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S’inscrivant à la fois dans le courant de la vacuité conceptualité par Nâgâjurna et de celle dépeinte par Castaneda dans ses livres sur le chamanisme, Ne-pas-faire, le pouvoir du Non-Agir traite de ce que les Chinois appellent le wu wei, c’est-à-dire le non-agir.

Non-agir ne signifie pas ne rien faire comme certains occidentaux (tels Michel Onfray) osent sottement l’affirmer. Le wu wei signifie simplement agir sans se soucier des fruits de ses actes.
Pourquoi ? Simplement parce que tout étant pure vacuité, tout ce qui arrive arrive par la force des choses et par la volonté divine et non pas parce que l’on s’acharnera à vouloir le produire. Celui qui a compris que tout est impermanence ne s’attache à rien ; il voit le vide en toute chose et saisit la nature illusoire du faire. Comprenant que rien ne sert de faire preuve d’égo, il agit comme s’il ignorait son propre acte. Inconscient de ce qu’il fait, il n’en attend rien ; n’en attendant rien, il récolte lorsqu’il y a lieu et ne récolte rien lorsque cela est ainsi.

Servi par une langue complexe parsemée de termes sanskrits, Ne-pas-faire, le pouvoir du Non-Agir sera difficilement compréhensible pour le lecteur non formé à l’Hindouisme, au Bouddhisme, à Nâgâjurna et à Castaneda. Autant dire qu’il se destine à une élite. Il reste d’ailleurs, faut-il bien le reconnaître, particulièrement intellectuel et pas forcément simple à mettre en pratique. Encore que… celui qui a bien compris devrait agir comme si la réussie de ses actes dépendent de Dieu et leurs échec de lui-même.

Pour terminer, le livre se conclue sur un commentaire des Lokatîstava, stances de Nâgâjurna dont Bernard Dubant donne une lecture limpide. Assurément un grand ouvrage s’inscrivant dans le courant de la non-dualité.

 

Ne-pas-faire, le pouvoir du Non-Agir et Lokatîstava de Nâgâjurna de Bernard Dubant (Guy Trédaniel Editeur, 172 pages, 14,70 euros)