa vie dans un univers parallèle en compagnie de son paternel. En effet, Orson est ce qui ressemble le plus à un père pour Andy : en l’inscrivant dans une chaîne temporelle, en lui révélant qu’il a une destinée, Orson fait rentrer Andy dans l’âge adulte comme le prouve les dernières planches du comics.
Pour autant, ne croyez pas que cet album consiste en une discussion entre papa et son fiston : les séquences d’action sont nombreuses et superbement bien chorégraphiées par Aja. Les invités ne s’en sortent pas mal et illustrent les aventures des prédécesseurs de Daniel avec talent pour la plupart.
Au final, ce premier album intrigue : je l’ai dévore en une soirée mais je suis resté sur ma faim. Ainsi, le grand méchant que combat Daniel se révèle un pétard mouillé et s’en va pour une raison pas très claire : pourtant, il devrait être aussi puissant, voire bien plus que notre héros à ce moment là. De plus, la fin appelle une suite : le tournoi lié à la fameuse cité dans laquelle Daniel a reçu son enseignement fait appel à lui pour un tournoi. Et le lecteur de quitter un graphic novel dans une ambiance plutôt polar pour aller vers un récit de combat ? Bref, si l’ambiance de cette BD se révèle passionnante, l’histoire présente plusieurs faiblesses (comme l’intrigue avec l’Hydra, pas claire du tout). A condition de ne pas se montrer trop regardant sur le fond, The last Iron Fist story constitue une jolie tentative pour donner du caractère et de la dimension à un second couteau culte du Marvel Universe.
09 juin 2008
Salves de chroniques
On continue les salves de chroniques courtes :
Les bouquins pas trop mauvais
JLA – Heaven’s ladder : ce comics est publié sous la forme de tabloïd – soit un comics géant. Quand on sait que Brian Hitch (Authority, Ultimates…) dessine cette histoire de science-fiction mettant en scène la Ligue de justice (Batman, Superman, Green lantern…), on comprend que le dessin soit le point fort de l’album malgré un scénario du bon Mark Waid. Le format et le papier glacé magnifient un graphisme de toute beauté démentiel mettant en scène des vaisseaux tellement énormes qu’il faut une double page pour le faire à peu près rentrer dans le cadre ou encore des planètes assiégées de créatures. L’histoire, originale, voit la JLA tenter de préparer le paradis de dieux sur le point de mourir ! Mais le récit se révèle quelque peu confus (à moins que mon pauvre anglais soit la cause) en termes de concept et de réalisme.
Wanted, de Mark Millar, met en scène un récit tournant uniquement autour des super-vilains. Autant dire que ça dépote fortement et que certain en auront le cœur retourné : l’ultra violence règle ici en maître. Et on connaît plus d’un lecteur qui a du mal à adhérer à un personnage qui viole et tue pour s’amuser… pour ma part, j’ai adoré les 4 premiers épisodes et presque détesté les deux derniers. Dans le 5e, le héros se débarrasse vraiment trop facilement de ses ennemis et le 6e est carrément inutile. C’est dommage car le concept et les personnages étaient vraiment passionnants : en effet, l’histoire met en scène un looser, Wesley, qui découvre un beau jour être le fils d’un des plus grands super-vilains, le tueur ultime dont il a hérité des pouvoirs et de la richesse.
Neil Gaiman rend hommage à Jack Kirby et au grand Marvel en signant le scénario du premier album des Eternels , une maxi-série dessinée par John Romita Jr. On ne retrouve pas vraiment les tics de Gaiman dans ce récit qui se traîne quelque peu en longueur. Il faut bien avouer que cette histoire de demi-dieux ayant perdu la mémoire n’aurait pas grand intérêt sans le bon dessin de John Romita Jr qui n’a eu aucun contact avec le romancier pour l’écriture de cette série. Je me tâte encore pour voir si j’achèterais la suite.
Enfin, l’Intégrale des X-Men de 1979 permet de retrouver la grande époque de nos mutants préférés dans des récits qui ont vieillis en termes de dialogues, mais dont l’intrigue reste savoureuse à suivre. Seul hic : Panini a massacré l’impression et on voit clairement les trames des couleurs, rendant cet album encore plus laid que les comics parus chez Arédit. Malgré tout, ça reste un incontournable, mais on peut préférer l’édition noir et blanc paru aux Etats-Unis dans la collection Essential et qui permet de profiter du très beau coup de crayon de John Byrne qui, à l’époque, savait dessiner.
Les bouquins à éviter
Le Ministre de Bruno le Maire raconte la partie jouée par le Quai d’Orsay et Dominique de Villepin au moment des débats houleux quant à la décision de l’ONU de rallier ou pas les Etats-Unis pour envahir l’Irak. Il s’agit du Journal de l’homme qui était alors un de secrétaires de de Villepin. Rarement eu entre les mains un livre aussi soporifique et sans intérêt. Absence de repère annuelle (2004 ?), détails sur sa vie personnelle dont on se moque totalement, style pauvre : à éviter.
On oubliera aussi Les grands discours de l’histoire paru chez Librio. L’éditeur a le culot d’annoncer, dans sa préface, que la plupart des discours proposés ici le sont en intégralité, ce qui est évidemment faux comme le prouve un simple coup d’œil au livre. Ne parlons même pas du contenu : Moïse déclame les Dix commandements (un discours, ça ? Enfin, doit-on expliquer à ces gens que, à ce moment là, Moïse rapporte la parole de Dieu…), Mahomet parle de la prière (il faudra expliquer aux crétins à l’origine du choix des titres qu’annoncer qu’il s’agit d’un discours de Mahomet alors que le texte est tiré du Coran relève de la bêtise pure et simple, sauf à considérer que la Bible et le Coran sont des faux, ce dont on laissera la responsabilité à Librio – dans ce cas là, Moïse étant un personnage de fiction comme l’Archéologie le prétend, on ne peut pas le considérer comme l’auteur du discours des 10 commandements), un discours d’Hitler aux Jeunesse hitlériennes (ça ne s’invente pas) et notamment le fameux discours de de Villepin à l’ONU amputé des trois quart.
Si Igor Kordey dessine magnifiquement bien, son trait se trouve sacrément altéré dans le graphic novel Storm en fonction de l’encreur, ce qui déçoit fortement, surtout que son trait gras et charnel est la seule bonne chose à sauver, le scénario de Chris Claremont étant totalement à l’ouest dans cet improbable récit voyant Tornade devenir gladiateur !
Wonder Woman abandonne ses pouvoirs et son statut de déesse dans Diana Prince : Wonder Woman tome 1 qui ressemble à un mix entre le comics et le shôjo manga, sauf que le récit se passe en plein London des swingin’ sixties. Franchement, je n’étais pas le bon lecteur pour cela – par contre, les filles y trouveront leur compte.
Les bouquins sympas
Le Hulk – expérience interdite paru dans la ligne pour enfant de Panini fait passer un excellent moment malgré le fait que plusieurs dessinateurs se succèdent et qu’il n’y ait pas de ligne temporelle stable (sommes nous dans le Marvel Universe classique ? Dans un monde parallèle ?). A dire vrai, c’est même sacrément le foutoir ! Mais au moins, en un épisode, on a une histoire complète avec de l’action, bien racontée. Mention spéciale à celle mettant en scène les Skrulls.
24 avril 2008
Dark Angel de Kia Asamiya
Dans cette œuvre, de scénario, point. De beaux dessins, pleins. Dark Angel compte parmi les œuvres inachevées de Kia Asamiya et s’impose comme une grosse déception.
Publié à l’origine dans les pages de la revue japonais Newtype, l’auteur raconte la destiné de Dark, fraîchement désigné comme nouveau gardien de l’Empire du Sud et obligé de se rendre à l’Empire du Milieu afin de se présenter. Sur son chemin, il croisera moult ennemis et livrera (enfin, assistera surtout) à de nombreux duels laissant des bâtiments et des terres en ruines.
Asamiya n’ayant pas vraiment envie de se compliquer la tâche, les combats sont la raison d’être de ce manga en cinq tomes qu’il ne pourra finir tant Newtype en avait marre de son histoire. On les comprends : son héros, un androgyne terne et crispant, cache bien sûr au fond de lui une entité maléfique (son prénom nous y préparait) qui se montre très violente quand on l’énerve. Bof, on a vu bien pire... Le bouillant japonais a alors filé se faire éditer aux Etats-Unis chez Top Cow (Witchblade, Darkness…) : il reprend son récit de zéro (pourquoi donc ?) et réussi à publier une histoire une fois de plus inachevée (et n’allant même pas aussi loin que son histoire japonaise) !
Au final, que reste-t-il de Dark Angel ? 5 tomes bouillants de combats, des dessins franchement réussis (mais des combats pauvrement chorégraphiés) et… c’est tout ! L’édition de Panini se révèle, à quelques défauts prêts, plutôt réussis et met bien en valeur le travail graphique d’Asamiya.
Panini, épuisé.
23 avril 2008
Iron Man : Le diable en bouteille de David Michelinie, Bob Layton et John Romita Jr.
Historiques, ces épisodes de Iron Man le sont. Le diable en bouteille, œuvre de David Michelinie, John Romita Jr et Bob Layton confronte en effet Tony Stark à l’alcoolisme, période qui marquera à jamais le personnage, à tel point qu’on a peine à croire au fait que Stan Lee n’avait jamais introduit la question durant les premières années du personnage.
Néanmoins, la lecture de ces épisodes fait tout de même bien peine à voir : les épisodes se succèdent sans que l’on trouve une histoire ou un événement qui conserve l’attention – le grand méchant sefait avoir une facilité déconcertante et menace à peine le héros ; l’inquiétude de Tony de voir le SHIELD prendre le contrôle de son entreprise n’est jamais résolu. Les dialogues sont bêtifiants au possible (la traduction ne doit pas aider), les personnages agissent de manière ahurissante compte tenu du contexte… bref, aucun réalisme et des séquences bien peu crédibles comme un Tony Stark maîtrisant les arts martiaux en une seule journée ou guérissant de son alcoolisme en « quelques jours »… Ajoutez à cela un dessin assez insupportable – le trait de John Romita Jr n’a aucune personnalité, l’encrage de Bob Layton gommant le style de Romita – et vous obtiendrez un album soporifique dont le seul intérêt réside dans la descente aux enfers alcoolique du héros.
Panini, 20 euros.
21 avril 2008
Marvel Zombies : The covers
Dans ce art-book, on retrouve les couvertures réalisées par l’artiste peintre Arthur Suydam dont le moins que l’on puisse dire est que son style ne laisse pas indifférent. Ainsi, pour chaque travail réalisé sur la série Marvel Zombies, sont proposées les couvertures originales des comics Marvel dont s’est inspiré Suydam et leurs recréations en version zombie. Le tout accompagné d’un commentaire (sans grand intérêt) du peintre sur le travail accompli. Le résultat se révèle aussi horrible que drôle, selon son propre goût pour le gore et le pastiche. Dans l’ensemble, ses recréations sont plutôt, selon moi, amusantes, mais manquent vraiment d’originalité. En effet, copier et détourner amuse un temps mais cela ne traduit, finalement à bien y réfléchir, qu’un manque d’ambition.
S’en suit d’autres couvertures, celles de Greg Land pour l’arc Zombie de Ultimate Fantastic Four et d’autres travaux graphiques réalisés spécialement pour cet art-book par différents auteurs intéressants mais n’ayant pas la maîtrise graphique de Suydam et dont la présence des planches paraît un peu forcée. Impression renforcée par les quelques vieilles couvertures de magazines zombies de Marvel dont on se demande bien ce qu’elle vienne faire ici, tant elles diffèrent artistiquement et créativement.
Au final, j’ai le regret de dire que ce Marvel Zombies : The covers n’a rien de bien excitant et je regrette même son investissement. Finalement, quand on pense que toutes les couvertures sont facilement disponibles sur le net, acheter ce bouquin constitue plus une perte d’argent qu’autre chose.
Marvel, 16,30 euros sur Amazon.






















