v41ARJ2Eh3IL

Que n’a-t-on écrit comme critiques dithyrambiques sur ce Vita Nostra ! On est même allé jusqu’à le qualifier de « Harry Potter au goulag. » Alors, essayons de remettre les choses en perspective.

Le résumé éditeur nous en dit plus sur l’histoire du livre :
C’est dans le bourg paumé de Torpa que Sacha entonnera l’hymne des étudiants, à l’ « Institut des technologies spéciales ». Pour y apprendre quoi ? Allez savoir. Dans quel but et en vue de quelle carrière ? Mystère encore. Il faut dire que son inscription ne relève pas exactement d’un choix : on la lui a imposée. Comment s’étonner dès lors de l’apparente absurdité de l’enseignement, de l’arbitraire despotisme des professeurs et de l’inquiétante bizarrerie des étudiants ?

Analyse :
Ce roman n’a pas grand-chose à voir avec Harry Potter : il ne s’agit pas d’étudier de la magie dans un internat. De magie, ici, il n’est quasiment pas question. De l’internat, par contre, oui.
Dans Vita Nostra, le tour de force est littéraire : il ne se passe quasiment rien, mais pourtant, impossible de reposer le livre. Tout tourne autour de la question : mais qu’est-ce que Sacha et ses camarades de classe étudient à l’école ? L’atmosphère n’est pas malsaine ou effrayante, mais inquiétante. Et cet aspect inquiétant donne au récit un cachet certain.

Toutefois, la conclusion du livre est tellement ratée que, rétroactivement, on fulmine : tout ça pour ça ? Justement, un véritable virage à la Harry Potter aurait été passionnant. Car tenez-le-vous pour dit : Vita Nostra est un triptyque, mais pas une trilogie. Les trois romans ont pour thème la métamorphose mais ne suivent pas. Il n’y aura donc jamais de suite aux aventures de Sasha alors que la fin du livre appelait énergiquement une telle suite qui aurait permis de la comprendre au lieu de nous laisser frustrés au possible après un effet de manche prévisible.

Au final, je ne conseille pas ce titre. Il a été survendu par des critiques littéraires en mal de lecture et qui se sont enthousiasmées, selon moi, pour une œuvre qui ne le mérite peut être pas. Toujours est-il qu’il faudra peut-être attendre la fin du triptyque pour voir se dégager une cohérence littéraire supplémentaire – nous ne sommes pas à l’abri d’une bonne surprise !

 

Vita Nostra, tome 1 de Marina & Sergueï Diatchenko (L’Atalante, 525 pages, 25,90 euros)