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L'industriel Albrecht von Gerlach découvre qu'il est près de mourir et fait venir à lui son fils avocat Werner qu'il souhaite nommer comme son successeur. Sa femme Johanna, actrice engagée dans une œuvre de Brecht contre le nazisme, découvre les secrets de famille : le fils aîné Frantz, criminel nazi de la SS tenu pour mort, se cache en fait depuis seize ans dans le grenier. Il est servi par sa sœur qui lui décrit une Allemagne défaite et humiliée encore sous le joug des envahisseurs (ce résumé est repris de Wikipédia).

Jean-Paul Sartre se sera toujours trompé sur ses positions politiques, idéologiques et même philosophiques ; néanmoins, il aura été un bon dramaturge.

Dans cette pièce torturée (Sartre y travaille ses thèmes fétiches : la liberté, l’engagement, la culpabilité et la folie), les dialogues sont certes moins ciselés que Dans Les mains sales, mais Les séquestrés d’Altona n’en reste pas moins un tragédie d’une certaine intensité. Sartre s’attaque à la culpabilité allemande causée par la seconde guerre mondiale et à l’existence des camps de concentrations. Et il le fait sans pathos.

 

Les séquestrés d’Altona de Jean-Paul Sartre (Gallimard, 378 pages, 8,40 euros)