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Texte complexe et nécessitant une lecture attentive, l’épître aux Hébreux fut longtemps attribuée à saint Paul mais la critique la considère aujourd’hui comme d’un auteur inconnu.

L’auteur, quel qu’il soit, de cette épître, fonde en partie la christologie du Nouveau Testament en soulignant que le ministère du Christ est supérieur à celui des Anges. Notamment, Jésus est prêtre selon l’ordre de Melchisédech (référence au personnage que rencontre Abram dans le livre de la Genèse : « Melchisédech, roi de Salem, fit apporter du pain et du vin : il était prêtre du Dieu très-haut. Il le bénit en disant : « Béni soit Abram par le Dieu très-haut, qui a créé le ciel et la terre ; et béni soit le Dieu très-haut, qui a livré tes ennemis entre tes mains. » Et Abram lui donna le dixième de tout ce qu’il avait pris. » — Livre de la Genèse 14:18-20).

Emaillé de citations des Psaumes, l’épître fait de Jésus le chéri du Très-haut et le place comme médiateur entre Dieu et les hommes. Tout sacrifice réclamant du sang versé (comme lorsque le grand prêtre de Jérusalem rentrait, une fois par an, dans le Saint des Saints du Temple pour demander le pardon des péchés d’Israël), a fortiori le sang versé par Jésus est d’autant plus « puissant » et assure d’autant plus à ce sacrifice sa valeur propitiatoire.

Un texte difficile d’accès, donc, mais essentiel en cela qu’il fonde la Christologie chrétienne. Qu’importe qu’il soit de la main de saint Paul ou d’un auteur inconnu. Le fait qu’Orthodoxes, Catholiques et Protestants lui accordent sa place dans le canon biblique suffit pour s’en convaincre : l’épître aux Hébreux doit être lue et méditée en regard de l’Ancien Testament.