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Après onze ans de séparation, Pilar retrouve son ami d’enfance, devenu séminariste. Fascinée par ce garçon qu’elle a aimé et à qui elle porte toujours des sentiments, elle ne tarde pas à découvrir que ce dernier possède un don, celui de réaliser des miracles qu’il tient de la sainte Vierge. Mais tout dévoué qu’il soit à la sainte Madone, son compagnon ne l’en aime pas moins. Comment peut-on être prêtre, avoir fait vœu de chasteté et aimer tout à la fois une femme ?

Sur le bord de la rivière Piedra je me suis assise et j’ai pleuré n’est certainement pas le meilleur de Paulo Coelho. Il marque bien les limites dont peut être victime le romancier. Ici, on nage à mi-chemin du roman sentimental et du roman à message spirituel sans jamais trouver une voie médiane. Les atermoiements amoureux des deux personnages principaux sont touchants, mais se marient mal avec les « réflexions » de l’auteur sur la face féminine de Dieu dont on se demande ce qu’elle vient faire là. Se prenant les pieds dans le tapis, Coelho s’improvise théologien et veut faire accroire à son lecteur que la sainte Trinité devrait être composé du Père, du Fils et de la Mère et ce sans jamais avoir l’idée qu’il faudrait appuyer ou justifier son propos.

Dans le même temps, son histoire d’amour manque tout de même de crédibilité. Depuis quand un séminariste jouit-il d’une telle liberté de voyager ? Qu’en est-il de ses cours et de ses devoirs de religieux ? Seule Pilar semble réaliser qu’il y a quelque-chose de déraisonnable à voyager de la sorte sans se poser la moindre question. Et puis, franchement, on ne dépasse jamais la question du : Je t’aime, m’aimes-tu autant ? Le problème religieux semble ici comme un cheveu sur la soupe ; un problème supplémentaire destiné à épicer la relation amoureuse entre les deux personnages principaux, mais seule la fin pose vraiment la question de la relation entre le dévouement religieux et le fait d’aimer une femme.

Malgré tout, Sur le bord de la rivière Piedra je me suis assise et j’ai pleuré possède un quelque-chose de touchant qui amène le lecteur à s’émouvoir des atermoiements de Pilar et à ressentir sa fragilité et ses hésitations. C’est dans ce portrait d’une jeune femme timide et manquant de confiance en elle que Coelho excelle et c’est grâce à elle qu’il emporte, malgré tout, son lecteur.

 

Sur le bord de la rivière Piedra je me suis assise et j’ai pleuré de Paulo Coelho (J’ai Lu, 213 pages, 6,40 euros)