21 siècles après sa mort, personne ne sait qui fut vraiment Jésus. Chaque religion, secte, philosophe, écrivain ou libre penseur s'emparant de lui prend un malin plaisir à ne sélectionner que ce qui leur permet de construire leur thèse, excluant tout ce qui pourrait les forcer à remettre en question leur vision des choses. L'un affirme qu'il n'a jamais existé, l'autre qu'il fut un révolutionnaire cruel ; un tel affirme qu'il n'était qu'un prophète, l'autre assure qu'il était fils de Dieu ; celui-ci nous assure qu'il était crypto-bouddhiste, l'autre prétend qu'il était Aryen et antisémite. Mais après tout, pourquoi pas extraterrestre ? Hein, pourquoi pas ?!

Et les Evangiles ? Certains les disent écrits dans un bon grec (pour Luc) ; d'autres démontrent qu'une telle affirmation ne tient pas la route. Celui-ci nous assure qu'ils ont été écrits au 4e siècle mais l'autre démontre avec autant d'assurance qu'ils ont tout au contraire été conçus du vivant même de Jésus. Et tout se vaut, tout se tient. Les textes, étudiés par leurs soins, se plient magnifiquement à leur vision des choses. Une citation par ci, une par là et le tour est joué. On ne parle pas du contexte historique de l'époque ou encore on le surévalue. On cite le Talmud, les Pères de l'Eglise, les physiciens de la physique quantique, le pape, etc. Bref, on fait tout ce que l'on peut pour obtenir que Jésus devienne conforme à notre vision des choses.

Il est devenu impossible, semble-t-il, de savoir qui il fût réellement. Mais reste quatre Evangiles qui sont parfaitement clairs, eux, 21 siècles après la naissance de celui qui se disait le fils de l'Homme. Au-delà des gloses, lectures, anathèmes et autres conneries, on peut tout simplement les relire et envoyer paître les donneurs de leçons et autre « moi j'ai mieux compris que tout le monde ! » Et après tout, qu'importe que Jésus fut ou ne fut pas, qu'il aura été comme ceci ou cela si ses enseignements restent lettre morte. Finalement, c'est à cela qu'arrivent tous ces braves essayistes. Ils ont réussi le tour de force de le mettre à mort en jetant une ombre insoluble sur lui. Cachez ce Christ que je ne saurais voir !