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Ce recueil de la correspondance de Baruch de Spinoza traite non pas du problème du mal en tant que tel, mais dans le cadre de son système philosophique. Ceci a son importance puisque, pour Spinoza, le mal n’existe pas. Dès lors, dès qu’il parle du mal, il se révèle difficile à suivre. Tous, nous sommes, pour Spinoza, déterminés par Dieu. C’est lui qui nous fait agir. Ainsi, celui qui commet le « mal » ne le commet que dans une perspective toute humaine. Dans les faits, il ne fait que suivre sa pente naturelle. Et il n’est pas question de le juger mauvais puisque le mal ne saurait venir de Dieu. En fait, tout un chacun nous sommes ce que nous sommes et il en va de la conception même de Dieu, l’Un, l’Unique substance, dont nous ne sommes que des modalités et dont nous actualisons le potentiel. Spinoza relit ainsi la Bible concernant le « pêché » d’Adam ou discute de la nature de celui qui commet des crimes. Si ces libres propos sont passionnants à lire, ils n’en restent pas moins parfois bien confus tant Spinoza joue sur les mots et se révèle plus sophiste que philosophe pour concilier des notions contraires. Ainsi estime-t-il que tout déterminés que nous sommes, nous devons être punis pour nos crimes… qui n’en sont pas au regard de Dieu. Sans doute faut-il avoir en tête la lecture transcendante et immanente de ses idées afin de concilier volonté divine et justice des hommes.