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Le Christ fut-il psychanalyste ? Les Evangiles sont-ils des écrits que la science de Freud peut discuter comme s’ils allaient dans son sens ? Les deux questions posées soulignent d’elles-mêmes le problème de cet ouvrage. Françoise Dolto s’empare des Evangiles et y lit exactement ce qu’un psychanalyste souhaiterait y trouver, à savoir des écrits et récits validant la castration et affirmant la libération de l’individu.

Si l’exercice n’est pas dénué d’intérêt, il est scientifiquement inepte. En effet, on ne peut pas partir d’une science pour en remonter à un texte en cherchant à le faire coïncider à une théorie. Cela amène Dolto à devoir imaginer à partir du texte des situations qui ne viennent que d’elle. Par exemple, lors de la résurrection du fils de la veuve, elle prétend que cet enfant était son seul bien et qu’il y avait une relation fusionnelle trop marquée entre le fils et la mère – rien ne vient le justifier. Après sa résurrection, il est bien écrit que Jésus rend l’enfant à sa mère mais Dolto maintient néanmoins que la castration a été opérée et que l’enfant est désormais devenu un homme et qu’il n’y a plus de fusion avec sa mère. On s’en rend bien compte, cela ne tient pas la route.

Pour autant, le livre n’est pas mauvais et on découvre des réflexions intéressantes, notamment sur Marie, Marthe et Lazare ou encore sur le bon Samaritain (même si Dolto fait preuve de son inculture ; on voit bien qu’elle n’a rien compris à ce qu’est un Samaritain et en quoi le fait de le prendre comme bon exemple est aussi fort que si Jésus, en plein apartheid en Afrique du Sud, avait fait du blessé un blanc et du Samaritain un noir !). Simplement, il ne faut prendre ce livre que comme une hypothèse et ne rien accepter pour certitude.