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Toujours partir du réel. Toujours s'assurer que sa théorie est vérifiable et authentique. Mon vieux maître par-delà la tombe, Claude Tresmontant, m'avait sensibilisé à cette question. Après avoir lu la biographie d'Aristote dans Phares, j'ai eu envie de me confronter pour de bon aux textes. Du reste, je pense que beaucoup de mes prochaines lectures seront liées à Phares... L'introduction de la Métaphysique (qu'on devrait traduire par Métaphysiques puisqu'au pluriel en Grec) voit Aristote déboulonner Pythagoriciens, Platoniciens et autres philosophes qui expliquent l'origine des êtres. Difficile de croire que pas un d'entre eux n'a songé à la chair qui se développe : évacuer ce réel que je ne saurais voir ! Alors, on préfère les Nombres qui volent dans les Cieux (lesquels ?) ou encore les Idées pour expliquer la génération. Mais alors, souligne Aristote, il y aurait une idée par être (ex  y a-t-il une Idée de Francis, ou bien tous les Hommes se rattachent-ils à l'Idée d'Hommes) ? Et dans le cas d'une table, il y a eu transformation de matière ; comment, dès lors, souscrire à la théorie de l'Idée de la Table de Platon ? Certes, le livre n'a rien d'amusant et Aristote, en bon scientifique, écrit avec la rigueur que requiert une bonne analyse. Mais quel plaisir de voir un philosophe partir du concret plutôt que de nous abreuver de son ésotérisme à la petite semaine !