Le blog de Menon

La Parole est ce qu'elle est : apocalyptique, elle dévoile.

30 novembre 2009

Rain in my heart et Sunrise in the morning de Frank Sinatra

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Deux superbes chansons sur fond d'images. La vidéo n'est pas très réussie mais les chansons sont magnifiques.

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29 novembre 2009

La peau de chagrin de Honoré de Balzac

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On aurait tort de commencer la Peau de chagrin en croyant lire un roman ; étude philosophique, tel est le qualificatif de ce classique de Honoré de Balzac. Étude, c'est à dire observation et analyse ; philosophique, soit l'envers du décors, la décomposition des apparences. La peau de chagrin n'est pas vraiment un roman, plutôt une étude de cas, un commentaire ontologique sur la déliquescence de la société parisienne inféodée au pouvoir de l'Argent et aussi une réflexion sur l'être-pour-la-mort.

Le livre met en scène Raphaël, un jeune homme au coeur brisé et dont l'argent lui fait défaut. Bien décidé à se suicider, le hasard le conduira néanmoins chez un antiquaire où un certain Vautrin (personnage clé de la Comédie humaine) lui donner un peau de chagrin (Balzac commet en effet une erreur sans doute intentionnelle, peau étant masculin). Ce peau peut réaliser le vœu, n'importe lequel, mais rétrécit à chaque demande prenant la vie de son propriétaire. Raphaël espère succès et richesse : il sera exaucé.

Il y a deux trois points cruciaux dans le livre : l'amour, l'argent et la vie. Sur l'amour, Balzac oppose deux figures féminines totalement opposées, une mondaine et une angélique, l'une incarnant non pas le vice mais l'appétit, l'autre nourrissant. Mais d'une manière certainement cruelle, Balzac ne semble pas donne raison à la plus noble de deux. Pour l'argent, il s'agit de dénoncer Paris, un Paris qui broie ses jeunes âmes et les réduit à l'état de mendiants ou leur enseigne le vice et la compromission. Cette féroce critique sociale fait de Balzac un discret pamphlétaire. Enfin, sur la vie, on touche à la dimension réellement philosophique du livre : qui sommes-nous ? Qu'est-ce que le désir ? Que s'agit-t-il : de vivre calmement et dans l'absence de trouble ou bien intensément mais en brûlant la chandelle ? Qu'est-ce qui implique l'économie du désir ? Quelle femme justifie qu'on se damne pour elle ? Qu'imagine-t-on de l'autre qui ne vient que d'une projection de nous-même ? Autant de questions que Balzac traite sans jamais donner l'impression de faire le philosophe.

Remarquable roman, La peau de chagrin risque néanmoins de dérouter par son style : Balzac en fait littéralement des tonnes. Il est baroque, mais pas nécessairement de la manière la plus raffinée qui soit. On devine que le livre a été écrit à la volée, sans presque de la relecture. Écriture lyrique, jouissive, qui se donne des centaines de lignes pour se faire plaisir. Refus de toute cohérence dans la narration : on passe d'une scène à l'autre par rupture, l'histoire est coupée rapidement par un long flashback sur le passé de Raphaël et un retour brusque au présent bien court avec, aussitôt, un saut dans le futur... ces cabrioles narratives risquent de laisser bien déstabilisé plus d'un lecteur mais quoi ! Le jeu n'en vaut-il pas a chandelle ?

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28 novembre 2009

Le secrétaire italien de Caleb Carr

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Reprendre les aventures de Sherlock Holmes et du docteur Watson n'est pas donné à tout le monde. Bob Garcia a fait du très bon travail sur Le testament de Sherlock Holmes mais c'est tout de même à la demande expresse des héritiers de Conan Doyle que le célèbre Caleb Carr a été chargé de rédiger ce roman.

pourtant, Le secrétaire italien déçoit. L'auteur entend écrire un récit du type Le chien des Baskerville mais son roman n'a aucunement la densité et l'inquiétante étrangeté du classique de Doyle. Pis, même, son récit se prétend à dominante surnaturelle mais ne réussit jamais à convaincre ; de plus, Carr rate son Holmes tout en réussissant son Watson.

Malgré tout, ce récit devrait plaire à un jeune public ; une bonne façon d'initier à la lecture et de distraire. Quant aux plus grands, s'ils n'espèrent rien, ils ne seront sans doute pas déçus.

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Les 72 Anges de la Kabbale : remise au point

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Une remise au point éclairante sur les 72 Anges de la Kabbale.

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27 novembre 2009

Greatest Hits de Aerosmith

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Dix morceaux excellents composent ce best of d'Aerosmith. Parmi les titres, on compte le somptueux Dream on, une des plus ballades de Metal, l'anthologique Walk this way qui influencera la naissance du rap, une reprise des Beatles, Come together, meilleur que l'original et un autre monument, Remember (Walking in the sand), encore plus beau que la version des Shangri-Las.

Une compilation courte mais excellente qui évite de perdre l'oreille de l'auditeur et le régal avec de rock'n rollesques chansons qui s'imposent comme des classiques,

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"Qui suis-je?" Balzac de Roger Parisot

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Honoré de Balzac est un démiurge, cet « agent » de Dieu qui donne vie à la Terre. Dans cet ouvrage des éditions Pardès, l'hypothèse retenue par Roger Parisot est la précédente. De fait, sa biographie consiste non pas à ausculter la vie de Balzac mais à en définir un type spirituel et d'étudier si ce type s'accorde à sa création, la Comédie Humaine.

Or, note-t-il, Balzac fut un sanguin,  de la race des guerriers et s'il bâtit une doctrine mystico-ésotérique, il n'en fut pas un de ses contempteurs mais plutôt un témoin presque impuissant – en effet, pour Parisot, la Comédie Humain est une oeuvre qui a forcé sa venue au monde par le biais de Balzac. Ce dernier a canalisé en lui des forces démentes qui l'ont poussé à écrire sans cesse, comme un fou, afin de donner vie à une vie fantasmée et opérative, figure mythologique de la société de son temps.

C'est toute la force de cette monographie de considérer Balzac non pas comme un simple romancier mais comme un géant qui accouche d'une montagne presque malgré lui et par la force d'un Absolu qui manqua de le rendre fou.

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26 novembre 2009

"Qui suis-je?" Eliphas Lévi de Arnaud de l'Estoile

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Eliphas Levi a connu une vie digne d'un roman de Emile Zola ou Honoré de Balzac. Étudiant au petit séminaire, presque ordonné prêtre puis dégoutté par la rigueur et la froideur de l'Eglise, le voilà que, sans perdre de vue sa foi, il se fait socialiste pamphlétaire et rappelé à l'ordre par sa hiérarchie. Des histoires de coeurs dramatique s'ajoutent à cela et le voilà sans le sou, et devant son salut à la bienveillance de quelques mécènes. Et puis, à Londres, alors qu'il commençait à s'intéresser aux sciences occultes, voilà qu'il réalise une invocation. Lorsqu'il revient à Paris, il est changé, et change d'ailleurs de nom, passant de Aldophe-Louis Constant à Eliphas Lévi. Il deviendra le sauveur de l'occultisme, publiant manuels et histoire, et nombreux seront ceux à venir prendre leçon auprès de lui.

Servi par une écriture généreuse, cette monographie évite les écueils pointillistes de biographies classiques et nous fait revivre un homme passionnant et surprenant. On pénètre dans le monde des sorciers en plein XIXè et on réalise que ce Lévi a influencé Balzac, Baudelaire, Mallarmé ou Rimbaud. Quel homme ! Et ceci sans compter les occultistes fameux dont Aleister Crowley.

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25 novembre 2009

La RATP privilégie ses salariés, pas les usagers

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Les usagers parisiens subissent les mouvements d'humeur de la RATP régulièrement, lorsque ses salariés décident de se mettre en grève pour un oui ou un non, sans parler des problèmes techniques qui font que pas une journée ne se passe sans que prendre un RER soit un challenge.

Or, la Cour des comptes vient de publier un rapport secret mais rendu public qui dénonce des agissements incroyables. A lire ici : on apprend par exemple qu'un conducteur du RER B roule en moyenne 2h50 par jour ! Quand on sait à quel point les usagers du RER B souffrent d'une surpopulation dans les rames sentant bon la sueur, on aimerait qu'ils roulent plus souvent et qu'enfin on ait le droit à des RER à étage !

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21 novembre 2009

"Qui suis-je?" Aleister Crowley de Christian Bouchet

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Considéré comme le seul magicien du XXe siècle, Aleister Crowley a bouleversé le statut des sciences occultes, devenant une « star » en son temps (1875-1947). Cocaïnomane, bisexuel, doté d'une connaissance exceptionnelle de la magie, fondateur de l'OTO, magicien utilisant sexe et drogue pour ses rituels, s'étant baptisé lui-même La Bête 666, on a dit de lui qu'il fut l'homme le plus cruel jamais né. Aujourd'hui encore, on le connaît ou reconnaît : David Bowie et Mick Jagger le citent, les Beatles ont mis son portrait sur l'album de Sgt Peppers.

Ce petit live qui lui est consacré chez Pardes est remarquable : écriture élégante, vie narrée puis étude sur le personnage, son rayonnement, avec de nombreux extraits de ses oeuvres (absconses) dont le plus intéressant consiste en extrait de ses carnets de rituels dans lesquels ont découvre sa magie et ses résultats. Troublant, car lui-même reconnaît le côté aléatoire et peu fiable de son art, sans compter la possibilité de l'auto-suggestion.

Les personnages de la trempe de Crowley étant rares, il sera intéressant de découvrir ce troublant magiste dont presque aucun texte est actuellement disponible en France à l'exception du Livre de la Loi que lui aurait dicté une.. entité ! Un personnage, je vous disais...

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20 novembre 2009

Plateforme de Michel Houellebecq

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Plateforme est un bon roman mais qui se mérite. L'histoire commence en effet avec Michel, un trentenaire fermé et peu habile aux relations humaine qui, après la mort de son père, décide de s'offrir un voyage touristique en groupe pour la Thaïlande. Cette partie s'avère la plus difficile à lire car Michel Houellebecq entend écrire comme vie son héros : de manière dépressive. On s'ennuie donc et les pages se tournent lentement.

Puis, notre « héros » revient sur Paris et retrouve une des jeunes femmes du groupe ; une passion  extraordinaire naît alors entre eux : les pages sont émouvantes et Houellebecq écrit et décrit la fusion de ce couple à travers le sexe.

En dire plus serait criminel : je reste du reste très vague car le livre mérite d'être découvert sans qu'on en sache grand chose. L'écriture de Houellebecq froide et triste sait pourtant toucher au coeur à de multiples reprises. Il s'agit d'un vrai et beau roman, intelligent et même bouleversant par moment. Mais aussi cynique et terrible sur le libre-échangisme, le tourisme de masse, la misère sexuelle de l'occident et la prostitution étrangère.

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