41QE66lzYnL

C’est après avoir visionné Alceste à bicyclette, film avec Lambert Wilson et Fabrice Lucchini, tournant autour d’une répétition du Misanthrope de Molière, que j’ai ressentie l’envie de relire cette pièce qui ne m’avait pas laissé un très bon souvenir lorsque je l’avais vue jouer au théâtre.
Cette fois-ci, j’ai été séduit par la beauté des vers de Molière, par la puissance de l’intransigeance d’Alceste et par la tension très « Port Royal » qui habite l’intrigue.

A quelques longueurs près, Molière a réussi à mettre en scène des face-à-face d’une grande intensité où rivalisent des duellistes. D’un côté, Alceste, arc-bouté sur une éthique de la vérité qui l’interdit de mentir et exige de l’autre une honnêteté totale ; face à lui, la presque totalité des autres personnages, persuadés que toute vie en société réclame des compromissions et que, comme l’a fait savoir la Rochefoucauld, l’amitié ne saurait durer si on se montrait d’une franchise absolue à l’égard de son prochain.

Même si l’intensité des échanges ne reste pas toujours aussi puissante que le laisse espérer son envoi (notamment avec Célimène, personnage guère aimable et dont l’amour avec Alceste laisse dubitatif ; comment un tel homme peut-il seulement aimer ?), Le Misanthrope n’en reste pas moins une très grande pièce du XVIIème siècle.

 

Le Misanthrope de Molière (Librio, 96 pages, 2 euros)