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Illumination(s)

Parler – parlez moi… Par l’émoi que je ressens,

Moi, je dévie de la route.

Je suis la fleur sur le chemin… là je suis abandonnée,

Mes pétales sont des étales pour le corps de la colombe.

Je suis une prune mure et juteuse à la robe sombre.

Encore la route qui me dévie de moi.

Et pas à pas je m’éloigne de la Terre – cette mère

Dont j’abhorre l’odeur chaste et plénière ;

Je suis la pluie qui sourit au corbeau dont les plumes s’ébrouent.

Ma reine, mon océan de sable,

Ma limite de vision, mon récif de corail…

Planté en terre comme le coquelicot,

Les jambes en racines dans le vide noir,

Votre couronne me fait comme une écharde.

Coule, coule les cendres rouges du bétail.

Sur la lune nue de l’aurore et de votre rivage :

Le climat fabuleux de l’Arabie et ses peintures douces et pales,

Les rires sans sons, les cris aigres de nos tétons dressés :

Crème ! Coule à mille litres par la fente d’un rêve.

Encore la bataille perdue entre le souffle des poissons et la barbarie des chevaux.

Ma crinière ! Ma violente !! Souffle et tempête comme le volcan du nord…

Où es-tu ma Chine ténébreuse, mon Orient de misère ?

Où vis-tu ma blonde capiteuse, mon odorante sensuelle tigresse ?

Sur le récif, le bois du nord, fais comme une tache.

Je me recueille sur le prie Dieu de ton ventre, mon unique attache.

La longue logorrhée de la vérité se tait dans un souffle sans bruit.

Comme ce cris dévie lui aussi de sa route !

Faisant aux roses de longues griffures infinies qui raillent leur silence.

Attends moi, je suis mort de peur ;

Je me dévide comme le poisson mort.