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Alors que les Etats-Unis viennent de tomber face à l’armée panasiatique, un publicitaire enrôlé dans l’armée découvre que la forteresse qui tenait encore face aux ennemis a vu ses hommes mourir à cause d’un mystérieux appareil sur lequel travaillait leurs scientifiques.

Le rayon qu’il génère peut tuer n’importe qui ou protéger n’importe qui. Mieux, même ! Il peut aussi ne toucher qu’une personne en fonction de sa race. Notre héros réalise que, pour l’envahisseur, l’esclave ayant le droit à sa religion (opium du peuple !) il pourrait être pertinent d’en créer une nouvelle et d’utiliser leur rayon de la mort pour faire accroire que leurs prêtres possèdent des pouvoirs étonnants. Et, ainsi, reprendre le contrôle du pays.

Certes, ce roman écrit en 1941, le premier de Heinlein, présente d’évidentes erreurs de jeunesse. L’intrigue s’avère à ce point cousue de fil blanc que nos Américains n’ont vraiment aucune difficulté à faire la nique aux panasiates puisque leur rayon mortel leur autorise tout et que leurs ennemis manquent cruellement d’intelligence. Néanmoins, Heinlein, malgré sa jeunesse, présentait déjà toutes les qualités qui en firent un grand de la science-fiction, à savoir des dialogues bien troussés, des profils psychologiques attachants et une pédagogie quant à l’exposition des situations et concepts toujours claire et dynamique.

Et puis, publié en 1941, avant l’attaque de Pearl Harbor, Sixième colonne démontrait l’intelligence prospective de Heinlein qui pressentait un conflit avec l’Asie et dont le roman constitue, par ailleurs, une satire mordante de la religion envisagée à la fois comme l’opium du peuple mais aussi comme un terreau possiblement subversif.

 

Sixième colonne de Robert A. Heinlein (Terre de brume, 208 pages, 18 euros)