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Alors que, dans un premier temps et pendant longtemps, François Sureau n’aimait pas Ignace de Loyola, saint et fondateur des Jésuites, il finit par lui trouver un je-ne-sais-quoi qui tranchait d’avec une certaine bondieuserie catholique ; il se plongea alors dans son Récit du pèlerin, ses Exercices spirituels mais aussi sa Correspondance, avant de tracer ce portrait qui part de la grande bataille au cours de laquelle Ignace fut blessé, origine de sa conversation et ce jusqu’à son Eveil spirituel, une fois qu’il eut triomphé de Satan.

Servi par un style subtil et raffiné, Inigo se déguste. On reste frappé par la légèreté du phrasé de François Sureau semblant ne produire aucun effort pour peindre son Inigo alors que, dans le même mouvement, il donne à voir avec une économie de moyen et, pourtant, une profondeur certaine, le visage d’un homme complexe, torturé, fou de Dieu et qui ira jusqu’au bout de lui-même dans un face-à-face d’une puissance mystique terrifiante ; et ce avant un dernier combat terrible face à Satan où, le lâcher-prise succédant au désespoir, il fut gagné par Dieu qui répandit sa Grace en lui.

Magistral.

Inigo de François Sureau (Gallimard, 176 pages, 6,30 euros)