09 avril 2007
Les Archanges, les nouveaux maîtres du monde d'Haziel
Dans Les Archanges, les nouveaux maîtres du monde, Haziel entend donner les clés pour permettre aux croyants d’invoquer sur l’eux l’énergie divine des Archanges.
Il nous présente alors l’arbre de vie et ses Sephiroths : pour chacun d’eux nous est confiée le domaine d’application et l’Archange tutélaire. Au sein des dix Sephiroths sont ensuite révélés les noms des Anges la composant. Ensuite, les pouvoirs des Archanges nous sont présentés. Concrètement, il s’agit de faire savoir de quelle façon ils peuvent venir nous aider grâce à leur énergie divine, émanant, à l’origine de Dieu lui-même. Ainsi, chaque Archange a un domaine d’application. Par exemple, Metatron s’occupe de la Volonté-Amour, il nous dispense l’énergie dont nous avons besoin pour avancer dans la vie et mieux aimer les autres. Il possède trente six jours durant lesquels sa présence se fait plus particulièrement sentir, ces jours étant liés au Zodiaque car pour Haziel, chaque Archange est lié au cycle d’une planète.
Le lecteur devra donc définir tout d’abord quel Archange pourra lui apporter ce dont il a besoin. Ensuite, après avoir sélectionné son Archange, il devra lire attentivement les jours qui sont les siens : car, en fonction de ce jour, l’application du don de l’Archange ne sera pas le même. Une fois que le croyant aura bien défini l’Archange et le jour de prière, il pourra procéder à cette dernière. Haziel donne la marche précise à suivre pour cela : la prière est simple, même si elle prend au moins quelque minutes, et ne nécessite qu’une bougie comme accessoire.
Il ne nous appartient pas de discuter de la réalité de la prière décrite dans ce livre : chacun se fera sa propre opinion. Néanmoins, aussi pratique que soit cet ouvrage, on peut regretter une écriture difficile d’accès. Nombreuses sont les références faites à la Kabbale ou encore à l’astrologie et si comme votre serviteur vous ne maîtrisez pas ces questions, vous aurez le sentiment de ne pas comprendre, d’autant que le style de l’auteur, cryptique, n’aide en rien. Haziel ayant écrit nombre d’ouvrages sur les Anges gardiens, la Kabbale ou l’Astrologie, nul doute que celui qui prendra le temps de s’initier avec eux sera plus à l’aise pour suivre ce livre. Les Archanges, les nouveaux maîtres du monde semble donc se destiner plutôt aux lecteurs connaisseurs de la chose.
Editions Bussière, 25 euros.
07 avril 2007
Le dictionnaire des Anges de Gustave Davidson
C’est une somme de travail extraordinaire qu’a abattu Gustav Davidson en signant ce Dictionnaire des Anges : 15 ans de travail pour réunir le nom de tous les Anges découverts dans la Bible, les légendes, la tradition rabbinique, le Nouveau Testament, le Coran, les codex de magie, la poésie et la littérature ! Le tout nous donne un pavé comprenant plus de 4 000 entrées et complété de plus de 133 iconographies en noir et blanc.
Avant de nous jeter dans le livre à la recherche des noms des Anges, Gustav Davidson se livre à une introduction dont la lecture s’avère capitale pour les amateurs d’angéologie. A la différence de tous les auteurs ayant traité le sujet, Davidson prend une optique résolument courageuse en révélant l’incroyable confusion qui règne dans le royaume des cieux et aux enfers ! En effet, prenons Satan. Pour les Juifs, il s’agit d’une fonction (donc occupée par des différents Anges) voulue par Dieu pour tenter les humains ; rien à voir pour les Chrétiens chez lesquels Satan existe en tant que tel et traître depuis sa naissance comme le souligne Jésus… De même, les enfers sont dans les apocryphes comme Enoch et dans la tradition rabbinique situés dans les cieux ; pour les Chrétiens, les enfers sont souterrains. Et on peut continuer comme cela longtemps : ainsi, les rabbins ne s’accordent absolument pas sur l’identité de tel ou tel ange – dans la Bible, seuls trois sont nommés : Gabriel, Raphaël et Michaël. Prenons l’Ange ayant combattu Jacob avant qu’il devienne Israël : pour certains, il s’agit de Michaël, pour d’autres de Gabriel, pour d’autres de Metatron et pour d’autres encore Dieu lui-même ! Et c’est comme cela pour tous les anges apparaissant au détour de la Bible. Le plus paranoïaque sur le sujet étant Saint Paul lui-même qui n’a confiance dans aucun d’eux. Dès lors, on peut multiplier les hiérarchies célestes, multiplier les noms d’Anges ou affirmer qu’un tel ou un tel est apparu au détour des pages de la Bible, en réalité, personne ne sait rien de la situation se déroulant dans les cieux ! On comprend mieux pourquoi les autorités catholiques ont décidées de limiter les Anges connus aux trois nommés dans Le livre et de s’en tenir là.
Toutefois, en découvrant les entrées de ce dictionnaire et en voyant les multiples discussions ou appréciations autour de tel ou tel Ange, on découvre que tous ont plus ou moins une origine commune : elle peut être grecque ou remonter à Babylone. En réalité, la notion d’Ange a été de tout temps. Les sept Archanges se tenant face à Dieu ont peut être été imaginés d’après les sept planètes entourant la Terre. Ce syncrétisme angélique donne le vertige dans la mesure où il laisse clairement entendre une origine commune à toutes les religions : au lecteur de juger si cela doit le conforter dans sa croyance ou au contraire le rendre méfiant.
Les entrées du dictionnaire sont en générale très intéressantes. On regrette juste que certains noms d’Ange proposés par l’auteur dans ses listings de fin de tome renvoient en fait à une autre orthographe. Mais, à ce petit défaut près, on savoure et on soupèse le caractère exceptionnel de ce livre : il y en a pour des journées de lectures à tout parcourir ! L’occasion de découvrir la curieuse Lilith, première femme d’Adam, d’apprendre que Lucifer a été confondu avec Satan par erreur lorsque Isaïe le nomme (il le compare en fait au roi de Babylone Nabuchodonosor), ou encore d’en savoir plus sur la véritable apparence des Chérubins : certainement pas des angelots joufflus comme la peinture les a popularisés, mais plutôt des animaux humanoïdes un peu effrayants découverts pas les Juifs durant leur captivité en Babylone.
Cet ouvrage se conclut par des listes de noms d’Anges classés différemment en fonction de l’auteur qui nous les présente : ainsi apprendra-t-on quel Archange veille sur la planète Vénus, quel Ange dirige la Séphiroth la plus proche de Dieu ou encore quels sont les noms de ceux associés aux jours et aux heures de la journée. En prime, des invocations tirées de grimoires magiques et la liste des Anges déchus. Ces annexes seront très utiles puisqu’elles permettent ensuite de retrouver dans le Dictionnaire lui-même l’identité complète de l’Ange en question. Cette somme magistrale de travail se trouve complétée par 56 pages de bibliographie. Ce chef d’œuvre du genre doit impérativement figurer dans toute bibliothèque digne de ce nom !
Le Jardin des Livres, 29,90 euros
28 mars 2007
Enoch : Dialogues avec dieu et les anges de Pierre Jovanovic
Etonnante histoire que celle d’Enoch ! Avec son style enflammé si particulier, Pierre Jovanovic conte dans Enoch, dialogues avec Dieu et les Anges le destin contrarié de cet écrit aujourd’hui considéré comme apocryphe et dont le Vatican ne veut pas entendre parler.
Faisant, à l’époque du Christ, encore parti des rouleaux du Judaïsme (rappelons, en effet, que la Bible a longtemps été une bibliothèque constituée sous forme de rouleaux de textes. De plus, son canon n’était pas encore fixé à la naissance du Christ), le livre d’Enoch a disparut de la Bible hébraïque, et donc chrétienne, pour des raisons que Pierre Jovanovic avancent ici et sur lesquels nous reviendrons au cours de notre analyse. Il souligne tout d’abord un premier scandale : certains Anges qui auraient copulés avec les femmes de la Terre et donnés naissance à des monstres (les versets apparents sont d’ailleurs bien présents dans la Genèse, mais interprétés de manière bien différente à compter de Saint Augustin. Ce dernier rejette la théorie de la relation sexuelle pour une raison loin d’être bête : puisque les Anges sont des créatures immatérielles, ils n’ont pas de sexe et ne peuvent donc copuler !), mais surtout le fait que le Christ aurait copieusement cité le texte d’Enoch (idée sur laquelle nous reviendrons dans l’étude de la version éthiopienne du texte). Or, les exégètes chrétiens ont émis l’hypothèse qu’Enoch devait être postérieur à l’existence du Christ. Mais la découverte des manuscrits de la mère morte dans les années 60 a prouvé que le texte d’Enoch datait d’au moins deux cent ans avant la venue de Jésus ! Donc lui, ou les Evangélistes, c’est selon, citai(en)t un texte aujourd’hui considéré comme ne faisant plus parti du canon.
Conversation avec Dieu
Toutefois, avant de nous faire profiter de ce fameux « livre que le Christ citait régulièrement parce qu’il le connaissait par cœur » comme le dit la première de couverture, Pierre Jovanovic, aidé de Anne-Marie Bruyant (agrégée de lettres classiques), nous proposent la version slavonique du texte. Il existe en effet plusieurs versions du livre d’Enoch : une slave, une éthiopienne et une juive (disponible uniquement aux Editions Verdier). Toutefois, ces trois versions tirent leur origine d’un texte babylonien perdu, puisque les dernières découvertes archéologiques laissent croire qu’Enoch fut un roi sumérien. En tout cas, la slavonique et l’éthiopienne ont de toute façon été réécrits à la sauce juive (pour Jovanovic, ce ne serait pas le cas de la slavonique ; or, le simple fait que ce livre reprenne le texte de la Genèse sous une autre forme et donne des noms juifs aux Anges montre qu’au moins une partie du texte a été réécrit).
La version slavonique raconte comment Henoch, patriarche descendant d’Adam, a été un beau jour « convoqué » au Ciel par les Anges et comment il a été instruit de la marche du soleil et des étoiles, mais surtout du plan de la création puisque Dieu lui a accordé une interview en face à face !... Dans sa première partie, ce texte propose un traité d’astronomie dont l’intérêt n’est plus guère probant aujourd’hui. Mais la rencontre avec Dieu a quelque chose d’électrisant. On peut d’ailleurs estimer que cette parole « libre » de Dieu aura été un frein supplémentaire à la reconnaissance de ce texte. En effet, il suffit de lire les Homélies de Jean Chrysostome sur l’incompréhensibilité de Dieu pour s’en assurer : nul n’est censé connaître Dieu, pas même ses Anges. Le voir se confier de manière aussi franche pose donc un problème d’ordre métaphysico-théologique.
Le Christ était-il un copieur ?
Et la version éthiopienne du texte, que nous réserve-t-elle ? Bien plus longue que la slavonique, elle a effectivement un intérêt moindre. On reconnaît le style classique des Apocalypses juives à la Isaïe. A la manière de ces dernières, ce texte d’Enoch se présente manifestement comme une tunique couturée : non seulement des ajouts ont été commis, mais le livre a été sans doute composé de textes écrits par différentes personnes : les différences de style sont palpables d’une partie à l’autre et la vision d’Enoch particulièrement confuse renforce notre impression : ainsi, comme dans Isaïe, des passages sont répétés en boucle… Le livre d’Enoch, ici, n’a en tout cas plus grand-chose à voir avec la précédente version : Pierre Jovanovic a raison de souligner que les nombreux ajouts alourdissent le texte là où la slavonique a une densité et une concision qui en fait toute la force.
Nombreux seront en tout cas les lecteurs à s’y précipiter pour découvrir les passages cités par le Christ (on apprécie à ce propos le tableau de concordance entre les Evangiles et les deux version d’Enoch). Toutefois, nous nous devons de remettre les choses en place : rappelons pour commençons que le Christ n’a jamais rien écrit de toute sa vie ; donc, tant qu’à accuser quelqu’un de citer Enoch, mieux vaut le reprocher aux Evangélistes, scribes de la parole du Messie (il suffit de lire les quatre Evangiles à la suite pour clairement voir que les mêmes actions et paroles placées dans un ordre chronologique différent transforment totalement le message du Christ), même si leur dénominateur commun, à savoir Jésus, a pu être marqué par la lecture d’Enoch. En tout cas, on ne peut pas dire, à quelques passages près, qu’il y a citation : plutôt, on retrouve une communauté de pensées et de thèmes dont le rapprochement avec les Evangiles trouble. Le plus probant se constate avec l’Apocalypse de Jean adaptant des passages entiers d’Enoch !
Mais après tout, les Evangélistes ne citent-ils pas allègrement les Saintes Ecritures ? Surtout Matthieu, bien décidé à prouver que le Christ a respecté les paroles des anciens prophètes : pour ce faire, il reprend les passages les plus concordants à la vie de Jésus chez Isaïe, Zacharie ou Malachie. De plus, nul n’ignore que le Christ parle parfois en citant les Psaumes… Non, le problème majeur de ce texte vient plutôt de la révélation faite sur Noé : ce dernier ne serait pas totalement humain. Sans doute de nature angélique, il serait peut-être même le fils de Dieu (on hésite à la lecture) ! Forcément, cela constituerait un précédent bien ennuyeux pour l’Eglise.
Un livre magique
Pour terminer, Jovanovic cite l’épître de Jude, frère de Jésus, faisant référence à Enoch et nous entretient de l’alphabet des Anges qui aurait été révélé à John Dee, magicien attaché à la reine d’Angleterre au XVIème siècle. Un dernier pied de nez pour ce texte quasi maudit mais que l’on n’arrive pas à faire disparaître.
Au final, ce Enoch, dialogues avec Dieu et les Anges se révèle passionnant pour qui voudra en savoir plus sur cet apocryphe. Mais finalement, en terme d’angéologie pure, on reste quelque peu sur sa faim : on a certes une vision du Ciel et de la hiérarchie angélique (elle diffère des nombreuses autres visions existantes sur le sujet) et on glane quelque noms d’Ange, sans pour autant connaître leurs fonctions. Mais de toute façon, comme le dit justement Pierre Jovanovic, la version slavonique du texte reste suffisamment fabuleuse pour justifier l’achat de ce livre : la rencontre et le dialogue avec Dieu sont bluffant. Difficile de ne pas y croire, tellement on a envie que cela se soit passé ainsi. Rien que pour ce texte et l’histoire contrariée de ce manuscrit, ce livre s’impose.
Le Jardin des Livres, 19,90 euros
26 mars 2007
Archives des Anges de Alix de Saint-André
Archives des anges est un ouvrage de très bon niveau que l’on conseillera à tout passionné d’angéologie (science des Anges). Car, si Alix de Saint-André n’a rien d’une théologienne, elle a néanmoins écrit plusieurs romans. En bonne auteur elle a procédé à des recherches sur son polar L’Ange et le réservoir de liquide à freins : cette rencontre avec le monde des Êtres de lumière l’a passionnée, d’où l’écriture de ce petit traité d’Angéologie.
Pour Archives des anges, elle est retournée à la source même, la Bible, sans pour autant en oublier le Coran. Et pour relire ces textes fondateurs, elle a puisé chez les commentateurs avertis : car, on ne voit guère d’anges dans les Livres, mais plutôt sus la plume des exégètes. Citations et textes ont donc été puisés dans le Talmud, chez les docteurs de l’Eglise, et les paroles de Mohamed.
De ce bouillon de culture naît un formidable livre, petit par la taille, mais riche par le contenu. On y fait connaissance avec les Anges et les Démons, on découvre leur hiérarchie et on perce leurs mystères. Ainsi apprendra-t-on pourquoi Satan a chuté et en quoi sa mission diffère selon la vision des Rabbins, des Pères de l’Eglise ou du Coran… On apprendra aussi que les Anges ont connus les plaisirs de la chair sur Terre en compagnie des humaines, tout du moins dans l’apocryphe d’Enoch, cette sombre histoire ayant été oubliée depuis ! Et, bien sûr, nous sont présentés plus en détail les deux Archanges sur lesquels ont en sait le plus, soit Michel et Gabriel.
Passionnant, écrit avec humour et porteur d’un message d’amour et de tolérance, ce livre est un achat parfait pour ceux se posant des questions sur les Anges. Ils y trouveront tout ce qu'ils doivent savoir sur les Êtres de lumières, avec beaucoup de respects pour eux et la rechercher constante de ce qui unit les trois monothéismes à l’exclusion de ce qui les divise.
Gallimard, 6,60 euros.
24 mars 2007
Anges et démons dans l'univers biblique de Julie Forestier
Une fois de plus, la collection Librio se singularise par l’édition d’un guide tout à fait intéressant avec les Anges et démons dans l’univers biblique.
Julie Forestier, doctorante en théologie, a puisé dans les textes bibliques pour nous conter qui sont les anges et démons : sont ainsi décrits leurs origines, noms et fonctions, et leur rôle vis-à-vis des humains. Mais, Julie Forestier entend donner ici une lecture chrétienne des armées divines : en cela, elle fait se retrouver et se conclure en Jésus Christ la lutte séculaire opposant anges et démons. Ce choix ne doit pas être considéré comme arbitraire ou secondaire. Cela sous entend que le Judaïsme trouve son accomplissement dans le christianisme, premier présupposé, et ensuite que Jésus soit effectivement le médiateur final de la lutte des damnés avec les êtres de lumières, ce qu’elle démontre citations à l’appui.
Pourquoi préciser tout cela ? Eh bien, comme Forestier le sous-entend d’ailleurs dans les annexes de son livre, la mystique juive ne considère et n’entends pas l’existence des anges comme le fait la religion chrétienne. La collection Librio, ciblée pour présenter des textes courts et anglés, ne permettait pas de se livrer à de longs et fastidieux développements sur la place des anges et démons dans la religion juive ou musulmane. Vous ne trouverez pas non plus ici de réflexion mystique sur les neufs chœurs des anges : leurs fonctions sont déterminées d’après leur rôle dans la Bible et non pas d’après les textes des mystiques chrétiens ou des rabbins. Par contre, sa vision des démons ne manque pas d’intérêt et même si elle ne rentre pas dans des développements subséquents sur eux, elle nous présente très clairement leurs rôles et missions.
Ces remarques dissuaderont peut-être le lecteur d’acheter ce livre, craignant une vision trop simpliste des anges et démons. Ce serait une erreur ! Bien au contraire, ce petit livre, par la taille, mais non par la richesse, constitue, au contraire, une excellente initiation à l’angéologie. Elle permet d’y voir plus clair, de connaître les principaux textes et donne même à lire un petit court de théologie aussi limpide que bref !
On ne saurait donc trop conseiller son acquisition. Le lecteur plus curieux pourra ensuite se tourner vers les Archives des anges d’Alix de Saint-André pour de plus amples développements, notamment pour avoir une vision juive et musulmane de ces créatures divines.
Librio, 2 euro.
05 septembre 2006
Actualité des Anges de Andrei Plesu
Ce très intéressant ouvrage de Andrei Plesu entend questionner l’existence des Anges aussi bien d’un point de vue théologique que philosophique.
Reprenant les thèses de saint Thomas d’Aquain sur la hiérarchie céleste, Andrei Plesu (ancien ministre des affaires étrangères en Roumanie) discute de la possibilité de l’Ange comme moyen de rejoindre Dieu. Par le biais d’une réflexion complexe et exigeante, il démontre que l’Ange est le lien séparant Dieu de l’Homme. La place de l’Ange gardien garantit la possibilité de l’intercession divine, de la valeur des actes humains, et de la possibilité de se transformer, aussi bien spirituellement que matériellement.
Ceci, bien sûr, paraître quelque peu obscur à la lecture. Je m’en excuse auprès des lecteurs de ce site, mais il ne paraît pas réaliste d’envisager de résumer ce livre qui, par sa nature, entend s’adresser à la capacité imaginative de chacun – et quand je parle de capacité imaginative, je précise bien là qu’il s’agit du point nodal du discours de Plesu. Sa réflexion sur le rôle de l’imaginaire dans la construction des Anges est passionnante et permet d’entrevoir de nouvelles possibilités pour une phénoménologie de l’imagination.
Si on peut parfois trouver les intérêts éthiques déduits par Plesu de l’existence des Anges quelque peu capilotractés, on appréciera toutefois la persistance de l’existence de l’Ange depuis la Grèce jusqu’au soufisme iranien. Une étonnante convergence se dessine et on voit naître un sens au jeu de chaise musical des religions. L’Ange, quelque soit les ou le Dieu, reste la pointe de l’âme, dressée vers l’immensité et garantissant à l’Homme la possibilité de s’unir à Dieu.
Buchet-Chastel, 22 euros.
28 juin 2006
Sermon sur les Anges gardiens de Jacques-Bégnine Bossuet
Drôle de lecture, drôle de réaction personnelle.
Je lis ce Sermon sur les Anges gardiens de Jacques-Bénigne Bossuet, je tempête, je m’ennuie, je me dis « encore un mauvais achat », je termine le livre et soudain, je me sens touché par ce qui y est dit et voilà que la force de son message se révèle à moi.
Ce texte apologétique ne se concentre pas complètement sur les Anges. Bossuet n’en dit réellement rien, d’où ma déception. En l’occurrence, pour Bossuet, l’Ange descend à nous par charité et entend nos supplications qu’il remonte ensuite à Dieu. La force de l’argumentation de Bossuet lui permet de démontrer que le proche du divin s'alimente à la Source divine, tout comme l'Homme qui en procède, d’où un même lien partagé par l’Homme et l’Ange... Mais, les Anges ne sont que des mécaniques lumineuses, sans dimension tragique, contrairement à l’Homme qui, par sa souffrance, peut figurer le Christ en croix et donc faire image avec le Sauveur.
Le désir des Anges ? Nous sauver, nous protéger, et aussi voir se convertir des âmes, voir des hommes abandonner leurs mauvaises habitudes pour retrouver Dieu. De fait, Bossuet rend à l’Homme toute sa place, l’Ange n’étant qu’un intercesseur avec le Trône. Pour le moment, du moins, car le jour où les Hommes ne voudront plus se relever, les Anges auront à sonner les trompettes de l’Apocalypse.
On en profitera pour évoquer l’intéressante préface de Carlo Ossola qui, mis à part sa mauvaise habitude de citer des textes en Latin qu’il traduit dans les notes de fin de préface, évoque la destinée des Anges dans la prédication religieuse. Ce dernier étant un temps l’intercesseur que dessina Bossuet, mais il devint ensuite le valet de chambre de chacun, étant là pour servir, plus bas que terre, comme des serviteurs sans valeurs et sans la dimension divine que leur confère heureusement Bossuet. Une conception très surprenante, à laquelle on ne s’attendait pas !
Rivages, 5 euros.
02 mai 2006
Biographie de l'Archange Gabriel de Pierre Jovanovic
Celui là, on pourrait presque dire que je l’ai acheté pour sa couverture. La première fois que je l’ai vue, je me suis dit en moi-même : « Voilà un être terrifiant » ; le visage de cet Archange, souriant et pourtant doux, a en réalité quelque chose de complètement inhumain – un air de pure jouissance, malsain et inquiétant, éclaire ses traits… Jan Van Eyk en est l’auteur : un des plus grand peintre flammand qui fut.
De sa première apparition à Sumer, jusqu’à la dictée des sourates du Coran, Gabriel a connu milles vies que Pierre Jovanovic retracent dans un bouquin fascinant sur un Archange dont le nom est ô combien connu et dont on ignore tout... Et pourtant, à chaque fois ou presque que la Bible mentionné la présence d’un Ange sur Terre, les écrits juifs nous apprennent qu’il s’agit de Gabriel. Comment expliquer alors le silence autour de son nom ? Serait-ce par crainte du scandal ? Gabriel pourrait-il avoir un rapport "décalé" avec la sexualité ?
Au delà de cette controverse, la force de Jovanovic est de réinterroger toutes les apparitions du hérault de Dieu en se posant de vraies question d’historien et archéologue. A savoir : que sait-on de l’écriture des livre dans lesquels apparaissent celui qui se tient près de Yahvé ? De quand les spécialistes les datent-ils ? Sont-ils fiables ? Et aussi : Comment un miracle est-il possible ? A quel niveau Dieu agit-il ? Gabriel annonce-t-il ou exécute-t-il ?
Forcément, ce livre ne plaira pas à tous. Jovanovic a un style délicieusement ironique : il moque gaiement les catholiques, tourne en dérision les écrits de la Bible, confronte les relevés des savants pour mieux souligner leurs contradictions. Son souci ? Retrouver le merveilleux : pourquoi plus personne ne croit aux miracles, fondement même de la Bible ? En quoi Gabriel est-il symptomatique de quelque chose de sacré. Pourquoi ne sait-on rien sur cet Ange qui a pourtant été le témoin des plus grands évènements de la Bible ? A ce titre, les 50 pages consacrés à l’Annonciation à Marie sont assez fascinantes et soulignent bien la dimension trouble et sexuel de Gabriel.
Bref, on ne saurait trop conseiller la lecture de ce livre – au pire, vous passerez un bon moment à rire des théories de l’auteur ou de sa verve, et au mieux vous aurez entre les mains un fascinant ouvrage qui bousculera vos conceptions théologiques.
Le Jardin des Livres, 22,90 euros.






