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Épicure fut un grand sage, plus qu’aimé par ses disciples, presque idolâtré. Tout entier travaillé par la question du bonheur, ce penseur fit de la philosophie le moyen pour l’homme d’accéder au bien être. Savant, il étudia la nature et les astres de façon à ce que, par la compréhension scientifique du monde, l’homme soit débarrassé de ses peurs et de l’idée que c’est Dieu qui fait se mouvoir les choses – de fait, l’homme ne doit pas craindre Dieu qui est béatitude et se donner les moyens de réaliser sa vie. Mais d’une œuvre importante, il ne nous reste que trois lettres et quelques maximes. Mais, grâce aux écrits de ses disciples, on en sait plus sur ce penseur (http://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89picure).

Dans ce recueil, paru aux éditions Librio (livres à 2 euros), on trouve la lettre à Ménécée dans laquelle il discute de l’importance de la philosophie, de la peur de la mort, des passions à calmer, de la frugalité et de l’économie. Dans les lettres à Hérodote et Pythoclès, il se fait scientifique : Épicure fut un géant, capable au 4ème siècle avant Jésus-Christ de comprendre des phénomènes physiques comme l’atome ou l’univers, et réfléchissant déjà à une théorie des sens et du langage.

Relire ces textes est intéressant, même s’il faut bien avouer que la vision de la philosophie par Épicure a tellement marquée l’histoire de cette discipline que nombre de philosophes modernes y font déjà référence comme Michel Onfray ou André Comte-Sponville. Donc, pas de surprise sur la première lettre. Les deux suivantes sont assez fascinantes en terme de réflexion scientifique, mais n’aideront pas beaucoup ceux en quête de sagesse. Enfin, les maximes complètent les propos de la première lettre de manière intéressante et régaleront les amateurs d’aphorismes.

D’une façon générale, les écrits d’Épicure sont fondamentaux dans l’histoire de la pensée philosophique, et pas si éloignés que cela des stoïciens. Il s’agit de mener une vie prudente, mais débarrassée de la peur de la mort ; accepter l’idée de souffrance comme inévitable, mais tout faire pour que le plaisir soit présent ; un plaisir dont l’intensité a moins d’importance que la durée. Il ne s’agit donc pas de vivre dans la luxure comme on le croit à tort lorsque l’on fait référence à Épicure, mais plutôt de vivre avec simplicité, et en se comportant avec honnêteté et conscience.

Des textes intéressants à lire, même si, à tout y prendre, il serait sans doute plus pertinent de choisir un livre présentant un commentaire de ces textes ou bien un livre sur Épicure ou l’Épicurisme. En effet, les novices en philosophie seront sans doute un peu perdus et les connaisseurs n’y gagneront rien de spécial si la thématique de la philosophie épicurienne leur est déjà familière.

Librio, 2 euros.