Il faudrait pouvoir dire non à la vie et se retirer, avec élégance et délicatesse, sans faire de bruit. Mais la société dans laquelle nous évoluons ne nous le permet pas. Le pousse-à-jouir (Jacques Lacan) est là pour nous interdire la discrétion souhaitée. Nous voilà sommé de faire de notre vie un spectacle, sans quoi elle ne serait pas réussie. Le souci de la délicatesse, du geste apaisé et calme ; le souci de la sculpture de soi (Michel Onfray) nous est interdit.

 

Alors, on ne vit plus tellement. On survit. Aidé par des béquilles musicales, religieuses, littéraires, caloriques… On survit un peu comme les chiens qui mendient des caresses, affolées d’eux-mêmes lorsqu’ils poursuivent leur propre queue. On survit malheureux, sommés de jouir alors qu’on n’y peut mais.

 

En somme, il s’agit, pour se sauver, de relire les Grecs et les Romains. De prendre de grandes inhalations de Platon, de Sénèque, d’Epictète. Bref : de retourner là où ça pense, plutôt que d’aller voir là où ça prétend penser. Des accords toltèques n’ont jamais sauvé personne. Epictète, si.