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A mi-chemin de l’enquête et de la fiction, Paulo Coelho a écrit son histoire de la célèbre et sulfureuse espionne Mata Hari, alias Margaretha Geertruida Zelle. C’est au moment où débutera la première Guerre Mondiale que Mata Hari sera accusée d’avoir renseigné l’Allemagne. Une thèse que Coelho conteste. Il reprend l’histoire de la plus célèbre des espionnes depuis sont enfance et raconte sa tragique histoire faite d’humiliations sexuelles, de quête de bonheur et de beaucoup d’esbroufe pour se créer un personnage de danseuse sulfureuse et manipulatrice qui, ironiquement, lui vaudra le peloton d’exécution.

Habituellement, Paulo Coelho signe des récits positifs. A l’exception d’un livre comme La solitude du vainqueur, il affirme, dans tous ses romans, qu’ « accomplir sa légende personnelle est la seule et unique obligation des hommes. » (L’Alchimiste) Mais L’espionne prend le contre-pied de cette optique puisque c’est justement en réalisant cette légende personnelle que Mata Hari connaîtra la mort.

On trouvera donc beaucoup de noirceur dans ce récit. N’en reste pas moins qu’on suit avec intérêt la vie tumultueuse de Margaretha Geertruida Zelle, bafouée par les hommes et par son destin.

 

L’espionne de Paulo Coelho (J’ai Lu, 216 pages, 7,90 euros)