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Nous sommes durant la campagne d’Egypte. Bonaparte séduit la femme de Fourès, un de ses valeureux et fidèle soldat. Il l’oblige même à divorcer d’elle ! Bouleversé et blessé, Fourès se retourne contre Napoléon et espère clouer le premier consul au pilori de la loi.

Cette pièce de théâtre ne compte pas parmi les œuvres les plus connues de Stefan Zweig. C’est d’ailleurs le cas de son théâtre qui n’a pas laissé grand-souvenir en comparaison de nouvelles comme Vingt-quatre heures de la vie d’une femme ou Lettre d’une inconnue, devenues des classiques. A la lecture de cette pièce, on comprend pourquoi…

La force de Zweig tient notamment à sa peinture des sentiments humains ; son talent de psychologue. Ici, on n’en trouve guère de traces et la peinture du pathos de Fourès, de celui de sa femme ou de la méchanceté de Bonaparte semble bien légère, comme si le grand romancier cédait la place à un auteur de théâtre moins maître de ses personnages.

Restent malgré tout quelques moments forts, une intensité certaine dans la colère exprimée par Fourès et le sentiment, pour le spectateur, de la partager, se sentant, tout comme le vieux soldat, choqué et perdu face à un Napoléon qui prend l’honneur d’un homme dévoué et s’en sert comme d’une carpette pour un simple… caprice.

 

Un caprice de Bonaparte de Stefan Zweig (Grasset, 154 pages, 7,90 euros)