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Et si les dieux hindous étaient en fait des expatriés de la Terre ? Et s’ils étaient partis coloniser une autre planète et, sur place, avaient utilisé leurs connaissances religieuses pour asseoir leur autorité ? Et si, un jour, un des leurs - Sam - décidait de faire voler le système en éclat en devenant le Bouddha et en préparant la destruction des dieux ?

Sur ce pitch ô combien excitant, Roger Zelazny (le magistral cycle des Princes d’Ambre, c’est lui !) signe un roman surprenant, expérimental et difficile d’accès, récompensé par le prestigieux prix Hugo en 1968.

Tout commence lorsque Yama et d’autres dieux rebelles à l’autorité de leurs frères E.T. décident de ressusciter Sam dans un nouveau corps. Ce dernier accepte de mener une seconde révolte contre le Ciel. Zelazny nous entraîne alors, sans aucune indication chronologique, dans le passé de son héros pour nous expliquer comment il est devenu Bouddha, avant de revenir au moment présent et de terminer le cycle.

Vous l’aurez compris, ce roman de SF n’a rien de facile. Le lecteur devra rester concentré tout au long de sa lecture car, outre une narration anti chronologique, Zelazny n’hésite pas à passer d’un évènement à l’autre en cours de narration sans aucune indication de paragraphe ou de saut de ligne.

Si on peut reprocher une narration parfois confuse et une fin qui se traîne, Seigneur de lumière s’impose comme une œuvre indispensable, servi par un style littéraire et maîtrisé.

 

Seigneur de lumière de Roger Zelazny (Folio SF, 400 pages, 8,20 euro)