sans-titre

« Un soir de pluie, un étudiant découvre le corps d’un homme sous un pont. Près de lui repose l’arme qui l’a tué. Ou avec qui il s’est donné la mort. Un lawman mk iii 357 magnum ctg.
Cette rencontre submerge l’étudiant d’une joie si intense qu’il lui semble que son cœur va se déchirer en deux. Ce revolver d’une beauté magnétique va le révéler à lui-même. Faire surgir à la lumière les zones d’ombre de son enfance, ouvrir un monde enclos en lui, l’emmener vers un ailleurs.
Comment résister à l’appel d’un instrument conçu pour ôter la vie, fabriqué de sorte à faciliter ce geste, dont la pureté des formes répond au besoin de faire feu et tuer ?
Entre le jeune homme et le revolver grandit une histoire d’amour dont le récit épouse les moindres variations avec une précision envoûtante, tel un parfait et effrayant diamant noir luisant dans la nuit. » (Résumé éditeur)

 

On a comparé le Revolver de Fuminori Nakamura à l’Etranger d’Albert Camus et à Crime et châtiment de Fédor Dostoïevski. De bien belles références qui, en effet, font parfaitement sens une fois le livre reposé. Notamment, il y a chez Nakamura une lecture existentialiste des aventures de son jeune héros qui évoque bel et bien l’Etranger ; enfin, les échanges entre l’étudiant et l’inspecteur évoquent d’une manière transparente Crime et châtiment.

 

Il serait malséant d’en dire plus sur cet excellent et court roman car ce n’est pas tant son histoire qui fascine que son flirt d’avec les abîmes. A l’instar des jeunes héros du romancier américain Bret Easton Ellis, celui de Nakamura ne reconnaît pas l’abîme ouvert en lui ; il tente de le combler par le sexe ou l’alcool mais l’arme à feu qu’il découvre se révèle bien plus fascinante. La conclusion, à ce titre, ne manquera pas de vous persuader de la grande valeur littéraire de ce Revolver.

 

Revolver de Fuminori Nakamura (Philippe Picquier, 192 pages, 7,50 euros)