01 novembre 2009
L'Evangile selon Jésus Christ de José Saramango
José Saramago, prix Nobel de littérature a composé un roman remarquable racontant, à sa manière, la vie de Jésus. Le style, d'abord : les phrases sont très longues, la ponctuation se limite à des virgules et points, aucune séparation entre les dialogues ni d'indication de qui parle : cela réclame une attention certaine d'autant qu'il n'y a pratiquement aucun paragraphe. Mais un auteur qui écrit aussi bien, avec une telle rigueur et une telle maîtrise, que cela fait du bien !
Le sujet, ensuite, très critique, non pas sur Jésus, mais sur Dieu, accusé d'être un boucher. Saramago prend la Bible au pied de la lettre et donc, s'il y a de multiples sacrifices réclamés par Dieu, c'est que Dieu les a vraiment demandés. Donc, Dieu est là, cruel et sans scrupule ; face à lui, le Diable, brave pasteur de brebis (!) et Jésus, figure un peu paumée mais généreuse.
C'est donc irrévérencieux et iconoclaste mais passionnant. Néanmoins, la critique majeure adressée à Dieu – Tu es cause de la violence monothéiste – est risible ; seul l'Homme est un loup pour l'Homme et les crimes commis au nom de Dieu sont toujours des crimes humains.
Mort ou vivant ?
L’or
Dans tes cheveux
Ce bouquet de lumière ;
Pourrais-je le cueillir ?
Mort
Mon âme et mon sang
Toute ma vie
En dehors.
Je suis blême.
De ces frayeurs de la nuit.
De ces terribles insomnies qui vous laissent
Et vous délaissent
Languissant et amoindri
Pitié de la peau refusée par son lit.
J’entends le temps qui s’en va
Et je mens quand la vie me dévoile
La vérité.
Je ne suis pas une brute, pas un pêcheur
Mais un mort à qui on a donné l’existence
Comme on impose à d’autre une sentence.


